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ruralité

  • Dictons normands du mois de septembre

     

    • Mois de septembre pluvieux, an fructueux

    • Septembre se nomme le mai de l'automne.

    • Pluie de Saint Gilles ruine les glands

    • En septembre, s'il tonne la vendange sera bonne.

    • En septembre pluie fine est bonne pour la vigne

    • En septembre, il fait bon être tout le jour dans la campagne.

    • En septembre, si l'osier fleurit le raisin mûrit.

    • En septembre sois prudent, achète bois et vêtements.

    • À la Sainte Croix, cueille tes pommes.

    • De Sainte Croix à Saint Michel, la pluie va dévaler du ciel.

    • Si Saint Renaud est pluvieux suivent neuf jours dangereux.

    • Froid de Sainte Nadège annonce pour bientôt la neige.

    • Quand vient la Saint Matthieu, l'été adieu :

    • A la Sainte Justine, toute fleurs'incline.

    • Étoiles filantes en septembre, tonneaux trop petits en novembre.

    • Pluie de Saint Michel sans orage, d'un hiver doux est le présage.

    • La Saint Jérôme venue, sors ta charrue

  • Histoire rurale de la Normandie.

     

    Les toponymes celto-romains, francs et scandinaves, attestent, par leur nombre, de l'ancienneté de la mise en valeur agricole de la Normandie, notamment, dans le Pays de Caux, le Roumois, la plaine de Caen et le Cotentin.

     

    Du XI ème au XII ème siècle, les défrichements se multiplient, ouvrant dans les massifs forestiers de vastes clairières le long de hameaux-rues, aux parcelles laniérées et les boëls.

     

    Les guerres du XIV ème et XV ème siècles ne laissent aucun répit à la Normandie, et déterminent ici plus qu'ailleurs une profonde récession qui se prolonge par les guerres de religion du XVI ème siècle.

     

    Mais, dès la période ducale, la Normandie est fameuse par sa richesse agricole. Les bons rendements en blés et les troupes de moutons des plaines, les chevaux et parfois les bovins des plus riches seigneuries, les nombreux élevages de porcs des forêts et des landes se combinent pour assurer à la province normande cette réputation flatteuse que n'oublieront plus jamais les responsables des finances royales.

     

    Cependant au début du XVIII ème siècle, l'agriculture normande apparaît bien médiocre. Sur les sols pauvres du massif ancien, les landes occupent de vastes espaces et dans les terres cultivées, le seigle, l'orge et le sarrasin alternent avec des jachères intensifs: une année sur trois, la jachère remplace le blé et l'avoine.

    Partout sauf dans le Cotentin, le Pays d'Auge et le Pays de Bray, l'élevage se limite à quelques étables de mauvais bovins et à des troupes de moutons dont la laine est de médiocre qualité.

     

    À partir du XVIII ème siècle, tandis que l'augmentation générale de la population impose une intensification des systèmes, le développement des villes de la Basse Seine et de Paris crée un vaste débouché pour les produits de l'élevage. Dans le Pays de Caux, à l'imitation du système anglais, des cultures fourragères remplacent la jachère et permettent un développement de l'élevage tout en améliorant les rendements céréaliers. Ainsi se trouve crée un système très intensif, associant culture et élevage qui va s'imposer dans la plus grande partie des plaines de la Normandie orientale.

     

    Ailleurs et notamment autour des vieux marchés d'Isigny, de Livorat, de Pont l'Evêque, de Neufchâtel et de Gournay, réputés pour leurs beurres ou leurs fromages, les produits de l'élevage retiennent seul l'intérêts. En effet, les sols argileux du Bessin, du Pays d'Auge et du Pays de Bray se prêtent mal aux labours alors que les herbages peuvent y être remarquables.

     

    Dans ces trois pays de Normandie s'impose dès le XVIII ème siècle, une économie exclusivement herbagère. Jusqu'en 1940, celle-ci ne va cesser de s'étendre, remplaçant les labours de proche en proche, jusqu'à occuper la plus grande partie de la Normandie occidentale. L'élevage auquel il faut ajouter les céréales et les cultures industrielles des plaines orientales, redonnent à la Normandie, sa vieille réputation d'opulence.

     

  • Culture de Normandie:Les Maisons de Bois

    Dans les vieilles maisons de bois

    Qu'on voit au milieu des herbages

    Habitent les enfants des sages;

    Les coeurs sont sains, les esprits doits,

    Dans les vieilles maisons de bois.


    Aux faîtes des maisons de bois,

    On voit pousser les graminées;

    L'iris, frangeant les cheminées,

    D'astres bleus constelle les toits

    De nos vieilles maisons de bois.


    Autour de nos maisons de bois,

    Les verts pommiers bordent la route;

    On entend la vache qui broute,

    Et son souffle effleure parfois

    Le seuil de nos maisons de bois.


    Dans nos vieilles maisons de bois,

    Le beurre est d'or, le cidre est d'ambre;

    Mai rît aux éclats, mais novembre

    Me semble aussi gai quand je bois

    Dans nos vieilles maisons de bois.


    Dans nos vieilles maisons de bois,

    Les quenouilles sont délaissées;

    Mais les aiguilles empressées

    Piquent encore de jolis doigts

    Dans nos vieilles maisons de bois.


    Dans nos vieilles maisons de bois,

    On soigne son corps et son âme;

    Et sur le pain que l'on entame,

    On fait le signe de la croix,

    Dans les vieilles maisons de bois.


    De leur vieille maison de bois,

    Quelques-uns, pour faire fortune,

    Sont partis à l'heure opportune

    Et pensent encore parfois

    A leur vieilles maisons de bois.


    Loin des vieilles maisons de bois,

    D'autres se sont ennuyés vite

    Et, tôt, sont revenus au gîte,

    Contents de mourir villageois

    Dans leurs vieilles maisons de bois.


    Gustave Le Vavasseur, poète normand, né à Argentan en 1819.