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trouville

  • Culture de Normandie:Poème "Les plages normandes"

    par Sarah

     

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    Le long des bords de mer vont les plages normandes

    Rubans grèges dorés des sables et soleils,

    O ces innombrables ressources gourmandes,

    Des pêches aux crabes et des poissons vermeils.


    Le Mont-Saint-Michel et puis Carteret vont certes

    Ennoblirent les vents de toutes leurs beautés

    Falaises de granit, structures découvertes

    Parmi les galets blancs et les silex hantés.

     

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    Et suer les sables blonds, il est Cabourg, Houlgate,

    Large éventail fleuri de sylves et d'humus

    Où les enfants courent jusques à leur frégate

    Par la marée encore si basse à l'Orémus...

     

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    Ouistream a son bord, Etretat à sa source

    Mais Deauville et Trouville ont leur double renom;

    Les voiliers élégants, les pêcheurs en ressource

    Se sont liés à la côte, avec ce double nom.


    Deauville a vu Sorel, Mistinguett et Colette,

    Trouville a hébergé Alexandre Dumas

    Flaubert et puis le peintre Isabey et sa palette,

    Tandis qu'ils regardaient voguer barques et Trois-mâts


    Avant d'écrire et de peindre la dune,

    Sur les tons beige uni et les teintes safran,

    A quel magnifique et sublime clair de lune

    Dans les tracés légers où vole un cormoran.

  • Personnalité de Normandie: Charles-Louis Mozin

    Bien que né à Paris en 1906; Charles-Louis Mozin est l'un des premiers artistes à travailler sur les bords de la Touques et à Trouville.

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    Marine et villas sur la Plage, huile sur bois, se trouvant

    au musée municipal de Trouville.


    Ce peintre de marine, continue la perfection vernissée des artistes hollandais.Il a été en Belgique et en Hollande pour étudier les maîtres du XVII ème siècle. Dès 1824, il utilise la lumière changeante des paysages du bord de mer.

     

    Il présente « Extérieur du Port de Dieppe » au Salon en 1824.

     

    Mozin s'inspire toute sa vie de Trouville et des marais alentour mais il travaille aussi à Honfleur.

    Il consacra d'ailleurs une centaine de gravures de Trouville et ses environs, qui décrivent les plages normandes à cette époque.

    Exposant régulièrement au Salon jusqu'en 1861.

    Il est mort à Trouville en 1862.  

  • Villes de Normandie:Trouville et Deauville par Ardouin Dumazet

    source: Voyages en France -La Normandie- 1921

     

    Faut-il décrire Trouville? Je la dépeindrai telle que je la vis tout à l'heure, ses rues montueuses d'une placidité monacale, ses autres voies larges, bordées de grands hôtels et de villas allant du luxe le plus raffiné, des suprêmes élégances et de la majesté au mauvais goût le plus prétentieux.

     

    Puis une plage immense, d'un sable fin et doux, bordée par une digue sur laquelle s'aligent des villas. Mais tout cela est endormi, les volets sont clos, les parterres envahis par les herbes. Dans deux mois la cité se réveillera, les équipages sillonneront les quais, graviront les verdoyantes allées de la colline, la plage s'emplira d'une foule dont la grande occupation sera de changer congrûment de toilettes aux heures fixées par le code spécial à Trouville. La vie y sera exécrable, très chère, mais tout le monde voudra avoir été de la « semaine ».

     

    Ce Trouville Brillant et opulent est séparé de Deauville par le port d'échouage où affluent les barques de pêche et le bassin à flot entouré d'immenses tas de bois et de charbon. C'est un coin banal de ville maritime où la fumée et la poussière règnent en maîtresses. Trouville, par sa situation au débouché d'une des plus riches vallées de Normandie, ne pouvait en effet manquer de devenir un port assez considérable, son mouvement dépasse 100 000 tonnes.

     

    La ville balnéaire de Deauville prolonge jusqu'au bassin même ses larges avenues plantées d'arbres; si Trouville est morne en ce moment, sa voisine est navrante. Trouville a du commerce, une population stable, elle pourrait se passer de baigneurs; rien de semblable dans la création du Duc de Morny. Elle est ville de bains avant tout, tout est fermé ou vie; même, sur une place, un piédestal de granit est veuf de sa statue. L'aurait-on remisée pendant l'hiver? La chose est plus tragique: on avait mis ici la statue du Duc de Morny, mais après la chute du Second Empire, on a jeté bas l'effigie du Duc.

     

    Le vrai Deauville n'est pas dans ces avenues encore peu bâties, où s'élèvent de vagues villas; les hôtels et les villas monumentales sont à front de mer sur l'immense boulevard ou terrasse long de 1 800 mètres bordant une zone de sables gazonnés au dessous duquel s'étend, mais assez loin, la plage. Peut-être ces constructions sont-elles trop uniformes; la brique à deux tons, dont la plupart sont bâties, manque de gaieté. Pendant la grande semaine, l'animation mondaine transforme la terrase silencieuse; un petit Decauville y court, de luxuex équipages s'y croisent sans cesse.

     

    Il manque à cette création de la spéculation, les arbres dont Trouville est si amplement dotée. L'hippodrome de Deauville, où les courses fameuses, principale réjouissance de la « semaine » ont lieu, est entre la ville et le chemin de fer, dans une pelouse superbe, au pied du mont Canisy, dont une des croupes porte le village primitif de Deauville.

  • Histoire de la Normandie: Flânerie sur la côte

    Le climat de Cabourg, un air pur, azuré et salin, convenait à la santé délicate de Marcel Proust qui découvre le Grand Hôtel de la station en 1881 en compagnie de sa grand-mère. Il y reviendra deux ans plus tard, lorsqu'il rédigera « A La recherche du Temps Perdu », on reconnaîtra Cabourg sous les traits de « Balbec ».


    En 1872, une vacancière de soixante-douze ans, alerte, bonne nageuse, passe avec ses enfants l'été à Cabourg, ce n'est autre que Georges Sand. Rentrée à Nohant, elle écrit à Gustave Flaubert: « Nous avons pris de beaux bains de mer et ramené des santés superbes. »


    Le décor est planté par un casino, des thermes et un hôtel, autour desquels rayonnent de belles avenues.

    Tandis que Dieppe, Trouville, Houlgate, lancées depuis longtemps, jouent les stars de la côte, Cabourg passe pour la benjamine à laquelle il faut laisser le temps de grandir.


    Parlant de Trouville, Frédéric Amiel, en 1843, se plaît à reconnaître qu'elle est « la plus belle plage de France pour les bains et que les alentours paraissent inépuisables en promenades variées, ombragées, en petits vallons plantés de pommiers. »


    Il prophétisait un riche avenir à ce village!


    A l'extrémité du boulevard maritime du Havre, sur les hauteurs de la Hève, proche de la chapelle Notre-Dame-des-Flots, se dresse un curieux monument baptisé le « Pain de Sucre » à cause de sa forme. Il s'agit d'un cénotaphe élevé par la veuve du général Lefèvre Desnoëtte à la mémoire de son mari qui périt dans un naufrage sur les côtes d'Irlande, le 22 avril 1822.

  • Histoire de la Normandie: La Mode des plages

    La mode des bains de mers existait avant celle des plages.


    Au temps du Second Empire, la reine Hortense se rendait à Dieppe pour y prendre des bains, accompagnée de ses deux fils.

    Ensuite vinrent, la duchesse de Montebello, puis surtout la duchesse de Berry, Marie-Caroline, qui mit la station balnéaire de Dieppe à la mode. Elle aimait beaucoup se baigner, mais le plus souvent sans souci de l'étiquette, elle allait et venait, parcourait la la ville, se promenant sur les quais, sur la plage ou sur la jetée.


    La vocation balnéaire de Dieppe se confirma avec l'avènement du chemin de fer et les facilités offertes aux touristes anglais par la navigation à vapeur.


    Alexandre Dumas père arrivait à Trouville en pionnier, la barque qui l'avait amené d'Honfleur accostait sur la plage et c'était porté sur les robustes épaules d'un marin qu'il débarquait dans un village de pêcheurs pour aller loger dans l'unique auberge (à l'époque) à l'enseigne des « Trois Pommiers » tenue par la mère Ozeraie.

     

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  • Extrait de "Pierre et Jean" de Guy de Maupassant

    De Photos de Normandie

     

    La plage de Trouville



    "Pierre marchait au milieu de ces gens, plus perdu, plus séparé d'eux, plus isolé, plus noyé dans sa pensée torturante, que si on l'avait jeté à la mer du pont d'un navire, à cent lieues au large. Il les frôlait, entendait, sans écouter, quelques phrases ; et il voyait, sans regarder, les hommes parler aux femmes et les femmes sourire aux hommes.

    Mais tout à coup, comme s'il s'éveillait, il les aperçut distinctement ; et une haine surgit en lui contre eux, car ils semblaient heureux et contents. Il allait maintenant, frôlant les groupes, tournant autour, saisi par des pensées nouvelles. Toutes ces toilettes multicolores qui couvraient le sable comme un bouquet, ces étoffes jolies, ces ombrelles voyantes, la grâce factice des tailles emprisonnées, toutes ces inventions ingénieuses de la mode depuis la chaussure mignonne jusqu'au chapeau extravagant, la séduction du geste, de la voix et du sourire, la coquetterie enfin étalée sur cette plage lui apparaissaient soudain comme une immense floraison de la perversité féminine. Toutes ces femmes parées voulaient plaire, séduire, et tenter quelqu'un. Elles s'étaient faites belles pour les hommes, pour tous les hommes, excepté pour l'époux qu'elles n'avaient plus besoin de conquérir. Elles s'étaient faites belles pour l'amant d'aujourd'hui et l'amant de demain, pour l'inconnu rencontré, remarqué, attendu peut-être. Et ces hommes, assis près d'elles, les yeux dans les yeux, parlant la bouche près de la bouche, les appelaient et les désiraient, les chassaient comme un gibier souple et fuyant, bien qu'il semblât si proche et si facile. Cette vaste plage n'était donc qu'une halle d'amour où les unes se vendaient, les autres se donnaient, celles-ci marchandaient leurs caresses et celles-là se promettaient seulement. Toutes ces femmes ne pensaient qu'à la même chose, offrir et faire désirer leur chair déjà donnée, déjà vendue, déjà promise à d'autres hommes. Et il songea que sur la terre entière c'était toujours la même chose. Sa mère avait fait comme les autres, voilà tout ! Comme les autres ? - non ! Il existait des exceptions, et beaucoup, beaucoup ! Celles qu'il voyait autour de lui, des riches, des folles, des chercheuses d'amour, appartenaient en somme à la galanterie élégante et mondaine ou même à la galanterie tarifée, car on ne rencontrait pas, sur les plages piétinées par la légion des désœuvrées, le peuple des honnêtes femmes enfermées dans la maison close."



    Maupassant, "Pierre et Jean"