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pays de caux

  • Quelques mots de Normand du Pays de Caux

     

     

    S'accouver = s'accroupir, comme une poule qui couve.

    Equilebourdi = ahuri ou stupéfait

    Défoutrâillai = débraillé, déguenillé

    Accranquai= courbaturé

    Vézillant= vif ou alerte.

    Ravisai = enfant né plusieurs années après ses frères et soeurs

    Cachart= rétif

    Ragache= hargneux, revêche

    Califourquet= entre-jambes

    Hibu= ébouriffé

    Piscantène= petit cidre léger (style Loïc Raison)

    Quiachon = dernier né

    Racrampi= déformé par la vieillesse ou les rhumatismes

    Souffrette = privation

    En Fé souffrette = manquer de quelque chose

    Tribouiller= mélanger, embrouiller les idées, les affaires, l'estomac.

    Racleux = violoniste du village

    Randouiller = bouillir à petit bouillon.

    Effoutarder= mettre en fuite, effaroucher.

    Appipoter = chercher à séduire.

    Carnafler = ronfler la bouche ouverte.

     

  • Culture de Normandie: L’laboureux et ses éfants

    Un fermier qu'avait des sous, no peut die qu'il était à s'n'aïse, véyait bié qu'ses éfants n'en foutaient pin eune ramée: caleux comme des quin's d'cuè !
    V'là qu'i s'entit un ptieu malaise : « pétête bié que j'sommes au bout du qu'min, cha va ête l'heu que j'causions à mes éfants ».
    I dit à san vesin d'aller les qu'ri pou qu'i sèyent au pièd d'san lit.
    «Mes éfants, qu'i leu dit, i va fallé qu'vous r’troussiez vos manches, a' c't'heu, fini de s'doulaiser. Man pé, pis san pé ont camuchè queuqu'part eune pouquette pleine de sous. I va fallé la qu'ri, aussi faut pas avé pue d'la tracher en ratournant la terre aussi profont qu'no peut ».
    Pis, su ces mots, i ferma sa calboune, il est allé vaie si l'cu'è avait pin menti en li disant que l'Bon Dieu i f'rait eune tite plache dans san paradis.
    « L'pé nos a dit d'pin vende l'héritage, i va fallé tracher oyou qu'est muchè san trésor ».
    Emprès l'moissonnage, i z'ont tournè, boulè, ratournè, pis oco prins l'louchet pou qu'au bout d'leu peïne, bernique, fi de trésor! Mais quand i z'ont battu à la mécanique, est cheu eux qu'y avait l'pus biao froment, les bettes étaient grosses commes des citrouilles, l'cossard jaune comme l'or!
    I z'ont dit alors: «Est tout d'mêïme bié de s'ête courbattus, d'avé trimè comme des manants, note ouvrage nos a rapportè bié des avantages ».

  • Cuisine de Normandie: Soufflé à la poire de coq

    Préparation: 45 minutes

     

    Ingrédients pour 4 personnes:

     

    pour la compote de poire rôtie au four

    • 400 g de poire de coq

    • 100 g de sucre cassonade

    • 100 g de beurre

    • 125 g de sucre

    • 7 cl d'eau

    • 6 g de fécule

     

    pour le soufflé:

    • 6 blancs d'oeufs

    • une cuillère à soupe de sucre semoule

     

    pour le chemisage des moules:

    • 40 g de beurre

    • 50 g de sucre.

     

    La compote de poire

    • Placer les poires de coq dans un plat avec le sucre et le beurre. Laisser rôtir au four à 180° pendant 45 minutes. Passer ensuite les poires au moulin à légumes en prenant soin de bien récupérer le caramel de cuisson se trouvant au fond du plat, ce qui donne une concentration de sucs parfumés. Dans une casserole, sécher la compote très doucement en remuant régulièrement.

    • Dans une autre casserole, chauffer le sucre et l'eau jusqu'à obtenir un caramel très clair. Verser aussitôt ce caramel dans la compote et bien remuer au fouet. Ajouter la fécule diluée dans un peu d'eau et continuer à lmélanger au fouet. Débarrasser et réserver au frais.

     

     

    Le soufflé.

    • Préchauffer le four à 200 °

    • Monter les blancs en neige et les serrer en ajoutant un peu de sucre semoule. Mélanger délicatement les blancs montés à 250 g de compote.

    • Chemiser les quatre moules à soufflé avec du beurre puis du sucre semoule. Verser l'appareil à soufflé dans chacun d'eux en prenant soin de ne pas toucher au chemisage.

    • Mettre au four à 200° pendant 5 minutes et servir aussitôt.

     

    Conseil: ce soufflé peut être accompagné d'un sorbet de poire, de cidre ou de pomme avec une liqueur de cidre ou de poire.

  • De l'âge du Bronze à l'installation des celtes en Normandie

    les artisans de la presqu'île du Cotentin et de la vallée de la Basse Seine se familiarisèrent vite à la fonte du cuivre puis en y ajoutant l'étain provenant d'outre-Manche, ils devinrent de formidables producteurs de bronze.

     

    Certe, en quantité la Normandie ne dépassait pas la Bretagne mais elle était un centre de production important. Le Cotentin a livré plus de 20 000 objets d'airain.

     

    La Normandie se posait comme un carrefour commercial entre les îles et l'Europe continentale.

     

    Cette civilisation d'artisans et de négociants n'en continuait pas moins d'élever des mégalithes, des allées couvertes et des dolmens.

     

    Au tournant du Ier millénaire avant notre ère, l'introduction du fer accompagne l'arrivée d'un nouveau peuple de guerriers venu de l'Europe centrale: les Celtes.

     

    Ainsi lorsque la région entre dans l'Histoire: les Calètes occupaient le Pays de Caux et le Talou, les Véliocasses contrôlaient le Vexin. Ils se situent dans ce que nomme Jules César « la Gaule Belgique ». Alors que dans la Gaule Celtique on trouvait les Aulerques-Eburovices qui dominaient entre la Seine, l'Eure, l'Avre et la Charentonne. Entre la Dives et la Risle, on trouvait les Lexoviens. Les Viducasses et les Esuviens se partageaient les campagnes allant de Caen à Alençon. Les Bajocasses peuplaient le Bessin. Les Abrincates peuplaient l'Avranchin et les Unelles dominaient le Cotentin.

     

    Retranchés derrière leurs oppidums, ces Celtes de Normandie allaient se révéler rebelles à la conquête Romaine.

  • Tradition de Normandie: La liturgie du café arrosé

    Si l'on vous offre un café dans une ferme de Normandie, vous être pris dans un terrible dilemme: refuser et paraître « bien fier », ou accepter et entre dans une terrible aventure.

     

    Aussitôt bu, le café, qui a parfois reçu déjà une larme, un brin, une larmichette de calva (ne serait-ce que pour lui faire passer un goût redoutable de réchauffé), se voit remplacé dans la tasse encore chaude par une solide, rincette, propre à réveiller la conversation.

     

    Puis suis le gloria, car on ne s'en va pas sur une jambe.

     

    Si on n'a pas eu le courage de fuir, suivront le coup de pied au cul, la déchirante, et parfois celle de la patronne, sortie du fond de l'armoire, réputée meilleure, et qu'il serait particulièrement impoli de refuser.

     

    Si vous quittez la table en titubant, vous aurez fait plaisir à vos hôtes. Si au contraire, vous repartez d'un bon pied en laissant tomber quelques morts sur ce calva très goûtu mais peut-être un peu jeune ( il l'est toujours), vous aurez fait leur conquête.

     

  • Circuit Châteaux et abbayes du Pays de Caux

    Le Pays de Caux ne doit pas son nom à son sous-sol mais aux Calètes, tribu celte qui occupait ce territoire avant la période romaine. C'est un plateau légèrement ondulé, entrecoupé de vallées qui s'interrompt brutalement par de hautes falaise du côté de la mer.

     

    L'habitat rural cauchois est original: maisons d'habitations et bâtiments agricoles sont dispersés dans une prairie plantée de pommiers et entourée de Fossés souvent plantés de hêtres protégeant le clos-masure des vents de la mer et y créant un microclimat.

    Le paysage est ainsi ponctué de taches de bocages qui en atténuent la monotonie.

     

    Les bâtiments sont à pans de bois ou en brique. En revanche, les églises sont en pierre; dans le Bec-de-Caux, elles sont souvent de style Roman. Les nombreux châteaux constuits à partir de la fin du XVI ème siècle, par les parlementaires et les riches bourgeois de Rouen, de Dieppe et du Havre sont en brique et pierre, matériaux auxquels s'ajoutent parfois de silex taillés.

     

     

    Lillebonne: Capitale des Calètes, Lillebonne a conservé trois monuments d'époques différentes: un théâtre-amphithéâtre du Ier siècle, les vestiges d'un château construit durant le Duché de Normandie indépendant et une église de style gothique flamboyant des XV ème et XVI ème siècles.

    Sur la route de Bolbec, se dressent les bâtiments conventuels de l'abbaye cistercienne du Valasse, fondée par l'impératrice Matilde. Derrière les belles façades classiques du XVIII ème siècle se cachent encore des salles du XII ème siècle.

     

    Gommerville: Le château de Fillières s'élève au milieu d'un parc dont les avenues de hêtres sont célèbres. L'édifice est un bel exemple de l'architecture de la fin du XVIII ème siècle. Son avant-corps, décoré de pilastres et d'un fronton triangulaire sculpté, se serait trouvé au centre de la façade si la construction du château n'avait pas été interrompue par la Révolution de 1789.

     

    Cuverville: Le château, édifice assez simple de la fin du XVIII ème siècle, doit sa célébrité, à André Gide, qui repose au côté de sa famme, Madeleine Rondeaux, dans le cimetière du village. La propriété a servi de cadre au roman, La Porte étroite. Il a écrit aussi une grande partie de son Journal

     

    Angerville: le château, qui se dresse au milieu d'un grand parc planté d'arbres centenaire a été élevé au XVI ème siècle, par Bertrand Bailleul. Ce petit chef d'oeuvre est de la Seconde Renaissance. Il forme un carré flanqué aux angles de quatre gros pavillons tenant lieu de touts; deux autres plus étroits et coiffés de dômes à lanternons se détachent au milieu des façades latérales. Celles-ci n'ont pour toutdécor que les charmantes baies géminées ouvrant sur une loggia. En revanche, les façades principales présentent une travée centrale ornée de trois ordres superposés de colonnes cannelées.

     

    Daubeuf-Serville: Une magnifique avenue plantée de tilleuls, précédée d'un joli portail de style Louis XIII, donne accès à la cour d'honneur d'un petit château caractéristique de l'architecture en brique et pierre du XVII ème siècle. Cette charmante demeure, construite en 1629 par Charles-Albert d'Aubert, appartient aujourd'hui à l'un de ses descendants.

     

    Valmont: Du XI ème au XVI ème siècle, le château appartint à la famille d'Estouteville, l'une des plus puissantes de la Normandie médiévale. Il est situé sur la pente de l'une des collines boisées bordant la vallée de la petite rivière qui porte le même nom que le bourg. Le donjon construit par Robert II d'Estouteville, mort en 1106, se dresse encore à l'extrémité septentrionale du château. Le bâtiment en brique et pierre qui lui est attenant a été élevé juste après la Guerre de Cent-Ans. Il a été complété par un logis de style Renaissance achevé en 1550, qui a été modifié au XIX ème siècle mais il a conservé de jolies lucarnes sculptées.

     

    Cany-Barville: La Durdent alimente les douves d'un château de style Classique construit entre 1640 et 1646, dont les plans sont parfois attribués à François Mansart. Le grand corps de logis central est flanqué d'ailes en retour d'équerre plus élevées et couvertes de toits indépendants. Les fenêtres du rez-de-chaussée et de l'étage sont surmontées de frontons triangulaires ou cintrés. Point de décor sculpté, la polycrhomie des matériaux (briques, crépis de maçonnerie et pierre) anime seule ces belles façades.

     

    Tourvilles-sur-Arques: Deux grands hommes ont marqué l'histoire du château de Miromesnil: le marquis Hue de Miromesnil, garde des sceaux de 1774 à 1787, y est mort en 1796. Guy de Maupassant y a passé les trois premières années de sa vie. La façade septentrionale du château est rytmée par de magnifiques pilastres colossaux ioniques que surmonte un entablement orné de guirlandes végétales et d'urnes en pierre.

  • Ville de Normandie: Qu'est-ce que « Sainte-Adresse »?

    Les origines de Sainte-Adresse sont fort lointaines. Sans remonter jusqu'à l'époque Gallo-romaine, quand Sainte-Adresse existait, sous le nom de « Caput-Caleti » (chef de Caux), il est fait mention de cette dénomination dans des documents datant du XII ème siècle.

     

    Ce n'est qu'au XVI ème siècle qu'apparaît le nom de Sainte-Adresse, qui aurait été tiré, suivant la légende, cette appellation du fait que les navigateurs qui abordaient les falaises du Cap de la Hève, avaient besoin de leur meilleure adresse pour éviter les écueils dont le rivage était parsemé.

     

    C'est d'après les chroniques, à la fin du XVIII ème siècle que ce nom fut officiellement attribué à la cité.

     

    Il est intéressant de signaler que jusqu'en 1370, Chef de Caux était un village de pêcheurs, construit au pied des falaises de la Hève. Les historiens s'accordent pour relater que vers 1370, une effroyable tempête suivie d'un raz de marée détruisit le village et son église Saint-Denys Chef de Caux.

     

    Dans les temps qui suivirent, Sainte-Adresse ne cessa de se développer aux côtés de sa voisine Le Havre fondée en 1517 sous les ordres de François Ier lequel, connut à Sainte-Adresse une mésaventure lorsqu'étant venu assister à un spectacle naval sur le haut des falaises dans l'apparat raffiné qu'il affectionnait, il dut précipitamment se replier sur Le Havre, car des navires anglais ayant fait irruption et ayant menacé de leurs canons le cortège royal.

     

    Sainte-Adresse devait d'ailleurs prendre sa revanche lorsque ke 28 juillet 1563, le Connétable de Brissac reçut au Manoir de Vitanval, la capitulation du Comte de Warwick qui, avait occupé Le Havre puis avait été chassé par les troupes de Charles IX.

     

     

    Sainte-Adresse traversa sans incident majeur la Révolution de 1789 et la Première République française, mais se trouva une fois de plus sous le Premier Empire, confronté aux incursions anglaises.

     

    Cette aventure fut sans doute l'un des derniers épidoses de l'agressivité qui séparait les rivages du Pays de Caux de ceux de l'Angleterre. Au XIX ème siècle, les relations d'amitié ne cessèrent de se resserrer entre les habitants de Sainte-Adresse et les touristes anglais. Chacun, dans cette cité sait combien Sainte-Adresse prit part aux cours des guerres mondiales, à l'acceuil des troupes Brittaniques venues combattre aux côtés de leurs alliés français.

     

     

    C'est à Sainte-Adresse, le 13 octobre 1914, que le gouvernement de la Belgique vint se réfugier et s'établit là pour la durée de la Première Guerre Mondiale. La statue du roi-Chevalier Albert Ier, érigée à l'entrée de la commune commémore cette période dont Saint Adresse tire une légitime fierté.

    À partir de 1917, Sainte-Adresse vit chaque jour défiler les troupes américaines venant combattres à nos côtés. Chaque matin à huit heure, un adjoint représentant la Mairie allait à l'entrée de la commune, attendre les régiments débarqués la nuit précédente au Havre. L'adjoint, les troupes ayant marqué un arrêt, adressait au commandant de l'unité, une allocution de Bienvenue sur la Terre de France. Un bref cérémonial militaire lui répondait, puis le régiment reprenait la route vers le Front.

     

    La période de l'entre-deux-guerre fut pour Sainte-Adresse, une période de prospérité paisible, puis survint la Seconde Guerre Mondiale. Si au cours des quatre années d'occupation, la cité eut peu à souffrir matériellement, elle n'en paya pas moins son tribut à la Résistance pour la défense des Libertés.

    En juin 1944, Sainte-Adresse subit d'intenses bombardement, particulièrement les quartiers bordant la mer qui furent pratiquement entièrement détruit. Après quelques mois de présence des troupes américaine. Sainte-Adresse, sous l'impulsion du Maire Lebel, réorganisa ses services municipaux, releva ses ruines, reconstitua ses avenues, ses jardins, son bord de mer et la ville retrouva son visage accueillant d'antan.

      

  • Tradition de Normandie: Sainte Honorine en Normandie

    Sainte Honorine, vierge et martyre du IV ème siècle, ayant vécu dans le Pays de Caux.

     

    Comme elle ne voulait pas abjurer sa foi, elle fut précipitée dans la Seine par ses bourreaux entre Lillebonne et Harfleur. Son corps serait venu s'échouer à Graville (commune rattachée maintenant au Havre).

     

    Sainte Honorine fut ensevelie là jusquà ce qu'en 876, ses reliques furent menacées par les incursions des Scandinaves et donc ont été transférées à Conflans devenu par la suite Conflans-Sainte-Honorine.

     

    Son culte à Graville s'était développé au point de voir s'élever une abbaye.

     

    Les bateliers de la Basse-Seine en avaient fait leur sainte patronne. Maintenant Sainte-Honorine est la patronne de tous les bateliers.

     

    Sainte Honorine était aussi réputée guérir les fièvres rebelles. Après avoir récité quelques Pater et quelques Ave Maria, on prononçait alors la formule:

     

    « Au nom de Saint Exupère et de Sainte Honorine, arrière fièvre d'avant, fièvre d'arrière, fièvre printanière, fièvre quarantaine, fièvre quintaine, ago, superagon, Consumatum est! »

     

    Si la fièvre persistait, on inscrivait cette formule sur un parchemin qu'on attachait au poignet du malade et qu'on retirait au bout de neuf jours. Et de fait, après tout, si le malade n'était pas mort, il était guéri.

  • Le Pays de Caux vu par J. Sion

    C'est avant tout, un « bon pays », une région où la nature récompense l'homme de son effort. A ces traits de sa physionomie, la luxuriance de sa végétation sous un climat humide, la richesse de ses récoltes, s'ajoute dans l'imagination populaire l'aspect des groupements humains.

     

    Il n'est pas de voyageur qui n'ait pas remarqué ces fermes éparpillées à travers toute la campagne, entourée chacune d'une levée de terre, le « fossé », sur lequel croissent de grands arbes, des ormes ou des hêtres. A l'abri de cette enceinte rectangulaire, les bâtiments s'écartent dans une cour herbue, la « masure » où vaquent les chevaux et les vaches.

     

    Ainsi la monotonie de ces hautes terres à peine ondulée est rompue par ces rangées d'arbres d'une régularité absolue; l'horizon n'apparaît jamais vide et morne; partout, il est animé par ces habitations qui se dispersent à tous les plans, comme pour multiplier l'emprise de l'homme sur la terre.

     

    Ce sont là des visions familières au Cauchois, si bien qu'il hésite à se croire chez lui dans ces contrées voisines de la mer, de Saint-Valéry à Dieppe, où les maisons se groupent davantage; à plus forte raison, exclut-il du Caux les villages agglomérés des Cantons d'Eu et d'Envermeu.

  • Poème sur le Pays de Caux par G.F Sarasin

    Poème écrit en 1656  

     

    Le Pays de Caux est le Pays de Cocagne

     

    Tous les mardis y sont des gras mardis.

    De ces mardis l'année est composée.

    Cailles y vont dans le plat dix à dix

    Et perdriaux tendres comme rosée.

    Le fruit y pleut, si que c'est chose aisée

    De le cueillir, se baissant seulement.

    Poissons au beurre y nagent largement,

    Fleuves y sont meilleur vin d'Espagne,

    Et tout cela fait dire hardiment:

    Le Pays de Caux est le Pays de Cocagne.

     

    Prince, je jure ici, foi de Normand,

    Que mieux vaudrait être en Caux, un moment,

    Roi d'Yvetot qu'Empereur d'Allemagne;

    Et la raison, c'est que, certainement,

    Le Pays de Caux est le Pays de Cocagne.