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ville de rouen

  • Gustave Flaubert parle de la Ville de Rouen

    extrait de Madame Bovary (1857)

     

    « Puis d'un seul coup d'oeil, la ville apparaissait. Descendant tout en amphithéâtre et noyée dans le brouillard, elle s'élargissait au-delà des ponts, confusément. La pleine campagne remontait ensuite d'un mouvement monotone, jusqu'à toucher au loin la base indécise du ciel pâle.

     

    Ainsi, vu d'en haut, le paysage tout entier avait l'air immobile comme une peinture; les navires à l'ancre se tassaient dans un coin; la fleuve arrondissait sa courbe au pied de collines vertes et les îles, de forme oblongue, semblaient sur l'eau de grands poissons noirs arrêtés. Les cheminées des usines poussaient d'immenses panaches bruns qui s'envolaient par le bout.

     

    On entendait le ronflement des fonderies avec le carillon clair des églises qui se dressaient dans la brume. Les arbres des boulevards, sans feuilles, faisaient des broussailles violettes au milieu des maisons, et les toits, tout reluisants de pluie, miroitaient inégalement, selon la hauteur des quartiers. Parfois un coup de vent emportait les nuages vers la côte Sainte-Catherine, comme des flots aériens qui se brisaient en silence contre une falaise. »

  • Guy de Maupassant parle de la ville de Rouen

    extrait de Bel Ami (1885)

     

    « La ville apparaissait sur la rive droite, un peu noyée dans la brume matinale, avec des éclats de soleil sur ses toits, et ses milles clochers légers, pointus ou trapus, frêles et travaillés comme des bijoux géants, ses tours carrées ou rondes, coiffées de couronnes héraldiques, ses beffrois, ses clochetons, tout le peuple gothique des sommets d'églises que dominait la flèche aiguë de la cathédrale, surprenant aiguille de bronze, laide, étrange et démesurée, la plus haute qui soit au monde.

     

    Mais en face, de l'autre côté du fleuve, s'élevait, rondes ou renflées à leur faîte, les minces cheminées d'usine du vaste faubourg de Saint-Sever. Plus nombreuses que leurs frères clochers, elles dressaient jusque dans la campagne lointaine leurs longues colonnes de briques et soufflaient dans le ciel bleu leur haleine noire de Charbon. »

  • Histoire de la Normandie: L'émeute de Germinal à Rouen

    L'émeute de Germinal à Rouen


    De novembre 1794 au début de l'année 1797, la ville de Rouen connait certainement l'une des famines les plus graves qu'elle ait eu à subir au long de son histoire.

    Comme d'habitude, la pénurie est sélective, s'abattant d'abord sur les masses populaires.

    Le 2 avril 1795 et les jours suivants, l'agitation s'empare de la rue, d'abord près des boulangeries.

    L'émeute, qui s'amplifie et qu'attisent les royalistes, se tourne vers les riches et vers les Parisiens qui prennent tout. La Garde Nationale refusent d'intervenir.

    Et les riches d'essayer de tourner la colère populaire vers les responsables municipaux. Et ceux-ci d'accuser les « Terroristes » (partisans de la Terreur) et les Jacobins, alors que, dans la rue qui a faim, on se prend à regretter ce temps où le pain était fixé à un prix maximum, comme le pain d'arrondissement qui ne va plus être désormais accordé qu'aux indigents «officiels».

    Ce n'est que lentement que la situation se redresse et que les prix du marché libre s'orientent à la baisse, à commencer par ceux du pain, produit essentiel entre tous.