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  • Histoire de la Normandie : La guerre des Farines à Vernonnet

    Installé en 1765, aux Tourelles de Vernonnet, Jean-Michel Planter transforme profondément le moulin pour en faire une importante « fabrique de farine minot », utilisant quatre roues et des techniques modernes comme « la mouture par économie, et l'étuvage.

     

    Le blé venait du Vexin et de Picardie et du Soissonnais. La farine était surtout expédiée par la Seine vers Paris, l'Espagne et les Antilles, Planter approvisionnait aussi la Royale. Dans les périodes de difficultés, les Vernonnais n'appréciaient pas les départs des barges vers Paris et des émeutes se produisaient.

     

    Une première fois en avril 1768, Planter est accusé de fournir aux Vernonnais du grain avarié.

     

    L'incident le plus grave éclate en mai 1775 en pleine guerre des Farines. Le 2 mai, Planter fait partir un bateau chargé de 1400 sacs de farine en direction de Paris mais il est pillé à La Roche Guyon.

    Le lendemain, une foule nombreuse assiège la fabrique. Pour la dégager, Planter fait appel aux soldats qui tirent dans la foule faisant plusieurs blessés.

     

    En octobre 1789, la foule s'empare de Planter et veut le pendre à un réverbère mais la corde est coupée par un coup de sabre, profitant de la confusion, Planter s'échappe, prévenue l'Assemblée Nationale, très attachée à l'approvisionnement de Paris car craignant d'être renversée, envoie des troupes pour protéger la fabrique. 

  • de Juin à Août 44: Les habitants de Vernonnet se réfugient dans les carrières

    Les liaisons entre Vernon et Vernnonnet furent une grave préoccupation: le 26 mai le pont routier est détruit par un bombardement américain. Le 29 mai, une passerrelle à pieton est ouverte mais elle largement insuffisante car les grandes quantités de ravitaillement ne peuvent l'emprunter. Le 6 juin, la municipalité fait mettre en place un petit Bac de 3 tonnes. Le bombardement du 8 juin le met hors service. Devant les diffcultés du passage par le pont, beaucoup préfèrent se servir de barques.  

     

    À Vernnonnet la situation est vite devenue préoccupante. Après les premiers bombardements, la population est montée se réfugier dans les carrières. Près des deux tiers des habitants s'y touvent au mois de juin. Le faubourg comptait 1 300 habitants à l'époque.

     

    Le Secours National organise des collectes de linge à domicile pour subvenir aux besoins des réfugiés.

     

    Lorsque le risque d'attaques aérienne devient trop grand, de moins en moins de personnes osent traverser la Seine. Les carrières reçoivent alors leur autonomie, Maurice Pinard, instituteur à Vernonnet devient le représentant du Maire pour la rive droite.

     

    Mais quelles étaient donc ces carrières et comment les gens vivaient-ils à l'intérieur? Plusieurs témoignages ont permis de reconstituer les trois mois de cette vie troglodytique. Dix à quinze carrière ont été occupées par des réfugiés.

     

    Les sites connus sont les suivants:

     

    • côte du Mont-Roberge et côte du Roule: sept carrières qui portent les noms suivants Tsouchima, Côte de l'Isle, les Picards, la Fouine, Mont-Roberge, Bailly et Saint-Nicolas. Bailly, Les Picards et Mont-Roberge étaient reliées par des galeries souterraines.

    • Côte Saint-Michel: la champignionnière Notre-Dame et La Glacière

    • Route de La Queue d'Haye: Les Cascades

    • Manitot: deux petites carrières.

     

    Ce n'était pas la place qui manquait, mais le fait de n'avoir rien prévu pour l'accueil des réfugiés était ce qui faisait le plus défaut.

     

    Chaque carrière avait un responsable: ceux-ci se réunissaient souvent pour administrer ce petit monde souterrain. L'approvionnement se faisait grâce à une ou deux épiceries demeurées ouvertes. Des cultivateurs de La Queue d'Haye approvisionnaient la population en légumes et en lait. Pour l'eau, il était nécessaire de descendre à Vernonnet la chercher.