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poème de frédéric mistral

  • La Chanson du Paysan de Frédéric Mistral

     

    De Photos de Normandie
    sur l'air des "Vendanges Provençales"

    Pour les syndicats des Paysans de Provence


    Le paysan en tous pays -est le support de la

    nation; on aura beau chercher, beau inventer, -

    il faut que se remue la terre: et, tant que le monde

    n'aura pas pris fin, il faut qu'il y ait et

    du pain et du vin.


    Laissez-les courir vers la ville, - ceux dont les

    côtes sont en long: - à l'hospice, mon bon, tu

    verras qu'à la fin tout cela défile; mais dans

    les champs le paysan est roi et cent fois plus

    heureux qu'il ne le pense.


    Qui donc le passe plus joyeux, plus libre que

    le paysan? Quand le soleil brûle le sang, lui,

    les pieds nus, dans sur l'aire; et quand la neige,

    l'hiver, tombe à flocons, de paille souple il bourre

    ses sabots.


    Les travailleurs de la terre, lorsqu'ils sont làs,

    se couchent de bonne heure; de bon matin, le

    collier est aux bêtes, et si quelqu'une perd un

    fer, tout en passant devant le maréchal ils

    boivent la goutte et font ferrer tout chaud.


    Les paysans, il nous faut tout savoir:

    connaitre au temps et au travail, connaitre la nou-

    velle lune et quand le sol peut recevoir une

    culture qui soit bonne et propice pour les se-

    mailles et le beau blé de Dieu.


    Aussi bien les messieurs râpés et certains faiseurs

    d'embarras parfois nous ôtent le chapeau

    pour nous atteler à leur puits: mais ravisés

    contre leurs patenôtres, un jour nous saurons

    employer nos droits.


    Viens ce jour où sages tous et réunis en

    syndicats, nous serons tous d'accord pour

    maintenir notre Provence et ses usages,

    aux charlatans, aux flibustiers, nous conseillons

    de changer de métier.