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poésie

  • Culture de Normandie: Sous la côte par Paul Harel

    C'est comme un nid fait dans les herbes.

    Du seuil de la vieille maison,

    A travers des arbres superbes

    On voit miroiter l'horizon.

     

    Du logis que le chaume couvre

    Sous la côte, à l'abri du vent,

    Tous les matins la porte s'ouvre

    En face du soleil levant.

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  • Culture de Normandie: Les Petits Paysans d'Eugène Le Mouel

    Les petits paysans, bruns sous leurs blouses blanches,

    Reviennent de l'école et courent, très heureux

    D'enjamber le soleil qui passe entre les branches,

    Semant des plaques d'or l'herbe des chemins creux,

    Les petits paysans bruns sous leurs blouses blanches.

     

    Les buissons ont des nids, et les fossés, des fraises...

    On déniche les oeufs, on remplit les paniers

    Pour les petites soeurs, qui vont être bien aises,

    Ce soir, sur le gazon, à l'ombre des pommiers,

    De regarder les oeufs et de manger les fraises.

     

    Les vaches vont rentres, les bonnes vaches rousses,

    Lentement, faisant peur aux canards étourneaux,

    Avec le cou tendu, broutant les jeunes pousses,

    Et frottant leur museau rose sur les rameaux,

    Quand elles vont rentrer les bonnes vaches rousses.

     

    Les garçons de la ferme, étendus dans la paille,

    Le chapeau sur les yeux, siffleront un refrain,

    Et le chat, accroupi sur un pan de muraille,

    Guettera les oiseaux qui picorent du grain

    Près les garçons de ferme étendus dans la paille.

     

    Commes ils vont bien dormir sous les rideaux à fraises.

    Les petits paysans et leurs petites soeurs!

    Et pendant que le chien rodera sous les chaises,

    Ils vont rêver qu'ils sont près des pommiers en fleurs,

    Qu'ils dénichent des oeufs et qu'ils mangent des fraises.

    (dans cette strophe: le terme fraise a deux sens différents. Le premier parle de rideaux bordés de volants plissés. Le dernier parle de celles qui se dégustent)

     

    C'est ainsi tous les jours! On court après les poules...

    On cueille des bleuets et des coquelicots...

    On va sur les versants rouler comme des boules...

    A force de chanter on lasse les échos;

    Et sous les plants ombreux on court après les poules!

     

     

    Qu'ils dénichent des nids et qu'ils mangent des fraises,

    Et qu'ils soient bien heureux, les petits paysans!

    Ici-bas, il en est beaucoup qui seraient aises

    De s'arracher un jour à la torpeur des ans,

    Pour dénicher des nids et pour manger des fraises!

  • Culture de Normandie: Noël de Charles Frémine

    Coupez le gui ! Coupez le houx !

    Feuillage vert, feuillage roux,

    Mariez leurs branches ;

     

    Perles rouges et perles blanches,

    Coupez le gui ! Coupez le houx !

    C’est la Noël, fleurissez vous !

     

    Chassez les grives et les merles,

    Chassez les mésanges au dos bleu

    Du gui dont les fleurs sont des perles,

    Du houx dont les fleurs sont du feu !

     

    Courez à la forêt prochaine,

    Courez à l’enclos des fermiers ;

    Coupez le gui sur le grand chêne,

    Coupez le gui sur les pommiers.

     

    Coupez le houx le long des haies

    Qui bordent le chemin des bois ;

    Coupez le houx sous les futaies

    Où sont nos vieux temples gaulois ?

     

    … Et coupez-les par tas, par piles !

    Liez en gerbes leurs rameaux,

    Et qu’on en pavoise les villes,

    Qu’on en pavoise les hameaux !

     

    Coupez le gui ! Coupez le houx !

    Feuillage vert, feuillage roux,

    Mariez leurs branches !

     

    Perles rouges et perles blanches ;

    Coupez le gui ! Coupez le houx !

    C’est la Noël ! Fleurissez-vous !

  • Culture de Normandie: Un triste Noël d'Alexandre Piedagnel

    Trois et quatre ans. La soeur aînée,

    En chemise, hier soir, a mis

    Dans l'humble et froide cheminée

    Deux mignons souliers dévernis.

     

    Voici l'aube de la journée

    Où les anges du paradis,

    Quand Noël a fait sa tournée,

    Vont éveiller les tout petits.

     

    Elles grelottent, les fillettes,

    En quittant leurs pauvres couchettes,

    Pour courir vers l'âtre, sans bruit.

     

    Hélas! Les bottines percées

    Sont encor vides et glacées...

    La mère est morte dans la nuit.

  • Ecrivains de Normandie: Alphonse Allais

     

    "La bureaucratie, c'est comme les microbes: on ne parle pas avec les microbes. On les tue."

    " C'est quand on serre une dame de trop près qu'elle trouve qu'on va trop loin"

    "La mort est un manque de savoir-vivre"

    "Partir, c'est mourir un peu, mais mourir c'est partir pour de bon"

    "j'ai connu bien des filles de joie qui avaient pour père un homme de peine."

    Voilà un petit florilège  de la philosophie d'un Normand qui défraya la chronique littéraire à la fin du XIXème siècle et au début du suivant.

    Alphonse Allais est né le 20 octobre 1854. Très jeune, Alphie comme le nomment ses camarades, manifeste une forte attirance pour les mots, les "bons mots" comme on les nomme à l'époque et les blagues de potaches.

    L'officine paternelle lui sert de caverne d'Ali-Baba et de réservoir miracle dans lequel il puise les produits les plus originaux pour épater la galerie. " En ma qualité de fils de pharmacie, avouera-t-il plus tard, je gorgeais mes camarades d'un tas de cochonneries: des pâtes pectorales, des dattes..."

    A l'âge de 17 ans, son bac en poche, le jeune Alphonse travaille dans la pharmacie, sise au 10 de la place Hamelin. A une dame se plaignant d'avoir dans l'oesophage des douleurs qui "montent", le facétieux jeune homme demanda le plus sérieusement du monde, si elle n'a pas avalé un ascenseur.

    Monté à Paris, Alphonse fréquente assidûment "le Chat Noir" et commence à publier dans "le Tintamarre, "le Courrier Français", "Le Mirliton".

    Celui que se disait lui-même "Normand par sa mère et Breton par un ami de son père", manifeste vite une attirance pour l'humour de l'absurde, au point de s'inscrire de plain-pied dans le groupe des " pataphysiciens" crée par le Mainiau Alfred Jarry. Auteur prolixe, notre Honfleurais devait signer quelque 1500 récits auxquels s'ajoute un nombre invraisemblable d'aphorismes et de poésies, en particulier en vers olirimes, comme cet extrait d'un sonnet célèbre:

    " O Seigneur

    Quelle panse!

    Qu'elle pense

    Au saigneur!"