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pilotes de seine

  • Histoire de la Normandie: Les pilotes de Seine

    Les pilotes de Seine, appelés lamaneurs ou locman étaient commissionnés pour faire entrer ou sortir les bâtiments d'un port, les guider le long d'une côte ou dans les baies des rivières.

    Les pilotes de Quillebeuf prenaient les navires au Havre et les conduisaient jusqu'à Villequier ou La Milleraye. Là d'autres marins les prenaient en charge jusqu'à Rouen.

    Depuis la conquête romaine jusqu'au XIX ème siècle, la Seine était réputée dangereuse à cause de ses bancs de sable mouvants, ses courants violents, ses brumes et ses chenaux instables. La navigation y était plus risquée entre Le Havre et Rouen qu'en pleine mer (plus de cents navires périrent entre 1789 et 1842).

    En 1565 le vice-amiral de Mouy, gouverneur de Honfleur, régla que « tout bateau portant mât était tenu de prendre un pilote à Quillebeuf exception faite des simples chaloupes et des plates de Villerville. »

     

    Quillebeuf représentait une étape sécurisante, mais y parvenir, à l'époque de la voile où pourtant les bricks n'excédaient pas 30 m de long et 3 m de tirant d'eau, n'était pas sans périls. Ces bateaux devaient bénéficier des vents portants, d'une bonne visibilité et d'une marée compatible avec leur tirant d'eau pour franchir la passe de Quillebeuf. A la marée suivante ils franchissaient les seuils d'Aizier et de Villequier où ils attendaient la marée du lendemain pour parer les bancs durs de la chaussée des Caudebequais et des Meules.

     

    L'escale de La Milleraye marquait la fin des grands périls. De là et jusqu'à Rouen, la remontée s'effectuait par des chevaux de halage.

     

    En 1596, en récompense d'avoir bravement résisté aux assauts du catholique Mayenne, Henri IV donna à Quillebeuf, le privilège exclusif du pilotage en Seine et porta leur nombre à cent. Ceci eut pour effet d'augmenter sensiblement la population locale. En effet, nombre de mères de famille vinrent y mettre au monde leur enfant, espérant secrètement que si c'était un fils, qu'il soit un jour pilote.

     

    Groupés en corporations, les pilotes désignaient un jury de treize pilotes chargés de surveiller leurs confrères. Une ordonnance de 1681 stipulait que « le pilote ayant par ignorance fait échouer un bâtiment serait condamner au fouet et privé de pilotage à vie. » et « que celui qui aurait malicieusement jeté un navire sur un écueil serait puni du dernier supplice et son corps attaché à un mât planté près du lieu du naufrage. »

     

    Aux XIX ème siècle, l'apparition des vapeurs à fonds plats facilite la navigation, sans toutefois supprimer les risque d'ensablement, ni ceux liés au phénomène du mascaret.

    Par ailleurs, la construction en 1843, de la ligne de chemin de fer Paris-Rouen faillit porter un coup fatal au trafic fluvial.

     

    En 1846, grâce à l'intervention de Victor Hugo et de Lamartine, le gouverneur débloqua des crédits pour endiguer la Seine, faisant passer les tirants d'eau à 5 m50 puis à plus de 7 mètre. Il faudra attendre l'après guerre et la modernisation du système de sondage pour permettre la navigation de nuit.