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préhistoire

  • Histoire de la Normandie : une sépulture mésolithique à Val de Reuil

    Cette sépulture de grande dimension, était constituée d'un remplissage complexe. Elle renfermait les restes de deux individus. Le premier, en position remaniée, témoignage de la réutilisation de la sépulture. Le deuxième corps a été daté au carbone 14 et l'inhumation est datée vers 8297-7037.

     

    le mobilier associé à la sépulture apparaît pauvre : quelques silex taillés.

     

    La sépulture était surmontée d'un foyer rituel composé de restes d'ossements d'animaux brûlés : crânes et bois de cerfs et de chevreuils, crâne d'un grand bovidé avec ses cornes, crâne d'un sanglier, membre antérieur d'un castor.

     

    On peut comparer cette sépulture avec celles de Tréviec et de Hoëdic en Bretagne ou de Vedbaec au Danemark.

  • Histoire de Normandie: Des abris préhistoriques près de Vernon

    Dans les bois de Mestreville, se trouvent des abris sous roches situés à mi-côte entre la route nationale de Paris à Rouen et la crète dominant la vallée de la Seine, entre la commune de Saint-Pierre d'Autils et le hameau du Goulet.  

     

    Ces abris dont la pierre est un calcaire pénétré de silex appartenant à l'âge sémonien ont été fouillés par M. Poulain, archéologue en 1902,1903 et 1904. ils sont au nombre de quatre.

     

    1. Abri du Mammouth: situé approximativement à 30 mètres au-dessus du niveau de la Seine, formé par une muraille rocheuse d'environ 5 mètres de haut sur 7 mètres de long. Le sommet est très épais avec anfractuosité: il s'avance en surplomb et forme une cavité d'environ 2mètres de profondeur.

      Une première fouille fit découvrir à 1m 30 de profondeur dans une couche argilocalcaire très compacte, une dizaine de lames en silex, des fragments d'ossements et de corne de renne; cette couche variait en épaisseur de 40 centimètres à 80 centimètres.

      La continuation des fouilles à 1m70 de profondeur amena la découverte d'un tibia d'éléphans primigenius long de 60 centimètres. Tout près se trouvait un petit foyer de 30 centimètres de diamètre resserré entre deux pierres portant des traces de feu.

      La paroi du rocher près de cet abri, ayant été déblayée des éboulis, M.Poulain découvrit une plate-forme horizontale d'environ 20 mètres carrés sur laquelle furent ramassés: une pointe mousterienne non retouchée, des éclats et une stapule en os de 12 centimètres. Non loin de là fut trouvé un couteau à soie.

    2. Abri du squelette néolithique: distant environ de 20 mètres du précédent; ouverture de 4 mètres de haut avant les fouilles, formé par des rochers en saillie d'environ 10 mètres de long.

      A un mètre de profondeur, M. Poulain découvre un foyer circulaire, amas de cendres et de charbons de 1 mètres de diamètre et de 25 centimètres de hauteur, des quantités d'éclats de silex et des instruments paraissant être l'outillage nécessaire à la fabrication de poterie néolithique. Un second abri, au niveau des cendres était obstrué de grosses pierres et contenait un squelette humain reconnu pour être celui d'une femme ayant sensiblement dépassé l'âge adulte. Les pierres posées en avant du squelette comme pour le garantir semblent indiquer qu'il s'agissait d'un lieu de sépulture.

    3. Grotte sépulcrale: située à l'extrémité sud-est de l'abri du mammouth; entrée large de 1 mètre sur 1mètre 20 de haut environ se poursuivant sur 8 mètres de longueur en se rétrécissant et se terminant par deux boyaux de 70 centimètres de haut et autant de large. Le plan de la grotte offre la forme d'un Y.

      A 2 mètres de profondeur, M. Poulain a trouvé des ossements humains, débris de trois squelettes appartenant à un adulte et à deux enfants de 4 et 7 ans,

      devant cette grotte se trouvent des rocs d'une hauteur de 2mètres 50, une fouille faite au pied amena la decouverte de poterie néolithique, de quelques nuclées et éclats de silex ainsi qu'une lame du type La Madeleine.

  • Histoire de la Normandie:La naissance de l’archéologie


    En 1859, l’archéologie normande s’exerce dans un cadre partiellement structuré par des liens avec des institutions administratives et des sociétés savantes dynamiques dont certaines, animées en particulier par Arcisse de Caumont, ont une dimension nationale. Si cette archéologie est avant tout historique, les débats sur l’ancienneté de l’homme et les questions chronologiques n’y sont pas ignorés de certains savants dès les années 1850. Face aux « événements » de la Somme, des réactions différentes se manifestent : intervention directe et adhésion rapide du jeune naturaliste Pouchet et de l’abbé Cochet, archéologue renommé, mais réticences prolongées jusqu’en 1867 de Caumont qui contribuent au silence largement dominant alors dans les publications normandes. Le rapprochement entre leurs articles et leurs correspondances révèle par ailleurs une plus grande complexité de la situation. Des différences, voire des oppositions, sont nettement perceptibles chez ces trois hommes - un médecin, intéressé par l’anthropologie et deux archéologues historiens. Elles concernent à la fois leurs attitudes intellectuelles face au débat de fond –l’antiquité et l’évolution de l’homme- et leurs pratiques mais tous trois montrent une certaine capacité à se remettre en cause. Leurs actions s’inscrivent non seulement dans un contexte régional large, à la fois scientifique et social, mais aussi assez nettement en réaction face aux milieux culturels parisiens et en liaison avec des savants anglais avec lesquels les relations sont déjà anciennes. Ce temps qui voit la « naissance » de l’archéologie préhistorique en Normandie lui confère certains caractères, plus ou moins durables, avant un second moment d’impulsion et de mutation autour de la tenue, en 1877, au Havre, du congrès de l’AFAS accompagné d’une grande exposition géologique et paléontologique, organisée par la Société Géologique de Normandie, dans laquelle la préhistoire régionale a sa place.