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paul morant

  • Paul Morant parlant de Maupassant et de la côte normande

    « A ces hautes demeures seigneuriales prises en location, les Poittevin, famille bourgeoise de Fécamp dont sa mère était issue, avaient demandé un cadre aristocratique pour la naissance de leurs enfants à particules. Mais combien Maupassant préférait le petit village d'Etretat placé entre deux vides, entre la prairie et la mer, si animé avec ses pêcheurs, ses cordiers, son goudron fondant dans les réchauds, ses filets bruns ornés de flotteurs de liège mangés par le sel, dont l'odeur attire les mouettes qui crient comme des poulies. Le meilleur de sa vie s'est passé là, comme entre deux portants d'un décor, sous les falaises entre la Manne Porte et la Porte d'Amont sur l'anse des galets où les femmes, les vireuses, halent au cabestan les embarcations; plus haut, au-delà de la limite du flot tracé par le liséré noir du varech, il revoit kes caloges, vieux canots qui n'ont plus l'âge de prendre la mer et qui servent de hangars pour les casiers à homards, les harpons, les nasses, les lignes de remonte. De la baie de Seine à Dieppe, le jeune homme connait chaque crique, chaque fond, chaque valleuse; fécamp, Saint-Valéry, Le Tréport n'ont pas de secrets pour lui. Il parle le patois avec les fils des pêcheurs, ses amis, ses égaux dont les pères l'emmènent en mer pour des expédityions dont il risque de ne pas revenir. Peu à peu il a étendu ses voyages, poussant jusqu'au Havre de Grâce dont il admirait les mâts, les vergues, les flèches, les cordages, tout cet emmêlement et ce jaillissement vertical qui ressemble à une forêt morte. »