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  • Rouen, capitale du canard au sang

    La haute vallée de la Seine conserve le souvenir littéraire, mais aussi gourmand, de Guy de Maupassant qui, sur son canot descendait le fleuve en ramant entre Paris et Rouen avec de judicieuses escales en d'heureuses auberges, cela conformément à son célèbre aphorisme: « il n'y a que les imbéciles qui ne soient pas gourmands »

     

    Rouen, au terme de sa croisière fluviale, lui fournissait l'occasion de prouver qu'il était à la fois gourmand et intelligent.

     

    Outre la gloire d'avoir enfanté le sublime Corneille, Rouen s'enorgueillit de spécialités culinaires qui vont de la soupe aux poireaux au célèbre canard au sang.

     

    La réputation de ce mets est due à la volaille elle-même provenant d'élevages de la région d'Yvetot. Ce canard est beaucoup plus gros que celui de Nantes, mais jouit d'une renommé aussi flatteuse. Cependant, le « rouennais » a un goût très particulier de gibier dû à sa mort par étoufeement, alors que ses congénères d'autres provinces sont saignés ou tués au fusil.

     

    La recette ancestrale du canard à la rouennaise est la suivante: l'animal est assaisonné, farci aux oignons, au foie et au lard, cuit au four. Il est servi avec une sauce rouennaise.

     

    Le canard au sang ou à la presse a été crée au début du XIX ème siècle par le Père Mechenet qui opérait au fourneau de son restaurant réputé rue de la Bourse à Rouen. La carcasse du canard est pressée dans une presse en argent et le jus qui en découle, rehaussé d'un excellent vin rouge et de vieux cognac, est versé sur les filets ou aiguillettes qui ont cuit dans une réduction d'un vin rouge corsé. Les cuisses sont servies grillées en escorte.

     

    Le canard à la presse doit son immortalité au Duc de Chartes qui, l'ayant savouré à Rouen chez Mechenet, en vanta les rares mérites au Tout-Paris de son temps.

     

    Le canard rouennais peut-être accomodé de nombreuses autres façons. Prosper Montagné en retient plus de vingt: chaude et froides, au chambertin, aux cerises, aux truffes en chemise, en salmis, en daube, en chaud-froid ou en tombale.

     

    Rouen revendique, outre son canard, d'autres curiosités gourmandes commes les pieds de mouton sauce poulette, le pied de veau farci, le poulet aux tripes, le Rohtinago qui désigne une préparation d'oeufs au plat cuits sur des tranches de jambon.

     

    La proximité de Dieppe donne à la table rouennaise de somptueux apports dont cette sole à la rouennaise ou les petits maquereaux ou la marmite dieppoise. N'oublions pas une charcuterie solide et odorante dont les moindres charmes sont la badine andouillette, le fricot de cochon et bien sûr le boudin noir avec sa garniture de pommes douces des vergers voisins, émincées et cuites au beurre normand.

  • Paysages de Normandie: La Seine-Maritime

    Des cinq départements normands, la Seine-Maritime est le seul dont le cadre géographique tout entier ait été inclus dans les premières limites du Comté de Normandie, telles qu'elles avaient été définies au traité de Saint-Clair-sur-Epte. Borné au nord par la Manche, à l'ouest par le cours inférieur et l'estuaire de la Seine, à l'est par la Bresle et l'Epte, il touche le département de l'Eure.

     

    Son caractère est triple, il est agricole, maritime et industriel. Une série de plateaux le composent, coupés de nombreuses vallées, profondes et verdoyantes, qui se terminent au nord et au sud, sur la mar et sur le fleuve, par des falaises à pic. Celles d'Etretat rongées par les flots sont célèbres. Et l'on sait quel merveilleux paysage recrée, à chacun des détours de la Seine, la grande muraille crayeuse qui en souligne les méandres.

     

    Dans les terres, on distingue quatres régions. Au sud-est, le Vexin Normand partagé entre la Seine-Maritime et l'Eure, est une étendue plate de grandes cultures qui prolonge le Vexin Français. Au nord-est, le Pays de Bray est très vallonné, riche en herbage et en forêts. Au nord-ouest, le Pays de Caux est un plateau sec où l'on pratique, la moyenne culture. Sa monotone étendue est coupée, par des levées de terre de plan rectangulaire sur lesquelles sont plantés des arbres de haute tige qui protègent des vents du large. Enfin, le Roumois, pays de forêts, forêt de Brotonne, forêt de Roumare, forêt de Rouvray, forêt de La Londe, à travers lesquelles la Seine dessine ses dernières boucles avant de se jeter dans la mer. Le type des fermes varie peu. Ce sont des maisons en pans de bois avec assises en brique ou en grès, d'un aspect typiquement normand. Toutefois sur les bords de la Seine, les constructions sont en calcaire comme le terrain sur lequel elles s'élèvent. Les habitations sont en général, rassemblées en villages dans le Vexin et le Pays de Bray. Elles sont dispersées en ilots groupés autours des puits ou des citernes dans le Pays de Caux.

     

    La côte est rectiligne et n'abrite que de rares ports de pêche. Quelques-uns sont devenus, depuis le début du XIX ème siècle, des stations balnéaires. Ce sont Le Tréport, Veules-les-Roses, Saint-Valéry-en-Caux, Yport, Etretat, Fécamp dont le passé séculaire s'énorgueillit d'un château ducal et d'une illustre abbaye. Dieppe qui eut un rôle considérable au XVI ème siècle, et qui est resté un port de transit avec l'Angleterre. Le Havre est le plus grand port de la Manche, fondé par François Ier à la limite de l'estuaire.

     

     

    Si l'on s'en tenait à la seule lecture de la carte, on pourrait juger que la Seine, vers la fin d'un parcourd, du reste assez court en bordure du département, n'a pour lui que la valeur d'une frontière. C'est un obstacle, en effet qui a gêné les relations entre les pays situés de part et d'autre de ses rives. Mais c'est en même temps le principe et le centre d'une région distinctes. Voie d'invasion, que les Scandinaves ont utilisée et vers laquelle les forces ennemies se sont souvent ruées pour tenter d'investir Paris. Elle n'est plus seulement un chemin d'eau qu'utilisent les transports fluviaux. Elle retient et elle fixe en Seine-Maritime des activités multiples. Tout le long de son cours des témoins subsistent attestant le rôle qu'elle joua dans le passé, depuis le Néolithique, puis l'époqu gallo-romaine avec Lillebonne, puis le Moyen-Âge avec les grandes abbayes de Jumièges et de Saint-Wandrille.

  • Histoire de Normandie: Les tire-bouchons de Rouen

    Il ne s'agit pas d'un instrument, mais d'un homme. Le tire-bouchon rouennais comme le graisseux et le pirate de Robec, gagne sa vie dans l'eau et il la gagne même assez largement.

     

    Il est bien au courant des heures de la marée et, selon ces heures, il monte ou descend avec la Seine. Tantôt en amont du nouveau pont, mais le plus souvent en aval. Il affectionne les endroits où le fleuve forme un coude brusque; il adore les roseaux dont les tiges réunies forment pour lui une sorte de grillage naturel; mais sa prédilection est pour les petites baies temporaires engendrées sur les quais par les travaux du port. C'est là que le courant dépose les bouteilles vides et les bouchons. Notre homme n'a qu'à les ramasser et, comme il y a beaucoup d'ouvriers travaillant aux alentours, la récolte est toujours des plus fructueuses.

     

    A Rouen, ce métier est d'ordinaire un petit supplément, une sorte de cumul pour les ouvriers des quais employés à décharger les navires. Quelques-uns cependant, les « purs », se contentent de ce seul genre d'existence, qui ne doit pas engraisser outre mesure les pauvres hères.

     

    On distingue deux sortes de tire-bouchon, les grands et les petits. Les seconds n'ayant pas toujours de dominicle et gênés de leurs richesses, les cèdent à bas prix aux premiers.

     

    Ceux-ci possèdent une chambre en vulle dans un quartier excentrique. Ils jettent dans un même panier tous les bouchons semblables. C'est une véritable sélection. Puis, ils font un second tri et mettent de côté les morceaux de liège pouvant servir sans être transformés. Ces bouchons se débitent à bon marché et trouvent toujours beaucoup d'acheteurs. Les autres bouchons, ceux qui sont percés, coupés, usés, salis, sont hachés avec des instruments spéciaux, et devienent selon leurs dimension, leur qualité, leur forme, d'excellente marchandise pour les pharmaciens ambulants, les camelots, les marchants d'orviétan, les fabricants de colle.

     

    Ils servent aussi à la fabrication de ceintures de natation; ils ferment ces petits flacons de liqueurs contenant à peu près dix gouttes de liquide et qui se vendent aux enfants.

     

    Avec les rognures ont fait cette sorte de fermeture imperméable qui unit le tuyau de certaines pipes communes au fourneau; on fabrique également des petits carrés imperceptibles que les collectionneurs d'insectes collent au fond de leurs boîte pour pouvoir y piquer l'épingle indicatrice de leur grand-paon ou de leur pyrètre.

  • Personnage de Normandie:Delacroix à Dieppe

    Delacroix passait ses vacances à Valmont près de fécamp. Plus tard et particulièrement à la fin de sa vie quand il fut malade, il alla souvent à Dieppe accompagné de sa fidèle gouvernante Jenny.

     

    D'abord il aimait la mer, mais il y trouvait surtout la solitude.

     

    «Dieppe est adorable, on n'y rencontre personne! » écrivait-il

     

    Il a pris au jour le jour des notes de ces retraites quelques peu maussades et désabusées mais où l'on retrouve l'œil du peintre.

     

    Le 25 août 1854, il confie dans une lettre:

     

    « J'ai loué un roman de Dumas, et avec cela j'oublie quelquefois d'aller voir la mer. Elle est superbe depuis hier: les vents vont commencer à souffler et nous aurons de belles vagues. Je fais une cuisine excellente. J'ai trouvé dans mon logement un fourneau dans le genre du vôtre, et j'ai pris une passion pour tout ce qui sort de ce fourneau. Quant au poisson et aux huitres, aux tourteaux et aux homards, ils sont incomparables.

    Voilà la vie que je vais mener quelques temps; je ferai sans doute quelque excursions aux environs, mais mon quartier général sera toujours sur le quai Duquesnes. Il faut conjurer comme on peut les fantômes de cette diable de vie qu'on nous a donné, je ne sais pourquoi, et qui devient amère si facilement, quand on ne présente par à l'ennui et aux ennuis un front d'acier. »

  • Histoire de la Normandie: Le drap d'Elbeuf

    Le 23 novembre 1684, les maitres drapiers d'Elbeuf se plaignent devant le Bailli des « maitres de Sedan, Abbeville et Carcassonne » lesquels, voulant imiter les dites manufactures d'Elbeuf, font des marchandises approchantes qu'ils vendent indistinctement.


    La fabrication des draps d'Elbeuf est renommé depuis le Moyen-Âge et, aux XVII ème siècle, Colbert a instauré la Manufacture d'Elbeuf, groupant les tisserands de la région avec garantie et contrôle de l'Etat ce qui fonde la plainte des Drapiers d'Elbeuf contre ceux de Sedan, d'Abbeville et de Carcassonne.


    Cette industrie va se regrouper dans l'agglomération après l'arrivée de la machine à vapeur, et poursuivre son activité pendant tout le XIXème siècle et même jusqu'à la Grande Guerre où le Drap d'Elbeuf, relayant les filatures du Nord occupées, va habiller les « poilus » en Bleu Horizon.

  • Histoire de la Normandie: Le Havre, Ville Martyre

    Le-Havre-detruit-10.jpg

    Le Havre a connu, le 31 juillet 1944, son cent-dix-huitième bombardement depuis le début de la seconde guerre mondiale en mai 1940.

    A la fin du mois d'août, alors même que la bataille de Normandie est jouée et que ce qui reste des armées allemandes se replie au nord de la Seine, Le Havre forme encore un puissant camp retranché. Malgré les ordres réitérés de l'occupant, des dizaines de milliers d'Havrais sont restés dans leurs maisons, estimant que la guerre a enfin fini de frapper leur cité.


    Hélas le pire reste à venir. Le 5 septembre 1944, en fin d'après-midi, 348 bombardiers écrasent le centre du havre sous les bombes incendiaires et explosives.

    La ville brule. Six nouvelles vagues d'appareils continuent la sinistre besogne le lendemain.

    De nouveaux bombardements ont lieu encore les jours suivants. Le Havre est rayé de la carte à 90%. trois milles personnes ont été tuées

    Le 12 septembre, 7 jours après ce bombardement massif, Le Havre est libéré par les Anglais

  • Histoire de la Normandie:La mariée Normande

    mariée normande, reconstitution.JPG légende de la photo: reconstitution d'un mariage traditionnel Normand

    Autrefois en Normandie, la mariée portait une tenue sombre le jour de ses noces.

    Le matin même, une couturière venait dans la chambre de la jeune fille pour l'aider à s'habiller. La mère de la mariée, les jeunes filles amies et la reine de l'année (la catherinette élue) étaient également présentes.


    Un petit miroir et une rose blanche que l'on appelait les reliques étaient glissés dans son chignon, derrière la coiffe.

    Symboles de sa virginité, la mariée les accrochait après sa nuit de noces à la tête du lit conjugal.

  • Histoire de la Normandie: L'émeute de Germinal à Rouen

    L'émeute de Germinal à Rouen


    De novembre 1794 au début de l'année 1797, la ville de Rouen connait certainement l'une des famines les plus graves qu'elle ait eu à subir au long de son histoire.

    Comme d'habitude, la pénurie est sélective, s'abattant d'abord sur les masses populaires.

    Le 2 avril 1795 et les jours suivants, l'agitation s'empare de la rue, d'abord près des boulangeries.

    L'émeute, qui s'amplifie et qu'attisent les royalistes, se tourne vers les riches et vers les Parisiens qui prennent tout. La Garde Nationale refusent d'intervenir.

    Et les riches d'essayer de tourner la colère populaire vers les responsables municipaux. Et ceux-ci d'accuser les « Terroristes » (partisans de la Terreur) et les Jacobins, alors que, dans la rue qui a faim, on se prend à regretter ce temps où le pain était fixé à un prix maximum, comme le pain d'arrondissement qui ne va plus être désormais accordé qu'aux indigents «officiels».

    Ce n'est que lentement que la situation se redresse et que les prix du marché libre s'orientent à la baisse, à commencer par ceux du pain, produit essentiel entre tous.