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tradition normande

  • Tradition de Normandie:Quand un mariage était empêché...

    Autrefois, en Normandie, l'eglise pouvait empêcher des mariages ou les rendres nuls ou illicites. On distinguait deux types d'empêchements:

     

    1. Les empêchements dirimants

    • le défaut d'usage de raison et le défaut d'âge. En clair ceux qui n'avaient ni toute leur tête ni l'âge requis étaient exemptés du mariage.

    • L'erreur portant sur la personne épousée.

    • Une crainte grave concernant la violence d'une personne.

    • L'enlèvement par la force d'une personne en vue de l'épouser.

    • Les ordres sacrés. Interdit d'épouser un sous-diacre, un diacre et bien évidemment un prêtre.

    • La profession religieuse. Les personnes liées par des voeux prononcés dans le cadre de leur engagement religieux sont interdites de mariage.

    • La parenté. La parenté naturelle, ou consanguinité, s'oppose au mariage puisqu'on ne peut épouser quelqu'un du même sang. La parenté spirituelle résulte du baptême. Cela concerne celui qui a administré le baptême et celui qui le reçoit. Le parrain et la marraine, d'une part, le père et la mère du baptisé d'autre part.

    • L'affinité, appelée aussi parenté par alliance, qui existe entre le mari et les parents de sa femme et inversement entre la femme et les parents de son mari.

    • La différence de culte; interdiction de procéder au mariage quand l'un des deux n'est pas baptisé.

    • La clandestinité. Tout mariage qui ne serait pas contracté devant un prêtre est déclaré nul, suivant les directives du concile de Trente.

    1. Empêchement Prohibants

    • Défaut de publication des Bans.

    • La différence de culte, entre catholique et hérétiques (protestants, musulmans, orthodoxes etc...)

    • la défense de se marier à certains moment de l'année. Interdit les mariages entre le premier dimanche de l'Avent et l'Epiphanie, ainsi que du mercredi des Cendres jusqu'à l'Octave de Pâques inclus.

  • Tradtion de Normandie: La Part à Dieu en Normandie

    Dans toute la Normandie, la jeunesse, les enfants de choeur et les mendiants participaient aux quêtes rituelles de l'Epiphanie. On les entendait chanter « la part à Dieu » de porte en porte à la nuit tombée pour recevoir quelques oeufs, du lard, de la menue monnaie ou une morceau de galette.  

     

    Voici des paroles trouvées dans le Calvados et l'Orne

     

    Donnez, donnez la part à Dieu

    Nous vous dirons les Evangeux

     

    Les Evangeux d'not' Seigneu'

    J'l'avons vu vif; j'l'avons vu meur.

    De d'sus la croix, ce roi fidèle.

    Qui nos éclair à troié chandelles!

     

     

    Donnez, donnez la part à Dieu

    Donnez du pain, donnez du feu

    Donnez, donnez la part à Dieu.

     

    Si vos n'volez ri nous donner

    Nous faite point tout attendre

    Car y fait si grand froid

    Q' m'in camarade en tremble.

     

     

    Et voici les paroles d'un autre chant de quête trouvé dans l'Eure

     

    Onguignettes, maîtr' et maîtresse

    Faîtes-nous un petit présent

    Et nous vivrons en grande largesse

    Onguignettes pour dans un an!

     

    Trois rois d'une étrange contrée

    Passant les bois, passant les monts

    Qui s'en allaient droit en Judée

    Pour à Jésus offir leurs dons.

     

    Dieu les reçoit de bonne grâce

    En leur disant, mes cher petits

    Montez là-haut, vous aurez votre place

    Avecque moi en Paradis.

     

    Voici un chant provenant de Putanges dans l'Orne

     

    Monsieur de céans, et Madame aussi

    Donnez de vos biens à ces pauvres ici

    Nous prierons Dieu que l'âme de vous

    Aille en Paradis, et la nôtre aussi.

     

     

    Dépêchez-vous on vous en prie.

    Car il nous faut saluer une autre compagnie

    Nous sommes d'un pays étrange

    Venus en ce lieu demander à qui mange.

     

     

    La Part à Dieu.

    Planté! Planté

    Autant de fèves que de pois!

    La Part à Dieu

    S'il vous plaît!

  • Tradition de Normandie: jeu « Jean j'massieds! »

    Tout le monde s'asseoit en cercle. Deux personnes reste debout, la première est celle qui bande les yeux de la seconde appelée pour la circonstance: Jean.

     

    Après avoir fait tourner « Jean » plusieurs fois sur lui même. Le silence doit régner. Accompagné par la première personne, Jean est invité à s'asseoir sur les genoux de l'un des participant et doit devnir à qui appartient ces genoux-là.

     

    Lorsqu'il a deviné, Jean laisse sa place à celui ou celle dont il a identifié les genoux.

  • Tradition de Normandie: Culte à Saint Barnabé et la fête aux Cornards

       

     

    Sa fête est le 11 juin

     

    Barnabé est né à Chypre, il est de la tribu des Lévi. Barnabé était le cousin du futur Saint Marc.

    Barnabé fut le compagnon d'apostolat de Paul qu'il quitta pour regagner Chypre.

     

    En Normandie, les Confréries de Cornards étaient à l'honneur, le 11 juin, date à laquelle ils fêtaient leur Saint Patron qu'est Saint Barnabé.

     

    À Rouen, à Evreux, à Cherbourg, les Confréries de Cornards faisaient la fête.

    Celle de Cherbourg était composée de gens de justice.

    Celle de Rouen défilait avec leur abbé en tête coiffé de la mitre et tenant sa crosse dans toutes les rues de la Ville.

    À Evreux, la Confrérie de Cornards avait droit de juridiction pendant toute la journée du 11 juin.  

    Voici le déroulement de la Fête aux Cornards à Evreux: le matin, les membres de la Confrérie promenaient leur abbé par les rues de la ville d'Evreux, et par les villages alentour, monté sur un âne et habillé de la manière la plus grostesque.

    Ils chantaient en choeur les rituels couplets que voici:

     

    De asimo bono nostro

    Meliori et optimo

    Debemus faire fête!

    En revenant de Gravignaria.

    Un gros chardon reperit in via

    il lui coupa la tête!

    Vir monacus in mense julio.

    Egressus est è monasterio

    C'est dom de la Bucaille!

    Egressus est sine licentia

    Pour aller voir dona Venissia

    Et faire la ripaille.

     

    Toute la population suivait ces joyeux redresseurs de tort qui rendaient justice aux petits et ridiculisaient les notables qui s'étaient mal conduits!

    Bref le 11 juin à Evreux était le jour où le voile était levé et les scandales dénoncés devant la population Ebroïcienne.

  • Tradition de Normandie: Culte à Saint Onuphre

    Sa fête a lieu le 12 juin.  

     

    Onuphre était un ermite qui habitait une caverne dans le désert égyptien. Sans vêtements, Onuphre vivait dans le dénuement le plus total et se voyait apporter chaque jour sa nourriture par un ange.

     

    Les Normands l'invoquaient pour soigner divers maux. Les pèlerinages étaient nombreux le 12 juin.

     

    En Seine-Maritime: on cherchait à obtenir sa bienveillance sur les enfants faibles ou débiles. Le soir venu, on allumait des feux en son honneur à Biville-la-Baignarde, à Saint-Arnoult et à Tôtes. À Tôtes, il était invoqué pour soigner les entorses et soulager les douleurs rhumatismales.

     

    Dans l'Eure: Les pèlerins qui se rendaient à Bourville venaient dans l'espoir de soulager les douleurs dont ils étaient atteints. Sur le chemin chacun ceuillait un petit morceau de bois dont il enlevait l'écorce avant d'arriver à l'église. Après l'office, les pèlerins priaient Saint Onuphre en faisant cinq fois le tour de l'église avec le morceau de bois en main, puis rentaient sous le porche de l'église pour l'y déposer. Il y avait en permanence autrefois sous le porche deux mètres cube de ces petits morceaux de bois.

  • Tradition de Normandie: Culte à Saint Claude

      

    Sa fête a lieu le 6 Juin 

    Claude était archevêque de Besançon au VII ème siècle.

     

    Il était invoqué en Normandie pour passer les maux de tête et soigner la méningite comme à Pont-de-l'Arche dans l'Eure et à Montcuit dans le Cotentin.

     

    À Saussey dans le Cotentin, un dicton dit cela « Il est bon à aller à Saint Claude », au sujet d'un malade que l'on savait condamnée. L'expression viendrait d'une ancienne léproserie qui a existé sur la paroisse de Saussey et qui était dédiée à Saint Claude.

     

  • Tradition de Normandie: le culte à Sainte Clotilde

    Le culte à Sainte Clotilde était très répandu en Normandie.  

    Le 3 juin, les paroissiens d'Ermenouville en Seine-Maritime apportaient chacun une belle bourrée pour constituer le bûcher que l'on enflammerait la nuit venue. Toute la jeunesse était ce soir-là auprès du feu de Sainte Clotilde, pour se divertir et danser autour de la belle flambée. 

    Dans toute la Seine-Maritime, on demandait à Sainte Clotilde, la guérison des maux dont on était affecté. Le pouvoir de la Sainte était tel qu'on lui attribuait toutes les spécialités médicales.

     

    Les sources dédiées à Sainte Clotilde étaient nombreuses et leurs eaux avaient des vertus curatives efficaces. Parmi elles, celles de Saint-Germain du Pasquier dans l'Eure, Etaimpuis en Seine-Maritime et Rolleville en Seine-Maritime, où l'on baignait les enfants pour les fortifier.

     

    Le principal lieu de culte dédié à Sainte Clotilde est aux Andelys dans l'Eure. Chaque année les pèlerins se rendaient en procession à la Source Sainte Clotilde. On raconte que lors de la construction de l'Abbaye, la Reine Clotilde s'impatientait que les travaux avancent lentement et que les ouvriers soient chaque jour plus fatigués. La Reine Clotilde par ses dévotions à la Vierge fit jaillir une source dont les eaux avaient la saveur du vin pour les ouvriers.

     

     

    Les fêtes dédiées à Sainte Clotilde débutait le matin par une visite à l'Eglise du Grand-Andely où les pèlerins exprimaient leurs souhaits particuliers à la Sainte. Après ses dévotions, on se rendait joyeusement à la Foire, les uns allant acheter des potions médicales auprès des marchands ambulants, les autres se dirigeant sous les tentes pour boir le Bon Bère (cidre).

    Ce n'était qu'après les Vêpres que les pèlerins de rendaient à la Fontaine Sainte Clotilde. Là le clergé versait quelques gouttes de vin dans l'eau et y plongeait les reliques de la Sainte pour en vivifier les vertus.

    Après s'être baignés dans la source, les pèlerins passaient à trois reprises sous un dolmen qui a été détruit sous la Ière République Française. Après on enflammait le traditionnel bûcher et l'on dansait fort tard dans la nuit, tandis que ceux qui étaient gagnés par la fatigue allaient dormir dans l'église qui les accueillait la nuit, avant de repartir au matin chez-eux!

     

  • Idées de Lecture: Contes et légendes du Cotentin

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    Contes et légendes du Cotentin 
    Michel Giard


    Modernité oblige, il n'y a plus de veillées, le soir, devant l'âtre. On ne prend plus le temps d'écouter un ancien perclus de rhumatismes raconter d'une voix chevrotante, parfois mal assurée, un conte, une légende qui ont baigné son enfance et qu'il transmet à d'autres dans la noirceur de la nuit. Il était une fois... Ces mots magiques nous emportent aux frontières du réel et de l'imaginaire, dans un décor où le conteur campe des personnages, hommes, bêtes, créatures fantastiques, qui conservent leur part de mystère. Des personnages qui nous semblent familiers s'agitent et deviennent acteurs ou proies. Nous glissons, à notre corps défendant, dans l'imaginaire. Par un tour de passe-passe habile, le bavard nous transforme en complices privilégiés de son histoire. L'auditeur ou le lecteur du récit est entré désormais dans son univers familier. La distance s'est estompée entre les deux parties, pour autant que chacun veuille bien jouer le jeu et pénétrer dans ce monde enchanteur des contes et légendes. Nous retrouvons un bout de terre normande battu par les flots, parfumé par l'odeur âcre du varech et les puissants effluves de la terre d'un brun Millet.

  • Tradition de Normandie: Saint Wulfran.

    Saint Wulfran est né vers 650 dans le Gâtinais. Wulfran fut chapelain dans les cours de Clotaire de Théodoric. Il fut moine au à Saint-Wandrille en Seine-Maritime, où il mourut vers 720.  

     

    à Sainte Barbe-sur-Gaillon dans l'Eure, une source est consacrée à Saint Wulfran attirait de nombreux pèlerins en raison de la vertu de ses eaux. On y venait toute l'année pour soigner les maladies de peau, notamment les dartres et les eczémas. Sur le chemin que les pèlerins empruntaient pour gagner la source, ils coupaient des branches d'arbre. Après avoir fair prières et ablutions à la source. Ils confectionnaient une croix qu'ils fichaient en terre tout autour de la source et y accrochaient les linges qui servaient à soigner leurs plaies. Enfin, ils venaient déposer au pied du calvaire jouxtant la source, une branche de gui.

     

    À Glos-sur-Risle dans l'Eure, la grotte Saint Wulfran était visitée par les femmes venues gratter la paroi calcaire pour obtenir un peu de poudre qu'elles ajoutaient au biberon des enfants atteints d'entérite infantile.


     

  • Tradition de Normandie: La Saint Ortaire le 21 mai

    On fête ce jour un très grand saint Normand qui ne figure pas dans le calendrier civil français: Saint Ortaire.

     

    Il naquit vers 482 dans le diocèse de Coutances. Ortaire prit très jeune l'habit au monastère de Beaumesnil dans le Calvados. Il fonda plus tard un monastère dans la Forêt d'Andaine. De temps à autre, Ortaire se retirait dans la solitude d'une grotte sitée sur la commune de Beaumesnil.

     

    À l'âge de cinquante ans, il fut nommé abbé de l'Abbaye de Landelles dans le Calvados, où il opéra plusieurs miracles. Il mourut dit-on à l'âge quatre-vingt-dix-huit ans, le 15 avril 580 et fut inhumé à Landelles.

    Saint Ortaire est fêté le 21 mai, date à laquelle on transféra son corps de la chapelle de la Vierge, où il était initialement inhumé, à la chapelle qui lui était dédiée.

     

    Tous les 21 mai, les pèlerins venus de Saint-Michel-des-Andaines et de La Ferté-Macé dans l'Orne se rendaient en procession à la Fontaine Saint Ortaire pour y soigner la lèpre et les affections cutanées de tout genre. Afin que le mal les quitte et passe dans les pierres, ils disposaient de petites pierres plates dans les fourche des branches du taillis proche de la fontaine.

     

    Les petites pierres déposées par les pèlerins se superposaient et formaient ce que l'on appelait les « châtiaux » qui rappelaient au souvenir du saint ceux qui étaient venus le prier pour les guérir.

     

    Un seul homme s'avisa un jour de railler le saint: c'était un paysan qui ramassait ses pommes et agacé par les dévotions qui étaient faites au grand saint dont la statue lui faisait face, il prit alors une pomme et la lui lança au visage: mal lui en prit car son bras resta paralysé dans son geste, devint sec, roide et douloureux jusqu'à ce qu'il eût fait une neuvaine pour réparer ses torts et avouer son repentir.