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roman-feuilleton

  • Ecrivain de Normandie:Maurice Leblanc

    par Caroline

    "On reste de Rouen toute sa vie alors même qu'on n'est plus à Rouen. Pour moi, être fou c'est aller à Quatre-Mares. La prison c'est Bonne-Nouvelle et la foire c'est la Saint-Romain. Si l'on ne comprend pas toujours Rouen, on s'en imprègne et l'on en demeure imprégné." Confie un jour Maurice Leblanc à son ami André Maurois.

     

    De fait l'écrivain est profondément Normand. Né le 11 novembre 1864 à Rouen, dans une famille bourgeoise, fils d'un riche négociant de Charbon, le jeune Maurice entre au service d'amis de son père qui tiennent une importante usine de cadre dans la métropole Normande. Mais le démon de l'écriture le hante.

    En 1885, Leblanc monte à Paris, avec l'absolution d'un père qui se résout à le voir taquiner la muse, fréquenter le fameux cabaret "Le Chat Noir" et commencer dans divers quotidiens de la capitale une carrière qui s'avère prometteuse.

    Au point que Jules Renard, Alphonse Daudet,  Stéphane Mallarmé et son compatriote Guy de Maupassant lui-même le protègent et l'encouragent. Lorsqu'il courtise pas les routes de Normandie sur un vélocipède, Maurice Leblanc écrit ,avec frénésie, son autobiographie " L'entousiaste" et son roman " Voici des ailes", un livre leste et sportif arborant sur la couverture une jolie cycliste en topless lui valent les égards de la profession.

     

    Mais c'est en 1905 que son destin littéraire bascule, lorsque Pierre Laffite, le directeur du journal "Je suis tout", lui commande un roman-feuilleton, genre très prisé dans la presse de l'époque.

    "L'arrestation d'Arsène Lupin" connait un triomphe immédiat. le "gentleman cambrioleur" qui emprunte ses méthodes, son habilité et son fair-play au voleur-anarchiste "Marius Jacob" qui défraie alors la chronique en multipliant les actions contre ceux qu'il nomme "les parasites", patrons, juges, militaires, va dès lors supplanter son "père" au hit-parade de la célébrité.

     

    L'aventure de Lupin qui, pour Leblanc devait être éphémère trouve de multiples rebondissements, sous la pression d'un lectorat qui renonce à voir son "héros" moisir en prison.

    Plus chanceux que son "modèle" Marius Jacob qui pendant 23 ans goute aux délices du Bagne, Arsène Lupin multiplie, depuis son repère, l'aiguille creuse d'Etretat, des larcins au style galant et aristocratique.

    En 1910, Maurice Leblanc fermement décidé à tuer son héros, et doubler par sa créature de papier qui triomphera dans seize romans, trente-sept nouvelles et quatre pièces de théatre dont le petit et le grand écran ne tarderont pas à s'emparer.