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xix ème siècle

  • Honfleur et les peintres de l'estuaire

     

    Lorsque, au début du XIX ème siècle, les peintres se plongent avec délices dans l'art du paysage, ils trouvent à Honfleur et dans ses environs un charme incomparable, une lumière unique, indéfinissable et changeante, et l'eau partout, celle du port de l'estuaire, celle des calmes rivière, celle de la mer que la marée retire au loin des grèves luisantes.

     

    Alors ils viennent au fil des génération et au gré des personnalités, apparaissent cent visages différents de ce port normand.

     

    Il y a la vision romantique avec Eugène Isabey et Paul Huet. Il y a les interprétations sereines et lumineuses de Corot. Courbet se laisse séduire pare les vastes espaces, la mer et le ciel immenses, qu'il évoque dans une palette sombre, çà et là déchirée de lueurs roses ou ocrées.

     

    Des étrangers séjournent aussi à Honfleur: Turner, Bonington, Jongkind.

     

    Bientôt un groupe se forme autour d'Eugène Boudin qui trouve dans sa région natale l'essentiel de son inspiration. Il est fasciné par la campagne environnante, par la mer, par l'estuaire, par la lumière irisée et ses mille et un reflets colorés.

     

    Tous ces artistes se réunissent chez la Mère, à la Feme Saint-Siméon. Cette auberge, que des générations d'artistes ont rendue célèbre, a vu en ses murs tout ce que le XIX ème a connu d'illustre: Corot, Courbet, Jongkind, Monet, puis Pissaro, Sisley et bien d'autres encore.

     

    Le temps passe mais le charme agit toujours: les galeries de peinture, resserrées autour du Vieux-Bassin en sont la preuve bien vivante.

  • Traditions de Normandie: Les soirées d'Hiver en Normandie

    source: Moeurs et coutumes en Normandie 1901 par l'Abbé Léonor Blouin. 



    Dès la tombée de la nuit la maisonnée se regroupe autour de la cheminée. L'abbé Léonor Blouin évoque ces longues soirées d'hiver où l'on n'avait pas le temps de s'ennuyer. Surtout à la saison des châtaignes



    Au coin du feu nous voyons côte à côte les différents âges: les trois et même quatre générations dont se compose la maison entière sont rassemblées là dans un pêle-mêle qui ne manque pas d'être agréable sous une physuinomie pittoresque. L'aïeul assis dans un large fauteuil tient sur ses genous l'avant-dernier de ses petits garçons qui s'amuse à dérouler les boucles argentées des cheveux de son grand-père. Un espiègle de sept ans qui s'est pemis de tirer l'oreille de son chaton noir pousse les hauts cris parce que l'animal à bout de patience s'est défendu d'un coup de griffe. Le nouveau-né n'est tranquille que si la mère penchée sur son berceau vient lui chanter do-do. La soeur aînée répare les bas de laine des nombreux frères, sans aucun regret de n'être pas fille unique. Et l'arrière-grand-mère repasse avec une douce mélancolie les années lointaines de sa jeunesse en faisant tourner son rouet vermoulu.

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  • Histoire de la Normandie: Les premiers bains de mer

    Si aujourd'hui, Dieppe ne figure plus au palmarès des stations Balnéaires, c'est la première ville a avoir bénéficié de la mode des bains de mer.


    Avec la duchesse de Berry, qui vint tremper ses fesses dans la Manche tous les étés à partir de 1824, la ville connu le premier grand boom touristique de l'Histoire. Appréciant sa proximité de Paris, les politiciens, les bourgeois, artistes et aristocrates de la capitale prirent rapidement l'habitude de venir ici passer leur fin de semaine.


    Dès 1848, une ligne de chemin de fer desservait la côte. Plus tard, les modes étant ce qu'elles sont on bouda un peu Dieppe pour découvrir Le Tréport, Trouville, Deauville.


    Les étonnantes et sympathiques pelouses du bord de plage qui donnent tant de place à la lumière sont dues à l'Impératrice Eugénie, qui les dessina en 1853.

  • Histoire de la Normandie: la Verte campagne

    le XIX ème siècle voit naître en Normandie l'image d'opulence agricole avec le couchage en herbe qui vise l'approvisionnement des Halles de Paris et des grandes villes en produits laitiers et en viande. Le cidre et le calvados complètent les revenus.

    Le couchage en herbe concrétise une manière d'utiliser les sols difficiles du massif ancien.Cette pratique fait la fortune des Pays de Bray, d'Auge et du Bessin. Presque tous les travaux se font encore à la main dans les exploitations augeronnes, où les cultures ne représentent qu'une activité d'appoint.


    La machine pénètre lentement dans les exploitations car elle coûte cher: la récolte se coupe à la faux, on bat les gerbes au fléau sous la grange.

    En 1865, apparaissent les premières charrues métalliques à deux socs que le cultivateur retourne complètement au bout du sillon.

    L'évolution semble plus rapide dans la plaine de Caen où les grandes exploitations s'équipent d'un semoir, d'une faucheuse, voire d'une moissonneuse.

     

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    Le Semeur de Millet qui date de 1850 et décrite avec fidélité par Zola dans La Terre:

    « Jean, ce matin-là, un semoir de toile noué sur le ventre, en tenait la poche ouverte de la main gauche et de la droite, tous les trois pas, il prenait une poignée de blé que d'un geste, à la volée, il jetait ».

    Cette scène appartient au passé.


    Plus que les récoltes, le bétail reste le point capital de l'économie rurale et notamment les vaches laitières. La traite des vaches incombe aux filles de ferme; à la belle saison, elle se déroule en plein air, la servante va de vache en vache, déplace le trépied et recueille le lait dans un seau. Le lait remplit ensuite les cannes, des récipients typiques de Normandie. Ils sont ventrus dans le Cotentin et cylindriques dans le Pays d'Auge.


    La société paysanne établit une hiérarchie bien structurée: au sommet de la pyramide, on trouve le riche propriétaire qui surveille ses valets de cour ou de charrue puis en descendant, le cultivateur qui travaille avec sa famille; un échelon plus bas, le petit paysan qui loue ses services, puis après l'ouvrier agricole qui cultive quelques parcelles de terre; enfin au dernier niveau, le domestique de ferme.


    Le Normand, terrien authentique ne ménage pas son dévouement à la terre à la terre nourricière: s'il quitte la charrue, c'est pour le fusil de chasse. Ce n'est pas un être de fantaisie, il soigne ses pommiers avec délicatesse, il ne tond pas les moutons, il les déshabille.

  • Culture de Normandie: Le glorieux Ivoire

    Dieppe a ravi l'arme des éléphants,

    Précieux morfil, joyau de Guinée,

    Pur comme le front des petits enfants,

    Doux comme la main d'une dulcinée.


    C'est dans la grand'rue où scintillent, clairs,

    Ses beaux magasins de nacre et d'ivoire;

    Où des christs tordus, aux neigeuses chairs,

    Versent des pleurs blancs sur une croix noire;


    C'est là que s'étale floraison

    De bouquets de roses pâles et frêles;

    Des anges rieurs en toute saison

    Y fixent gaîment des manches d'ombrelles.


    Chapelets pesants et livres pieux

    Firent le bonheur des âmes sereines

    Qui suivaient la mode, au temps déjà vieux

    Où l'ivoire ornait la beauté des reines.


    Georges Lebas, poète normand né à Dieppe en 1862

  • Culture de Normandie:Les Maisons de Bois

    Dans les vieilles maisons de bois

    Qu'on voit au milieu des herbages

    Habitent les enfants des sages;

    Les coeurs sont sains, les esprits doits,

    Dans les vieilles maisons de bois.


    Aux faîtes des maisons de bois,

    On voit pousser les graminées;

    L'iris, frangeant les cheminées,

    D'astres bleus constelle les toits

    De nos vieilles maisons de bois.


    Autour de nos maisons de bois,

    Les verts pommiers bordent la route;

    On entend la vache qui broute,

    Et son souffle effleure parfois

    Le seuil de nos maisons de bois.


    Dans nos vieilles maisons de bois,

    Le beurre est d'or, le cidre est d'ambre;

    Mai rît aux éclats, mais novembre

    Me semble aussi gai quand je bois

    Dans nos vieilles maisons de bois.


    Dans nos vieilles maisons de bois,

    Les quenouilles sont délaissées;

    Mais les aiguilles empressées

    Piquent encore de jolis doigts

    Dans nos vieilles maisons de bois.


    Dans nos vieilles maisons de bois,

    On soigne son corps et son âme;

    Et sur le pain que l'on entame,

    On fait le signe de la croix,

    Dans les vieilles maisons de bois.


    De leur vieille maison de bois,

    Quelques-uns, pour faire fortune,

    Sont partis à l'heure opportune

    Et pensent encore parfois

    A leur vieilles maisons de bois.


    Loin des vieilles maisons de bois,

    D'autres se sont ennuyés vite

    Et, tôt, sont revenus au gîte,

    Contents de mourir villageois

    Dans leurs vieilles maisons de bois.


    Gustave Le Vavasseur, poète normand, né à Argentan en 1819.