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promenades

  • extrait de Promenades en Normandie avec Jules Barbey d’Aurevilly

    source: Robert CHOUARD, Promenades en Normandie avec un guide nommé Jules Barbey d’Aurevilly, Charles Corlet, 1989, p. 23.

    « Très tôt, deux des passions qui devaient embraser toute son existence se sont déclarées : la rage d’écrire et la folie des femmes « Les oreillers de chair fraîche »… Malgré tous ses défauts – et ils furent immenses ! -, malgré sa morgue, sa suffisance, son orgueil, Barbey d’Aurevilly en tant qu’homme a plus d’un côté sympathique. Grand viveur, bon vivant et voluptueux, se surnommant lui-même « le prince des ribauds », il a commis tous les excès. Il adorait les femmes et elles le lui rendaient au centuple : les bien-aimées, les maîtresses, les passades, les simples rencontres, les amies…

    Mais celle à laquelle il fut fidèle toute sa vie, celle qu’il avait surnommée « la maîtresse rousse », ce fut… le calvados ! « Ce breuvage normand que j’ai tant bu et qui vient d’une fleur blanche et rose ». « En fait de péchés et de taches, je suis constellé comme un léopard. » Alors, pardonnons-lui puisque c’est l’emblème de la Normandie !

    Mais ce qui rend encore plus humain Jules Barbey d’Aurevilly, c’est sa pauvreté. Aucune complaisance ni dans sa vie, ni dans son œuvre : avec lui, ni Rastignac, ni Bel Ami. Pas d’affairisme ! Pas d’arriviste ! L’argent ne compte pas. Ses héros ne sont motivés que par leur passion, tout comme leur créateur. Lucien Descaves nous raconte dans ses souvenirs comment, s’étant rendu au « Tournebride» de Barbey, 25, rue Rousselet, il trouva celui-ci : « Assis au coin d’une table encombrée, trempant des mouillettes dans un bol de bouillon, et tel était son grand air, sa noblesse de geste et d’attitudes, qu’il semblait plutôt tremper un biscuit dans un verre de champagne… »