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vent de mariage

  • Histoire de Normandie: Vent de Mariage

    En attendant de rencontrer l'élu de son coeur, la jeune fille s'emploie à confectionner son trousseau. Les contrats de mariage dressent complaisamment l'inventaire de ce volumineux trousseau.


    Les préliminaires instants mémorables qui vont de la première rencontre des tourtereaux jusqu'au mariage, s'entourent d'une prudente lenteur. Comme il se doit, toute conversation sur ce sujet commence par l'absorption d'un pot de cidre, « entrer en ménage représente un saut dans l'inconnu et ça demande réflexion.» Et tout en buvant, après avoir parlé de la clémence du temps, de la prospérité agricole du moment, le candidat peut, avec mille précaution, laisser entendre que la jeune fille de la maison lui plairait bien.


    A Normandie, Normand et demi, si le projet n'entre pas dans les visées des parents, le prétendant est évincée sous prétexte que leur fille est trop jeune pour y songer. Par contre, lorsque le parti semble avantageux, les parents font valoir ce qui tombera dans la corbeille de la mariée, sans oublier les espérances qui viendront en héritage.


    L'idylle suit son cours jusqu'au jour fixé pour la cérémonie devant monsieur le maire et monsieur le curé; «oui », certes, après la juste pesée des sentiments.


    Lors du banquet de noces plantureux, copieusement arrosé, émaillé de plaisanteries, égayé de chansons et de danses, on ne déroge jamais au milieu du repas à la tradition du « trou normand », une demoiselle de calvados ou d'eau-de-vie de cidre servie comme le préconise Curnonsky, pour faciliter la digestion.


    A Valognes, un « petit Paris », selon le dire du comique Lesage, où toute l'aristocratie du Cotentin semble se donner rendez-vous, les mariages se concluent entre gens du même monde. Barbey d'Aurevilly déplore le sort des jeunes filles qui plutôt que de se mésallier, mourraient « stoïquement vieilles et vierges, appuyées sur leurs écussons qui leur suffisaient contre tout »