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traditions normandes

  • Les Traditions de mariage dans le département de l'Orne

     par J. Blossier
    ~*~
    LA demande en mariage est généralement faite par le jeune homme lui-même. Il arrive cependant, mais plus rarement, qu'il a recours à l'intervention d'un ami qui le présente à la famille ; on l'appelle le Darin ou Bédochet.

    S'il convient à la jeune fille et à ses parents, il est admis dans la maison une fois par semaine, de préférence le dimanche et le soir. Six mois après, si à ce moment il n'est survenu aucun obstacle pour faire rompre les bonnes relations, le jeune homme est admis plus souvent ; il est alors regardé presque comme un parent.

    On parle bientôt de réunir les père et mère du jeune homme. Ils sont conviés à un diner chez les parents de la jeune fille. C'est le jour des fiançailles ou, pour employer l'expression du pays, des accords. Pendant le repas, on parle du mariage, de l'avenir des deux jeunes gens, de la situation qu'on espère leur créer. On a garde d'oublier l'avoir en argent et mobilier que les deux familles se proposent de donner à leurs enfants. Ceci est constaté dans le contrat qui se fait quelques jours seulement avant le mariage.

    Quand tout est convenu et arrêté on fixe généralement le mariage à un mardi, à trente ou quarante jours au plus des fiançailles. Les futurs époux font ensuite leurs invitations

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  • Tradition de Normandie: La Fête-Dieu à Bayeux

    Rien ne semblait plus majestueux que cette fête, si l'on se plonge dans les Chroniques qui ont survécu à la Première République Française.  

     

    Tout le monde était là pour se joindre à la procession et l'enrichir des plus beaux costumes: les bannières de toutes les paroisses, l'Homme d'Armes avait revêtu son armure que l'on appelait « l'Habillé de Fer »,les corporations dont certains membres portaient les emblèmes et d'autres des torches enflammées.

     

    La grande réjouissance des enfants de Bayeux était alors de voir passer le « bonhomme tanneux » (fameuse marionnette représentant les tanneurs.)

     

    Dans tout le Bocage Normand, les maîtresses de maison pendaient aux fenêtres les draps de lit de la maisonnée qui flottaient alors du premier étage jusqu'au linteau des portes. Les draps étaient décorés de jolis bouquets de roses que l'on admirait quand la procession venait à passer par là.

  • Idée de Lecture:Mariages Normands de 1800 à 1930

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    Mariages
    Normands
    de 1800 à 1930.

    Après une approches des curieuses pratiques de dévotion aux saints guérisseurs de l’Eure, Bernard Verwaerde s’intéresse, une fois encore, à la tradition normande et plus particulièrement dans cet ouvrage riche en détails, anecdotes, en histoires locales patoisantes, en iconogrraphgies, cartes postales et photographies aux différentes coutumes afférentes à ce rite de passsage solennel qu’est le mariage.
    Depuis les approchailles jusqu’aux épousailles, toutes les étapes sont analysées minutieusement à partir d’entretiens, de contrats de mariages, de relevés des états civils, de chansons, de manuels, de correspondances d’époque. Ainsi, il est possible de s’interroger sur le fondement de cette union : amour ? pas toujours, même s’il peut naître après en faisant davantage connaissance. Le trait caractèristique est une endogamie manifeste sur le plan géographique et sur le plan sociologique. La lecture de plus de 200 contrats de mariages s’étalant sur rès de 150 ans, de la fin du XVIIIème siècle à 1930 met parfaitement en évidence les préoccupations matérielles des familles, surtout en milieu rural. Ceci est fortement prégnant dans les diverses transactions, dans la précision des apports respectifs et de la description de la dot et de son estimation. Affaire de famille donc, mais également affaire communautaire aux rites et traditions singulièrement codifiés. Le cérémoniel dépasse largement le cadre sentimental d’un couple.
    Histoire du mariage en Normandie évoque avec précision une mentalité authentique que les moeurs ont peu à peu ébranlé. un nouvel état d’esprit plus affranchi des contraintes sociales, du rôle des repères collectifs que remplissent les rites, naît après la première guerre mondiale. L’égalité, la complémentarité de l’épouse et du mari, l’individualisme du duo sont les maitres-mots d’une mutation sensible excluant surtout l’habituelle soumission de la femme à son mari, ceci sur le plan légal. De ce fait la conception du mariage évolue.

    Prix de vente public fixé à 18 Euros.

  • Dictons Normands pour le mois de Juin

     

    • Arc-en-Ciel du matin, beau temps en chemin; Arc-en-Ciel du soi, c'est un arrosoir.

    • Sur le soupet d'un ormeau, si tu vois trois corbeaux croassant tous trois en choeur, sauve-toi comme un voleur car te poursuit le malheur!

    • Le deuxième jour de juin ne va pas coouper ton foin, puisqu'en ce jour il pleut toujours.

    • Fêve fleurie temps de folie

    • Quand Jean fait jeûner Dieu, abondance de biens en tout lieu.

    • Prêtres et bergiers sont des sorciers.

    • Tonnerre de juin te donne paille et foin.

    • Araignée du matin, chagrin, Araignée du soir, espoir, araignée du midi, souci, araignée de la nuit, profit.

    • Saint Médard grand pissard, mais parfois Saint Barnabé te prend le pot à pisser, si Barnabé ne le prend pas, quarante jours tu pisseras!

    • Un pré est bien vaurien quand en juin il ne donne rien.

    • S'il tonne au mois de juin année de paille et de foin.

    • Mi-juin, mi graisse.

    • Prends de la bourrache mais ne l'arrache; des maux de coeur guérit sa fleur.

    • Jus de buglosse dans le vin contre la bile est souverain.

    • Il faut se faire lécher par le chien qui vous a mordu.

    • S'i plieut à la Saint Gervais, il plieut quarante jouers après.

    • En été comme en hiver la menthe chasse les vers.

    • Jaunet des prés et des rues guérit toutes les verrues.

    • Sec été, très oraheux annonce l'hiver rigoureux.

    • Si Saint Jean fait sa pissette aux coudriers pas de noisettes.

    • À la Saint Jean perdreaux volants.

    • Beau temps à Saint Guillaume plus de blé que de chaume.

    • Il est venu comme un saint Jean, nu par derrière et rien devant!

    • Labour d'été vaut du fumier.

    • En fin juin, vent du soir pour le blé, bon espoir!

    • Qui en juin se porte bien, en juillet ne craindra rien.

    • Ce qui se lie à Saint Jean se délie au bout de l'an.

    • Saint Jean n'aime pas la galette tandis que Saint Pierre en vend!

    • Juin pluvieux vide celliers et greniers

    • Juin fleuri, Paradis.

  • Traditions de Normandie: La soirée de Noce en Normandie


    L'heure du bal a sonné et les nociers s'empressent vers la grange dont l'air a été balayée, et que des chandelles fumeuses, fixées dans la fente de bouts de bois attachés aux murs, éclairent à demi. Quelque peu titubant, le violoneux se hisse non sans peine sur un tas de gerbes, accorde son crincin, passe l'arcanson, autrement dit la colophane, sur l'archet, et attaque un air de contredanse, hochant la tête, abaissant et levant son violon pour marquer la mesure, et criant à tue-tête les figures. Puis lorsque la contre-danse terminée, le malicieux bonhomme s'empresse de faire aigrement crier la chanterelle pour donner le signal des embrassades.

    C'est entre les danseurs une ardente émulation à sui sautera, s'enlèvera le plus haut, et du talon marquera le plus vigoureusement la cadence. Aussi, pour se trémousser plus à l'aise, les hommes ont-ils mis habit bas, et les femmes ôté leur belle robe de la noce pour en prendre une autre qui ne craigne ni la poussière, ni les accrocs. Toute la nuit durant on se démène avec un infatigable entrain, ne prenants que quelques courts moments de repos, assis ou étendus sur les gerbes.


    Vers la crique du jour, toutefois, le rigodon s'est alourdi, le jarret des danseurs a perdu son élasticité, et les jambes qui n'en peuvent mais demandent grâce. Les anciens retournés à table, faisant trêve à leurs doléances, à leurs regrets du temps passé, ronflent à l'envi, la tête appuyée sur le coude, et les enfants reposent mollement couchés dans la crèche. On réveille les uns et les autres, et une ronde finale, dont le refrain est répété à l'unisson, termine le divertissement.

    Les gens de la noce embrassent la mariée, les adieux et les portements s'échangent; chacun grimpe dans sa carriole ou s'en retourne pédestrement comme il est venu, emportant le durable souvenir d'une joyeuse journée, trop vite écoulée au milieu de la bombance et du plaisir.

    Tout n'est pas fini, toutefois, et les horsains partis, les invités du voisinage vont présenter aux mariés déjà couchés, les rôties qu'on vient de préparer, et qui servent de prétexte ç des farces okys ou moins réjouissantes et de bon goût.

    Ce sont les couches-bru qui ont déshabillé, couché la mariée, la couturière qui l'a déchaussée, et les garçons d'honneur qui offrent les rôties aux mariés. Mais on a soin de s'arranger de manière que la bru choisisse celle qui lui est destinée, laquelle est composée de vin sucré et de pain rôti.

    La rôtie du nouveau marié est, au contraire, une détestable mixture. Tantôt le pain rôti a été remplacé par du charbon et le vin par de l'eau; parfois les tranches de pain grillé sont lisées avec du fil et les dents de l'infortunée mari ne peuvent en tirer miette; parfois c'est une cuillère percée dont il doit se servir. Enfin on s'ingénie à l'ennuyer, à le tourmenter pour mettre sa patience à l'épreuve et s'égayer à ses dépens. Il faut, il le sait, qu'il fasse bon visage, et c'est avec soin qu'il se gardede laisser paraître la mauvaise humeur qu'il ressent, en se souvenant de l'avoir procurée à ce qui se sont mariés avant lui.

  • Traditions de Normandie: la Saint-Jean d'Eté

     

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    La fête de la Saint-Jean-Baptiste, célébrée le 24 juin marque le solstice d'été, le moment de l'année où le jour est le plus long.

     

    Cette fête ne doit pas être confondue avec celle de Jean l'évangéliste, célébrée le 27 décembre, bien que toutes deux soient placées sous le signe du feu.

     

    Dans les villes et les campagnes, des torches, des bûchers et des feux de joie sont allumés pour les honorer, le feu ayant valeur de purification, mais aussi, dans l'imaginaire collectif, de symbolisation du soleil.

     

    Les cérémonies de la Saint-Jean pouvaient durer plusieurs jours. Chaque village avait son feu de joie.

     

    A Cerisi-Belle-Etoile dans l'Orne, on préparait dès l'avant-vieille un arbre que l'on garnissait de fagotys de bois sec, de genêts et de brandons de pailles. A sa cime on nouait un bouquet. Le lendemain, à la nuit tombante, arrivait toute une procession de fidèles brandissant des cierges allumés, précédée d'un chantre, des enfants de coeur et de monsieur le Curé qui avait la charge de bénir l'arbre. On enflammait le bûcher, puis le clergé en grande pompe s'éloignait pour laisser place à la danse.

     

    C'était un peu partout le même rituel. Seul le bouquet attaché au faîte de l'arbre changeait.

     

    Dans l'Orne, c'était une couronne de mousse; à Rouen, une tresse de fleurs et de feuillage accrochée plusieurs jours avant la Saint-Jean; dans le Cotentin, une couronne de fleurs et de lierre abritant un pigeon en papier.

     

    On faisait également des feux pour le bétail. Pour être purifiées, les bêtes devaient, non sans mal, passer au travers d'une épaisse fumée dite « fumée des vaches ».

     

    Les citadins avaient eux aussi leurs feux de la Saint-Jean. Ils allumaient joyeusement de grands brasiers dans les rues.

     

    Les herbes de la Saint-Jean étaient réputées entre toutes. On se levait tôt pour cueillir les simples, bien avant le lever soleil et sans avoir mangé. Les herbes coupées étaient mises à sécher dans les grenier.

     

    Dans le bocage Normand, les paysans ajoutaient à leur soupe sept de ces herbes pour avoir deux fois plus de force.

  • Traditions de Normandie: Saint Antoine le Grand en Normandie

    Les Normands invoquèrent ce saint pour la guérison de diverses maladies, en particulier pour soigner l'ergotisme, une maladie mortelle due à la consommation de seigle ergoté appelée aussi « mal des ardents. Cette terrible maladie suscita la fondation de l'ordre hospitalier des Antonins. Puis il ne fut plus prié que pour la guérison des maladies engendrant des sensations de brûlures, comme le zona que l'on appelait autrefois « le feu de saint Antoine »

     

    En Seine-Maritime, à Guerville, on faisait bénir à la messe du 17 janvier des petits pains de son que l'on donnait ensuite à manger aux cochons. À Forges et à Fossé, le lard Saint-Antoine était vendu le 17 janvier au profit de l'église.

     

    On comprend mieux pourquoi les charcutiers mais aussi les panetiers le choisirent comme saint Patron.

     

    Mais Saint Antoine le protecteur ne saurait l'être sans son cochon. Quand un curé voulut honorer dans sa cure Saint-Antoine de Padoue (un autre saint Antoine), il dut subir les protestations de ses paroissiens qui réclamèrent à cor et à cri le Saint Antoine « d'avec son cochon »

  • Tradition de Normandie:Blanches coiffes et blancs bonnets

    «  J'ai encore connu dans ma première enfance, des bonnets de coton, mais ils n'étaient plus portés que par des vieillards » raconte Joseph l'Hôpital au début du siècle dans Ceux de Normandie.

     

    « Les lieux de ma mémoire, ajoute-t-il, distinguent quelques antiques paysans affublés de ce couvre-chef. L'un d'eux assis près de sa porte sur une bancelle; le mir de la maison lui sert de dossier. C'est un vieux tout cassé, vêtu d'une blouse au bleu usé et d'un mauvais pantalon, chaussé de sabots de hêtre.

    Le bonnet, dont la mèche retombe sur le côté, emboîte sa tête et chevauche ses oreilles; au dessous, il y a un grand nez un peu branlant surmontant une bouche sans dents aux lèvres rentées et flanqué de deux yeux pâles qui larmoient à l'ordinaire, mais qui, lorsque le bon-homme tire de dessous sa blaude sa tabatière, s'allument de malice et de gourmandise.

    Voici venir sa bonne femme, tandis que les cloches sonnent la sortie de la messe. Grande paysanne sèche au profil autoritaire, enveloppée d'une ample mante noire cerclée de bandes de velours sur les épaules et la poitrine. Le temps n'est plus aux grandes coiffes que portaient encore les fortes filles, assises sur des bidets d'allure, qui firent escorte à la duchesse d'Angoulême lors de son voyage en Normandie. Elle a serré celle qu'elle avait étant d'mouéselle dans l'armoire de mariage, auprès de la huche à pain; elle ne se coiffe plus que du bonnet plat

    Il semble bien que les coiffes normandes, de cérémonie ou ordinaires, aient disparu en même temps que le début du XX ème siècle. Vers 1890, on pouvait encore voit quelques vieilles femmes de pêcheurs, dans le pays de Caux ou du côté d'Houlgate, assises sur le pas de leurs portes, fumant leur pipe et coiffées d'un bonnet de coton blanc!

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  • Paysages de Normandie:Guernesey

    source: Tour-Magazine

    Si vous découvrez Guernesey le premier lundi de juillet, vous aurez du mal à savoir où vous vous trouvez. Vous êtes tombés sur la grande fête de l’île, le Viaer Marchi, le vieux marché en patois, où tout le monde s’habille et s’amuse en costume normand d’époque. Autour de vous, les noms de rues et les enseignes de boutiques sont français, mais les danseurs parlent anglais. Pas d’erreur, vous êtes bien sur une des Anglo-normandes, l’appellation officielle de ces îles pas comme les autres.


    Des privilèges qui perdurent


    Ces bizarreries découlent d’une histoire originale. Si l’île est habitée depuis une dizaine de millénaires, comme en témoignent les nombreux mégalithes qui la parsèment, on entend surtout parler d’elle au XIe siècle, lors de l’avènement de Guillaume le Conquérant sur le trône d’Angleterre, qui embarque les îles dans son aventure anglaise.

    Quand Jean sans Terre rend la Normandie au roi de France, les îliens décident de lui rester fidèles mais en profitent pour négocier des privilèges qui les rendent pratiquement indépendants et autonomes, et ce jusqu’à ce jour ou presque.

    Les îles sont dans le marché européen depuis 1976 mais possèdent leur propre monnaie et ne sont pas membres de l’Union européenne. Leur souverain d’honneur est toujours le Duc de Normandie, qui se trouve être aujourd’hui… la reine d’Angleterre.

    Haro, haro, mon prince !
    La loi appliquée sur l’île est toujours normande. Ce qui donne lieu parfois à de savoureux spectacles. Haro, haro, mon prince ! On me fait tort !

    Ainsi peut haranguer le plaignant d’une querelle de voisinage, en se plantant devant la porte du bailli. Cette supplique publique, suivie de la récitation d’un Notre Père, implique obligatoirement un jugement, un an et un jour plus tard. Avouez que c’est plus simple que nos procédures dites modernes.

    Les dix "Paroisses" de l’île sont gérées, sous la présidence du Bailli, qui doit obligatoirement être avocat – est-ce dû à l’amour bien connu des Normands pour la chicane ? – par un groupe de Jurats, cooptés souvent de père en fils.

    Un gouverneur anglais représente la reine, nommé pour cinq ans seulement, et sans pouvoir décisionnaire. Un Chief Minister coiffe dix ministres élus par un corps électoral choisi. Vous avez dit démocratie ? Fi donc ! Quel vilain mot, mes seigneurs !

    Il existe tout de même quelques députés élus, deux ou trois par Paroisse, qui ont leur mot à dire dans une chambre spéciale, où ils légifèrent avec quelques magistrats de père en fils, un connétable, un douzainier, un procureur des pauvres.

    Quand l’affaire est grave et dépasse le cadre de l’île, comme lors de la discussion sur les paradis fiscaux, un lord anglais à Londres devient le porte-parole de Guernesey.

    Une bulle de survie pour la Langue normande

    Ces structures juridiques reposaient jusqu’avant la dernière guerre sur une farouche fidélité à la loi normande médiévale.

    La survivance de la langue française en était le garant. Même si l’anglais était parlé en ville, le patois dominait la vie rurale et les activités de contrebande.

    L’exil vers l’Angleterre qui fut imposé aux enfants de l’île pendant l’Occupation allemande a provoqué l’abandon du français pendant leur scolarité. (Il faut absolument lire le délicieux Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates pour en savoir plus sur les effets de la seconde Guerre dans l’île.)

    Le français a presque disparu aujourd’hui. Mais depuis trois ans, le dialecte normand est à nouveau enseigné dans trois écoles primaires et un nouveau ministère de la Culture anglo-normande a été créé à titre d’essai.

    Des traditions millénaires toujours vivaces


    Les enfants pourront ainsi comprendre les paroles des chants qui rythment les "veilles" traditionnelles, comme le célèbre "Mon mari l’est ban malade" que chantaient les tricoteuses de pulls marins pendant les longues soirées d’hiver.

    Des pulls modernisés mais dont la symbolique survit grâce à une dizaine de dames qui continuent à assembler à la main les morceaux montés à la machine.

    Les motifs des coutures, les mêmes depuis des millénaires, représentent les gréements, les vagues et les cordages qui accompagnent la vie de leurs hommes en mer.

    Passé à l’huile de lin, le pull de Guernesey est imperméable et inusable et vous l’acquérez pour la vie.

  • Contes et Légendes du Cotentin

    Contes et légendes du Cotentin

    de Michel Giard

     

    Modernité oblige, il n'y a plus de veillées, le soir, devant l'âtre. On ne prend plus le temps d'écouter un ancien perclus de rhumatismes raconter d'une voix chevrotante, parfois mal assurée, un conte, une légende qui ont baigné son enfance et qu'il transmet à d'autres dans la noirceur de la nuit. Il était une fois... Ces mots magiques nous emportent aux frontières du réel et de l'imaginaire, dans un décor où le conteur campe des personnages, hommes, bêtes, créatures fantastiques, qui conservent leur part de mystère. Des personnages qui nous semblent familiers s'agitent et deviennent acteurs ou proies. Nous glissons, à notre corps défendant, dans l'imaginaire. Par un tour de passe-passe habile, le bavard nous transforme en complices privilégiés de son histoire. L'auditeur ou le lecteur du récit est entré désormais dans son univers familier. La distance s'est estompée entre les deux parties, pour autant que chacun veuille bien jouer le jeu et pénétrer dans ce monde enchanteur des contes et légendes. Nous retrouvons un bout de terre normande battu par les flots, parfumé par l'odeur âcre du varech et les puissants effluves de la terre d'un brun Millet.