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pacy sur eure

  • Paysages de Normandie: Château de la Folletière à Neuilly

     

     

    Au milieu des arbres d'un grand parc, et bordé par un étang, le château de la Folletière apparaît comme un intéressant spécimen d'architecture de la fin du XVI ème siècle, que quelques restraurations n'ont pas altéré de façon sensible.

     

    Il se compose d'un corps de Logis d'une travée symétriquement de deux pavillons de deux travées. Leurs façades sont communes, mais les hauts toits qui les coiffent en pavillon sont séparés. Le toit du corps central est surmonté d'un côme. L'élévation comprend, au-dessus du rez-de-chaussée, deux étages de baies dont le second déborde la naissance des combles, et un étage de petites lucarnes au milieu des toits latéraux.

     

    L'encadrement en brique des baies alterne avec des tableaux qui se découpent au milieu de larges trumeaux de pierre et affirment verticalement chaque travée. Une double bordure horizontale souligne chaque étage aux allèges des fenêtres. L'effet obtenu est celui d'une sorte de quadrillage, où prédominent les verticales, et qui, par le simple jeu de couleurs de la brique et de la pierre, rythme la surface tout entière.

     

  • Les Combats de La Heunière et de Brécourt le 11 juin 1940

    Après les combats de retardement meurtriers du Mont-Saint-Eloi et de Berchaux, le 4 ème Régiments de Dragons Portés se retrouve enfermé le 28 mai 1940 dans la « Poche de Dunkerque ». le 1er juin après avoir détruit son matériel lourd, il est évacué vers l'Angleterre.

     

    A la tête du 9ème Escadron, le Capitaine de Vandière de Vitrac ne ramène avec lui qu'une soixantaine de dragons sur les 167 qui composaient son unité à l'aube du 10 mai 1940. Le cargo sur lequel ils embarquent, malgré les attaques incessantes des Stuckas allemands, les dépose à Weymouth dans la soirée.

     

    Le 7 juin, ils sont de retour à Cherbourg. L'effectif humain est complété et rééquipés sommairement à Saint-Rémy-les-Chevreuse, les 2 bataillons du 4ème Régiment de Dragons Portés sont immédiatement dirigés sur les points chauds du Front de la Seine.

     

    Lundi 10 juin 1940. Depuis le matin, les allemands franchissent le fleuve et poussent leur offensive en direction de la vallée de l'Eure Les zouaves du 4ème Régiment de Marche les arrêtent quelques heures dans le parc du Château de Bizy mais submergés par le nombre ils doivent se replier sur Blaru. La route de Pacy est ouverte! Les allemands s'y engouffrent et, dès le milieu de l'après-midi, ils s'installent solidement à Douains et à La Heunière. Le même soir, les 2ème et 4 ème Escadrons du 2ème Bataillon de Dragons parviennent à Pacy pour colmater la brêche et tenter de rejeter les allemands au nord de la Seine. Le 2ème Escadron cantonne dans la ville de Pacy où s'accumulent déjà les décombres provoqués par les bombardements aériens allemands.

    Par mesure de sécurité, le 4ème Escadron commandé par le Capitaine de Vandière de Vitrac est rassemblé dans les bois qui bordent la lisière sud de Pacy vers Chambines.

     

    Mardi 11 juin 1940. Dans Pacy survolé par les escadrilles allemandes, le 2ème Escadron met à profit la matinée pour s'organier défensivement. Les carrefours et les abords du pont sont solidement tenus et les maisons qui les bordent se hérissent d'armes automatiques. Et l'attente anxieuse commence, ponctuée par les explosions des tirs de l'artillerie allemande.

     

    15h30: Emanent du PC de la Division, l'ordre de contre attaque élaboré par l'état-major du Général Hassler parvient au Capitaine de Vandière de Vitrac:

     

    « Attaque en direction de Vernon

    • Base de départ: Lisière nord de la forêt de Pacy

    • Aile droite du 4ème Escadron: la R-N 181

    • Aile gauche: 600 mètres à l'ouest, le long de la route Douains-Ménilles

    • Direction: Ligne La Haye-des-Granges

    Pousser si possible jusqu'à la lisière sud de la forêt de Bizy »

     

    Branle-bas général! Les 4 pelotons de dragons du 4ème Escadron gagnent leurs emplacements de départ, après une marche de près de 5 km qui s'achève à travers les taillis touffus de la forêt de Pacy. Malgré les canons de 105 allemands dont les obus fouillent le bois pour s'efforcer d'empêcher toute concentration de troupes, ils parviennent à leur but. Sous la chaleur lourde de cette fin d'après-midi, quoique sommairement équipés (beaucoup n'ont ni casque, ni havresac, ni caisse à munitions), les hommes peinent. L'heure de l'attaque fixée initialement à 16h est reportée à 17h puis à 17h30.

     

    17h30: Les Dragons du 4ème RDP sont à peine arrivés dans le layon forestier de départ, à quelque 70 mètres de la lisière, que les 5 chars de soutien (3 Somua et 2 Hochtkiss) des Lieutenants Ville et Bourdon (2ème Escadron du 4ème Cuirassiers) démarrent. Malgré les tirs très denses de l'artillerie allemande qui coiffent la lisière, l'attaque se développe.

    Sans prendre le temps de souffler, les Dragons s'élancent derrière les blindés. Le Capitaine de Vandière de Vitrac et son groupe du peloton de commandement courent, sous une fusillade drue, vers les boqueteaux intermédiaires entre la forêt de Pacy et les Fermes de La Heunière. Ils capturent au passage, 14 allemands, 2 mitrailleuses, 2 mortiers et 4 canons antichards.

     

    Plus à l'ouest, derrière les chars du Peloton Bourdon, les groupes du Maréchal des Logis Muller et du Lieutenant Falgas s'emparent de la Ferme de La Haye-des-Granges, puis utilisant les dénivellations du terrain, se défilent vers l'est en direction du parc du Château de Brécourt.

     

    Quelques minutes de repos à l'abri d'un repli de terrain où l'on ne craint plus les mitrailleuses allemandes! Le temps d'évacuer vers l'arrière les prisonniers allemandes et les premiers blessés français. Et le Capitaine de Vandière de Vitrac relance l'assaut! Le groupe Mareville poursuit les allemands dans le parc du Château, tandis que le Maréchal des Logis Muller et ses hommes, par le fossé qui borde le R-N181 s'avancent jusqu'aux abords de Brécourt.

     

    Simultanément, les chars du 4ème Cuirassiers atteignent la lisière sud de La Heunière et s'efforcent de contourner le village par l'ouest et en délogent les allemands qui sont retranchés dans les fermes. Un coup de canon déloge la mitrailleuse allemande qui se trouvait dans le clocher de l'église. Partout les allemands décrochent sauf à l'est où la résistance s'intensifie.

    A gauche de la R-N 181, le Peloton Falgas essuie le mitaille allemanden, une dizaine de dragons tombent et le Lieutenant Falgas est atteint par une balle qui lui traverse la cuisse droite. Le Capitaine de Vandière de Vitrac rassemble alors les 2 groupes les plus proches et utilisant le terrain, ils débordent l'ilot de résistance par la gauche, franchissent d'un bond la route Douains-Saint Vincent et attaquent les allemands par le flanc. Pendant qu'un fusil-mitrailleur arrose la façade du Café Léo Pouget, le Capitaine fait irruption dans la cour intérieure de l'établissement; dans le fond, à gauche s'élève une petite maison d'où tirent les allemands. C'est en voulant les capturer que le Capitaine de Vandière de Vitrac et le Brigadier-Chef Pomoty sont très grièvement atteint.

     

    De son fossé où il vient de faire prisonniers deux allemands, le Maréchal des Logis Muller, prévenu du drame, accourt avec son groupe et, dans un assaut furieux, s'empare du point d'appui allemand. Onze allemands sortent du Café Léo Pouger, bras en l'air, tandis qu'à 200 mètres de là, les side-cars allemands refluent en direction de Vernon, canonnés par les chars du Lieutenant Thomas. L'insuffisance des effectifs engagés ne permet pas de les poursuivre plus loin. On s'organise donc défensivement sur la position conquise.

     

    Sur une porte qui sert de brancard, le Maréchal des Logis Muller organise l'évacuation du Capitaine de Vandière de Vitrac jusqu'au char du Lieutenant Ville qui retourne à Ménilles faire le plein de munitions au PC. En cours de route, on charge le Lieutenant Falgas qui se traine avec sa balle dans la cuisse. Les traceuses allemandes encadrent le blindé dont les feuillages de camouflage prennent feu, les obus le pourchassent, mais le char parvient à regagner les lisières de la forêt. C'est la dernière vision qu'emporte avec lui le Capitaine de Vandière de Vitrac: très grièvement atteint au flanc droit, il meurt en cours de trajet.

     

    Jusqu'à la tombée du jour, les dragons du 4ème Régiment de Dragons Portés repoussent les contre-attaques répétées. Puis, les munitions épuisées, l'Adjudant Chaiffre et le Maréchal des Logis Muller organisent le repli sur la forêt de Pacy.

     

    Les Combats de La Heunière et de Brécourt sont des faits d'armes qui ont démontré, tout au long des funestes mois de mai et juin 1940 que la valeur militaire des soldats français est restée intacte, pour peu qu'ils soient encadrés par des officiers et des sous-officiers courageux.

     

    Quelques jours plus tard, le 4ème Régiment de Dragons Portés, a reçu une citation à l'Ordre de l'Armée par le Général Weygand et le Capitaine de Vandière de Vitrac a été élevé à titre posthume, au grade de Chevalier de la Légion d'Honneur avec attribution de la Croix de Guerre avec palme.

  • Histoire de Normandie: Le combat de Bizy le 22 novembre 1870

    Le Régiment des Mobiles de l'Ardèche se constitue à partir du 12 septembre 1870. Il comprend 3 bataillons (1 par arrondissement), divisés chacun en 8 compagnie de 160 hommes. Les premiers jours sont consacré à l'habillement, à l'armement et à l'entrainement.  

     

    Le 28 septembre, le 1er Bataillon par de Privas sous le commandement de Monsieur de Guibert par chemin de fer et débarque à Evreux le 30 septembre. Il est affecté à la défense des vallées d'Eure et de Seine et à la surveillance de la garnison Prussienne qui stationne à Mantes forte de 3000 hommes chargés d'opérer un maximum de réquisitions dans l'est du département de l'Eure.

     

    Le 2ème Bataillon sous le commandement de Monsieur Bertrand parvient à Evreux le 9 octobre et stationne d'abord à Ivry la Bataille et Anet, pour garder les ponts sur l'Eure et empêcher toute pénétration venue de Dreux.

     

    Le 3ème Bataillon sous le commandement du capitaine Monsieur de Montgolfier (arrière petit-fils du fabricant des premières Montgolfières) arrive à Evreux le 13 octobre puis stationne à Pacy sur Eure.

     

    Le 22 octobre les 3 bataillons regroupés et aidés par les Mobiles de l'Eure du Colonel Mocquart, livrent bataille aux Prussiens dans les bois d'Hécourt et les repoussent jusqu'à la commune de Lommoye.

     

    Le 19 novembre, sur la base de rumeurs alarmistes, le général Kersalaun fait évacuer Evreux, Vernon et Gaillon, et ordonne un repli général sur Conches, Louviers et Serquigny.

     

    Le 20 novembre, il est relevé de ses fonctions pour son manque d'audace et il est remplacé par le général Briant qui stoppe la retraite, mais le 1er Bataillon et la moitié du 2ème Bataillon sont déjà parvenus à Beaumont-le-Roger près de Conches.

    Le 3ème Bataillon est réexpédiés à Vernon avec quelques éléments de Francs-Tireurs.

     

    Le 21 Novembre, 200 uhlans pénètrent à Vernon et annoncent pour le lendemain, l'arrivé d'une importante troupe d'occupation prussienne.

     

    A la hâte le général Briant décide de mettre en place une embuscade en forêt de Bizy et fait verrouiller les sorties de Vernon en direction de Paris, de Blaru et de Rouen. Lorsque l'ennemi aura investi la ville, il les encerclera et les anéantira; cette tâche échoit au 3 ème Bataillon et à 4 compagnies du 2ème Bataillon rassemblés à Saint-Pierre du Vauvray.

     

    On les transporte à Saint-Pierre-d'Autils avant qu'ils ne gagnent en pleine nuit, la forêt de Bizy, où ils se dissimulent de part et d'autre de la route vers Paçy.

     

    Le 22 novembre, au point du jour, sous une pluie battante, un grand roulement de voiture nous annonce l'arrivée des prussiens. Pendant une heure, les prussiens défilent entre 2 haies de Mobiles silencieux. En arrivant dans le faubourg de Bizy, la tête de colonne est surprise par l'assurance des Vernonnais. Ils se renseignent donc et comprennent qu'ils sont tombés dans un piège. En hâte, ils parviennent à sauver leur artillerie et leur cavalerie qui regagnent Pacy par des layons forestiers, non sans avoir été pourchassés jusque dans les vignes de Gamilly par les gardes nationaux Vernonnais. L'infanterie prussienne chargée de contenir les Mobiles pendant la retraite de l'artillerie subit des pertes sévères dans sa fuite à travers bois. (on parle de 3 officiers et de 150 hommes de troupes).

     

     

    Après la retraite des prussiens, les 4 compagnies du 2ème Bataillon stationnent à Vernon. Le 3 ème Bataillon garde les bois et le faubourg de Bizy, en prévision d'une probable contre-attaque prussienne. Les pertes françaises se chiffrent à 2 tués: les mobiles Morel et Béal et à 6 blessés.

     

    Le 25 novembre, le chemin de fer ramène en provenance de Beaumont-le-Roger, l'autre moitié du Régiment qui s'installent sur les hauteurs du Petit-Val.

  • Histoire de la Normandie:Les combats de 1870 en Normandie

    Les combats ont cependant fait rage en Normandie pendant la courte guerre de 1870.Ce fut le cas à Gisors, à Gournay en Bray, à Vernon, à Villegats et près de Pacy-sur-Eure.

    Après la signature de l'armistice, le 28 janvier 1871, l'occupation Prussienne provoqua de nombreuses manifestations d'hostilité de la part des Normands.


    Guy de Maupassant les a immortalisées dans plusieurs de ses nouvelles, dans Mademoiselle Fifi ou encore dans Boule-de-Suif

    Quant à Flaubert, il ne décoléra pas de voir son domaine de Croisset à Canteleu, réquisitionné par les « casques à pointe »

    Et lorsqu'une de ses vieilles amies l'invita au printemps 1871 dans sa résidence de Bade, il lui répondit: « Quant à vous voir en Allemagne, c'est un pays où volontairement je ne mettrai jamais les pieds. J'ai vu assez d'Allemands cette année pour souhaiter n'en revoir aucun.»