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porte de l'eure

  • Histoire de la Normandie:La Fin du pont de Vernon le 18 août 1944

     

    Extrait du journal « Le Parisien Libéré » du 20 août 1976

     

    Coup sérieux porté à la retraite des troupe allemandes

    Georges André et quelques patriotes sabotent le pont de Vernon

     

    Il y a déjà 32 ans, un sabotage spectaculaire celui du pont routier sur la Seine allait quelque peu précipiter la libération de notre ville. Ce fut l'oeuvre du Capitaine Jean de la Motte dit Georges André, responsable du mouvement « Résistance » et de quelques-uns de ses amis.

     

    « Les Nouvelles de l'Eure » ont publié il y a quelques années le récit de cet exploit rédigé par son auteur pour sa fille. Nous en empruntons plusieurs extraits afin de situer dans quel contexte ce sabotage a été effectué à la demande des troupes alliées.

     

    Si le 26 mai 1944, un raid de l'aviation américaine avait mis à mal le pont de Vernon, le rendant impraticable aux véhicules, un aménagement de fortune permettait le passage des troupes à pied.

    Cette importance stratégique- Vernon représentait le seul point de passage entre Paris et Rouen- ne manqua pas de préoccuper Georges André, évadé depuis peu de la prison allemande d'Evreux.

     

    Le 5 août, un premier ordre de sabotage était donné- il fallait rendre impraticable ce passage sur la Seine. Dix jours plus tard, l'opération n'avait pu être menée à bien par manque de plastic. Georges André décida alors de faire le coup lui même avec le matériel dont il disposait aidé de son ami Petit Jules et de son fils Etienne en lequel il avait toute confiance. Il dressa alors un plan détaillé de ce coup de commando.

     

    Le 17 août en compagnie de son fils qui ne sait pas encore qu'il a été chois, il arpente le pontà une heure où le passage des troupes allemandes est particulièrement réduit.

     

    Fais le guet lance-t-il tout go à son fils avant de descendre à la base de la pile située presque au milieu de la Seine, pile qui a particulièrement souffert du bombardement du 26 mai. Discrètement Georges André aménage le trou de mine où sera déposé l'explosif. Personne ne prête attention à lui fort heureusement.

     

    Le lendemain réunion en petit comité chez Jean Luchaire, rue Saint Lazare, où les FFI ont installé une base depuis quelques jours. On y fait l'inventaire du plastic disponible. Il y en a 7 kilo. C'est peu mais tant pis. La pile du pont ne semble guère solide. Il faut s'assurer ensuite de la qualité de l'explosif et des crayons détonateurs. On procède à des essais, il ne s'agit pas de rater le coup. Aucun crayon ne fonctionne. Ils ont été stocké dans un caveau du cimetière un peu trop humide.

    Nouvel essai avec du cordon et un détonateur. Cela marche. Georges André décide d'opérer le soir même. Rendez vous est pris. Trente minutes avant l'heure, des avions anglais lâchent des bombes incendiaires et explosives qui font se terrer les allemands. Des détachements d'allemands circulent un peu partout sans trop savoir dans quelle direction aller. Attention un motocycliste se présente. Il veut traverser. Pas possible. Plus loin à Port-Villez. Ouf la route est libre. Ils sont au dessus de la pile choisie. P'tit Jules descend au bas de l'escalier. Sa mission mettre le feu au cordon. La barque est là toute proche au cas où. Georges André descend placer l'explosif. Le niveau de la Seine a quelque peu monté qu'importe. Et la longueur du cordon calculée pour cinq minutes qui s'avère trop juste. P'tit Jules en est quitte pour se mouiller les pieds.

     

    Ça y est le cordon s'enflamme. Il est temps de se replier sur la terre ferme. Soudain les trois saboteurs se trouvent nez à nez avec un officier supérieur allemand revolver au poing. Le détachement qu'il dirige est à proximité et le pont doit sauter dans quatre minutes. Peut-on passer?

    Georges André calmement répond par l'affirmative. En compagnie de ses deux compagnon, il regagne la rive au pas de course puis l'équipe se met à l'abri à l'entrée de la rue du Pont pour attendre l'explosion. Les minutes s'écoulent interminables. Georges André va jusqu'à dire à ses compagnons. C'est Manqué! Et puis soudain l'explosion retentit. Mission accomplie pour le mouvement « Résistance ».

    Le prochain passage sur la Seine sera établi par les troupes anglaises.