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régiment de hussard

  • Les combats sur l'Eure du 11 et 12 juin 1940

    LES COMBATS DE COCHEREL DU 11 ET 12 JUIN

    C'est en ce paisible et riant village de l'Eure, à Cocherel ou naquit Aristide Briand, le démagogue de la paix, aux pieds même de sa statue, que devait se dérouler dans la journée du 11 et 12 juin 1940, les combats les plus sanglants de la campagne de l'Ile de France. Venons au faits.

    Le 11 juin dans la matinée, le 1e escadron, commandé par le lieutenant Pottier, et dont le peloton (lieutenant Chaperon) est resté à la disposition du général commandant la division, reçoit l'ordre de se porter successivement sur Vaux, puis de pousser sur Cocherel, afin d'y assurer la défense du pont et de ses abords.
    A Vaux, l'escadron prend liaison avec une patrouille du 6e cuirassier qui s'y trouve. Les renseignements recueillis sont très imprécis, des civils prétendent avoir vu des allemands à Jouy. Le lieutenant Pottier envoie immédiatement la patrouille du 6e cuirassiers dans cette direction. Puis une autre patrouille reçoit pour mission d'aller reconnaître Cocherel, dont la vue et cachée par un rideau d'arbres, à 500 mètres de là. Arrivé à proximité de ces bosquets, elle est arrêtée par des rafales d'armes automatiques provenant des hauteurs qui couronnent la rive droite de l'Eure et le village. Cependant, aucun ennemi n'est visible. Poursuivant la mission reçue, le lieutenant commandant, après avoir fait garer ses side-cars sous les arbres du village de Vaux, donne l'ordre au sous lieutenant Albert de se rendre avec sont peloton au pont de Cocherel, en utilisant les couverts de la rive gauche de l'Eure. Lui-même se porte avec le sous-lieutenant Carissimo et son peloton dans la même direction, mais en empruntant un itinéraire différent. Au cours de l'avance, des rafales passent de mitrailleuses très au dessus de hommes. L'ennemi devine plus qu'il ne voit, tir au jugé.

    Bientôt, arrive le capitaine Baillet qui vient aux renseignements et qui accompagne le peloton Carrissimo jusqu'au pont. Ce dernier et désert, mais très exposé aux vues des crêtes environnantes. Des matériaux gisent à quelques pas, ils vont servir à élever des barricades. A ce moment, le capitaine Baillet, en se retournant aperçoit la statue d'Aristide Briand qui, avec ironie, semble présider aux travaux. « dire que c'est à cet apôtre-là que nous devons d'être ici », lâche avec écœurement le capitaine. Un F.M est mis rapidement en batterie au bord de la rive et dans l'axe du pont. Un groupe de combat a franchi la route et s'installe au nord ouest. Le maréchal des logis Joly, qui le commande, s'apprête à le rejoindre, à peine s'est-il élancé qu'une rafale de mitrailleuse, le cloue au sol. Son sang ira fouetter la statue. Une deuxième rafale troue le casque du capitaine Baillet, fou de colère, celui-ci s'empare d'un mousqueton et tire dans la direction de l'emplacement de l'arme ennemi. Le lieutenant Pottier, en fait autant avec un F.M et les hommes suivent leur exemple. Plus loin, le peloton Albert, ouvre également le feu sur des allemands qui ce retirent à travers de jardins de la rive droite. Le maréchal des logis Joly est évacué, le capitaine Baillet repart porter les renseignements au commandant Amanrich. A peine est-il quitté l'escadron que les 77 et les minenwerfers entrent en action. les obus viennent s'abattrent autour du pont. L'ennemi qui, des hauteurs, a repéré, ajuste et amplifie sont tir. Le peloton Carissimo risque d'être anéanti sans pouvoir être employé efficacement. Le lieutenant Pottier décide de revenir aux bosquet situé en deçà de la voie ferrée. Le mouvement, pour échapper au vue de l'ennemi, se fait par l'Eure, dont le niveau et très bas. Quelques rafales viennent néanmoins frapper l'eau à peut de distance. L'une d'elle arrache le F.M des mains du lieutenant. Les balles font un bruit semblable à celui que feraient de grosses gouttes de pluie tombant dans un bassin. Personne ne manque sur la nouvelle position que vient de rejoindre le peloton Albert. Le repli est de courte durée. L'ennemi s'infiltre de tous les côtés et bientôt le combat reprend plus violent et plus meurtrier. Les hommes tirent sans arrêt. Le sous lieutenant Albert doit à son intervention personnelle le sauvetage d'un groupe de combat qui va être fait prisonnier. Deux blessés et deux disparus. Cependant l'effectif des deux escadrons font d'un gros tiers. Les blessés sont emmenés. A ce moment, un bruit de tonnerre ce fait entendre ; un Pozer 63 passe comme un bolide à 20 mètres au dessus de nous, poursuivit par deux messerschmidt 109. lui aussi à chaud !!! . le jour décline, passer la nuit à cette endroit, c'est la capture est inévitable. Le peloton du sous lieutenant Bonnaud ( 3e escadron) est à 200mètres en arrière et occupe également une mauvaise position. Le lieutenant Pottier et le sous lieutenant Bonnaud décident de s'installer en point d'appui cerclé a Vaux, en mettant toutes leurs ressources en commun. Là, au moins, ont tiendra le coup






    LES COMBATS DE COCHEREL DU 11 ET 12 JUIN

    Au cours, de la nuit du 11 au 12, le commandant Amanrich est venu se rendre compte de la situation et a donné l'ordre au lieutenant Pottier de reprendre coûte que coûte Cocherel et le pont le 18 escadron ( lieutenant Chaperon) rejoindra l'escadron 6 chars de Somua (lieutenant coupé) prendrons part à l'attaque. L'opération doit se faire des que les renforts arriverons.
    Au lever du jour, arrivent successivement , les chars et le 1e peloton. Le lieutenant Pottier, met au courant le lieutenant Coupé au courant de la situation, et lui demande de faire copieusement arroser les taillis au ours de la progression.

    Les divers éléments d'attaque sont rapidement en place. L'ordre et donné ; les Somuas débouchent, l'escadron à pied les suit, en utilisant le plus possible les couverts existant. Le lieutenant commandant marche devant le peloton du centre est à proximité du char du lieutenant Coupé. Les deux Somuas de tête fouillent les buissons de leurs rafales de mitrailleuses. Aucune réaction de l'ennemi. Puis, ils abordent et pénètrent dans le village. Même silence de l 'ennemi.. l'infanterie approche, elle aussi est atteint le remblai de la voie ferrés puis le franchit. L'escouade de tête du lieutenant Chaperon est entrée dans le village et doit se trouver près du pont. Le lieutenant commandant, revolver au poing, s'apprête à bondir en avant. Tout à coup, à 30 mètres devant lui, derrière un muret de jardin, se découvre un groupe d'allemands encadrant une mitrailleuse. A peine a-t-il le temps d'esquisser un geste, que le lieutenant Pottier tombe grièvement blessé, sous une longue rafale de mitrailleuse ( 4 balles l'ont atteint au bassin. Comme si c'était là le signal convenu, immédiatement après s'abat sur l'escadron et sur les chars une grêle de balles et d'obus venant principalement des hauteurs avoisinantes et des maisons situés sur la rive droite. Nos chars répliquent : le 47 et la 7,5 crépitent, l'escadron utilise ses F.M au maximum .le peloton Chaperon réussit à atteindre son objectif, occasionnant de grosses pertes à l'ennemi, qui se replie de l'autre côté en lançant des grenades. Des deux côtés, ont entend es cris de rages et des hurlements de douleurs.

    Au plus fort du combat, l'agent de transmission Couvreux narguant les balles, n'hésite pas, à se porter vers sont lieutenant commandant, lui donne à boire, essaie de panser ses plaies, mais il à trop à faire. Il retourne à la bataille en lui promettant de le venger. Sur c'est entrefaites, le capitaine adjoint Bonamy est arrivé sur le terrain de combat, des renseignements sont nécessaires à son chef, il vient les chercher. Mais le 1e escadron, dont il vient de quitter le commandement pour prendre son nouveau poste. Son cœur reste attaché à ses hommes et le lieutenant Pottier ne l'à pas quitter depuis sont arrivé au régiment. C'est vers lui qu'il se dirige aussitôt, méprisant les rafales qui s'abattent alentour. Parvenu à proximité, il lui prodigue des paroles d'encouragements et le félicite de sa conduite . cependant l'endroit est terriblement exposé. Le lieutenant Pottier, étendu, reçoit encore une balle qui lui troue la poitrine. D'autre part, il n'y à plus d'officiers ; deux chefs de peloton, le lieutenant Chaperon et le sous lieutenant Carissimo sont tombés à leur tour, le second mortellement blessé, le sous lieutenant Albert a fortement à faire à l'aile gauche du dispositif ou les baïonnettes des dragons font merveilles. Bonamy reprend de lui même le commandement de son ancien escadron. Il veut traverser la route pour donner des ordres à Gaumé, son adjudant, mais il s'écroule aussi, blessé à mort « m.... , ils m'ont touché », dira-t-il en tombant. En même temps que ses chefs, peu à peu l'escadron est décimé, mais il tient toujours, et il tiendra encore.... L'esprit du « grand Charles » et de son « terrible neveu» souffre en lui.(1), esprit de lutte et de sacrifice, l'escadron ne se repliera que lorsque, l'ordre lui en sera donné. Celui-ci est arrivé, il faut maintenant décrocher. Des hommes sont là, à proximité des blessés, ils s'interrogent du regard ; nos officiers ? un char se repli en tirant, par malheur il ne voit pas le lieutenant Pottier et se dirige sur lui. Va-t-il l'écraser ? non au dernier moment, rassemblant un peut de vie, le lieutenant lève son casque. Le chef de voiture l'aperçoit est fait stopper. Le portillon s'ouvre, alors sans fièvre, pieusement, au mépris des coups qui continuent à pleuvoir, l' adjudant Gaume, le maréchal des logis-chef Damien et des volontaires, saisissent les corps de leurs chefs, les déposent côte à côte, le capitaine et son fidèle second.

    A Cocherel, le 1e escadron a lutté jusqu'au bout de ses forces : 10 tués, 45 blessés, sur un effectif de 78 hommes, contenant pendant vint quatre heures un ennemis dix fois supérieur en hommes et en matériel de toutes sortes, occupant d'autre part, une position privilégiée, que les chasseurs d'Evreux connaissent bien