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sénéchal de normandie

  • Histoire de Normandie: Robert de Flocques

    Au contraire de Charles de Navarre qui brillait par ses qualités de l'esprit et ne parut jamais à la tête d'une armée. Robert de Folcques fut un guerrier dont les exploits remplirent le règne de Charles VII. Il peut même être considéré comme un chef de guerre typique du XV ème siècle.

     

    Cela veut dire qu'à l'instar des capitaines de l'armée Royale à commencer par Dunois, La Hire et Poton de Saintrailles, il a commandé des troupes qui commirent mille exactions, assurément capables de soulever l'indignation des gens du XXI ème siècle, mais qui étaient courantes à l'époque. Rien qu'à ce titre, s'il était jugé à l'aune de notre éthique contemporaine, il serait honni.

     

    Mais avec l'oubli, grâce à la façon dont on a écrit l'histoire et surtout grâce à ses victoires, car le fait militaire a été hautement déterminant pour l'avenir de la France. Robert de Flocques est sorti grandi de l'épreuve du temps.

     

    Issu d'une modeste lignée d'écuyers dans le village de Flocques près de Dieppe, Robert dit Floquet, se meut très tôt dans un univers hostile au Lancastre qui, en tant qu'héritier du royaume de France et descendant de Jean sans Terre, prétend être le souverain légitime du Duché de Normandie. Abondonnant son fief, il choisit de se rallier à celui que, par dérision, on appelle le roi de Bourges.

     

    Au contraire de Charles de Navarre, il se révèle donc comme ayant été un ferme partisan du roi de France dans ses guerres contre les Anglais et, de ce fait, chroniqueurs, historiographes et historiens vantent son comportement héroïque et patriotique.

     

    Tous ces éloges sont mérités. C'est grâce à lui, que le vendredi 15 septembre 1441, soit huit ans avant que le reste de la Normandie soit libérée de l'occupation anglaise, la ville d'Evreux fut remise sous l'autorité du roi de France. L'escalade de la muraille de la porte Chartraine, grâce à la connivence de deux pêcheurs, aurait mis la ville à la merci des assaillants, tandis qu'une brèche secrètement pratiqué dans l'épaisseur du rempart romain permis à Floquet de se rendre maître de la cité.

    Cet exploit accompli en pleine zone d'occupation anglaise, et dont les verrières de la cathédrale d'Evreux perpétuent le souvenir de Flocques d'être fait sur le champ bailli d'Evreux, le roi de France jugeant « qu'il fallait donner le commandement de cette ville à celui qui avait eu la gloire de la prendre. ».

     

    De 1441 à 1461, soit pendant vingt ans, Floquet exerce les fonctions de bailli et de capitaine d'Evreux. A ce titre, au fil des siècles, il figure sûrement parmi les administrateurs ayant eu le plus longtemps en charge les destinées de la Cité.

     

    Dans la plupart des chroniques du XV ème siècle, la ville d'Evreux ne se trouve citée que parce que Robert de Flocques en était le bailli. Capitaine de la ville, Floquet eut aussi l'insigne honneur d'être l'un des quinze chefs de guerre, qui en mai 1445 furent triés sur le volet pour être promus capitaines des Compagnies de grandes ordonnances. A ce titre, Robert de Flocques se voit confier le commandement de cent lances, c'est-à-dire d'une troupes de 300 cavaliers, 100 hommes d'armes, 200 archers, et assistés de 100 coutilliers et 200 pages.

     

    C'est à la tête de sa compagnie qu'il participe en 1449-1450 au recouvrement de la Normandie, où de Pont-de-l'Arche à Formigny, il se distingue sur presque tous les champs de bataille prenant aussi par ruse plusieurs villes fortes et maints châteaux.

     

    Ce qu'on découvre en se lançant sur ses traces, c'est que Robert de Flocques a bataillé aussi dans presque toutes les provinces de France:

    • en Picardie

    • en Bourgogne

    • en Champagne

    • en Saintonge

    • en Auvergne

    • aux confins de la Bretagne

    • aux abords des Pyrénées.

     

    Il a aussi combattu en Lorraine, Luxembourg et en Angleterre.

     

    C'est à Sandwich dans le Kent, en août 1457, qu'il fut fait chevalier par le Sénéchal de Normandie.

     

    Devenu Maréchal héréditaire de Normandie, puis conseiller et chambellan du Roi, il s'éteignit à Evreux, le 7 décembre 1461, et fut inhumé à l'abbaye du Bec. Non loin de là, la belle dalle tumulaire déposée dans la petite église de Boisney perpétue son souvenir.