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occupation prussienne

  • Histoire de Normandie:Bazincourt dans la guerre de 1870

    Dès le 9 octobre 1870, une colonne prussienne sous le commandement du Prince Albert de Prusse, neveu du Roi Guillaume Ier de Prusse, s'empare de Gisors. Elle se compose de 5000 hommes, dont plusieurs brigades de Uhlans et de Hussards de la Garde et elle est appuyée par 16 pièces d'artillerie.  

     

    Les 2 compagnies du 1er Bataillon des Mobiles des Landes renforcées par 300 gardes nationaux de l'Eure et de 25 Francs-Tireurs des Andelys ne sont pas de taille à s'opposer à la prise de la ville et ne peuvent plus espérer résister derrière le Front de l'Epte. Massés sur le Mont de l'Aigle au nord-ouest de Gisors, ils subissent le feu des canons prussiens et se replient par les bois en direction de Bézu-Saint-Eloi.

     

    Au même moment, la vingtaine de Garde Nationaux de Bazincourt, village de 200 habitants situé à 4km luttent désespérément contre la cavalerie prussienne pour l'empêcher de s'emparer des ponts sur l'Epte. Sous la conduite du Lieutenant Lebrun, ils résistent le plus longtemps possible, cernés et à court de munitions, après que la mort de 6 des leurs, les survivants se rendent.

     

    Le lendemain 5 de ces malheureux qui ont passé la nuit attaché à la grille de la boucherie de Bazincourt, sont fusillés sans jugement à Saint Germer de Fly, tandis que les autres sont relâchés après avoir été impitoyablement schlagués.

     

    Le monument, élevé devant l'église de Bazincourt est un mausolée qui fut inauguré le 26 juin 1871, qui comportent le corps des 11 Gardes Nationaux morts. Ce monument fut construit à la suite d'une souscription publique à laquelle participèrent tous les habitants de Bazincourt et de nombreux Gisorciens.

     

    Ce mausolée est devenu également le monument des morts pour la France des guerre de 14/18 et de 39/45.

  • La Bataille des 29 et 30 novembre 1870 dans le Vexin Normand

    Occupé depuis le 9 octobre, Gisors constitue la base de départ des patrouilles allemandes de ravitaillement qui rançonnent tout le Vexin Normand entre l'Epte, la Seine et l'Andelle.

     

    A plusieurs reprises, Etrépagny, Le Thil, Hacqueville, Suzay, Ecouis, Saussay la Vache sont taxés de fortes contributions par les forces d'occupation prussiennes.

     

    Les Mobiles français qui stationnent à Grainville tentent de s'y opposer et plusieurs escarmouches sanglantes ont lie, notamment à Mussegros et à la Ferme de Bremule le 14 octobre, où les Prussiens perdent plusieurs hommes qui furent enterrés à Gisors le 16 octobre.

     

    Les prussiens s'efforcent d'entretenir une atmosphère de terreur, en incendiant les fermes dans les villages suspectés d'accueillir des Francs-Tireurs. Après chaque escarmouche, les prussiens reviennent en force avec une compagnie d'infanterie, un escadron de cavalerie et plusieurs pièces d'artillerie pour punir les habitants accusés d'être complices des Francs-Tireurs.

     

    Le 25 novembre, les prussiens du 27ème Régiment d'Infanterie, deux escadrons du 1er Uhlans de la Garde et 2 batteries d'artilleries quittent Gisors. Ils vont grossir l'armée de Manteuffel qui tente de marcher sur Rouen. Dans Gisors, un régiment de Saxons remplace les Prussiens, et dès le 28 novembre, les réquisitions reprennent, de plus en plus difficiles à satisfaire.

     

    Le 29 novembre, 750 saxons viennent coucher à Etrépagny et 500 autres aux Thilliers en Vexin. Or ce même jour, le Général Trochu commandant la Garnison de Paris, veut tenter une sortie en direction de Rouen et demande au Général Briand, commandant les 12 000 français stationnés à Grainville, de déclencher une offensive en direction d'Etrépagny et de Gisors pour faire diversion.

     

    Après le conseil de guerre tenu à Fleury sur Andelle, le Général Briand organise son attaque en 3 colonnes qui doivent se rejoindre le 30 novembre à 5 heures du matin devant Gisors.

     

    La 1ère colonne, qu'il commande en personne, doit s'emparer d'Etrépagny. Elle se heurte aux saxons qui occupent la ville. Une fusillade intense éclate. Les Mobiles atteignent, à la sortie de la ville, le cimetière. Dans la nuit obscure, les cavalier Saxons et l'artillerie tentent d'échapper à l'encerclement. C'est bientôt un carnage. Une centaine de Saxons sont tués et autant sont blessés. Nos troupes s'emparent d'un canon et font plusieurs dizaines de prisonniers. Mais le reste de la troupe saxonne s'échappe en direction de Gamaches dont la route n'a pas été gardée. La fusillade dure jusqu'à 3 heures du matin et, dans la confusion, deux colonnes de français échangent des coups de feu, c'est ainsi qu'est mortellement touché le Capitaine Chrysostôme.

    Vers 4 heures du matin, après qu'on eut capturé quelques prisonniers cachés dans les maisons. Le Général Briand décide la retraite, prétextant le retard pris dans l'exécution de son plan initial.

     

    La 2ème colonne, forte de 3 000 hommes est commandée par le Colonel Canecaude. Arrivé à proximité des Thilliers, elle se heurte aux saxons qui occupent le village et que le bruit des combats d'Etrépagny a mis sur leurs gardes. Là aussi après quelques minutes d'escarmouche, Les mobiles battent en retraite, sans vraiment tenter de percer le dispositif ennemi.

     

    La 3ème colonne, composé des Francs-Tireurs sous le commandement du Colonel Mocquart, remplit la mission qu'on lui a assignée. Par Heudicourt et Saint-Denis-le-Ferment, elle atteint Bazincourt et les faubourgs de Gisors. Ne voyant pas venir les 2 autres colonnes, à 5 heures du matin, elle bat en retraite pour se conformer aux ordres du Général Briand, sans avoir vraiment combattu. Le retour à Ecouis dans la journée du 30 novembre est peu glorieux.

     

     

     

    Le Général Saxon Comte de Lippe ordonne les représailles à l'encontre des habitants d'Etrépagny accusés d'avoir aidé les Mobiles français.

     

    Le 30 novembre, à 14 heures, un détachement de cavalerie saxon entre dans la ville avec plusieurs tombereaux de paille et du pétrole et bientôt l'incendie fait rage. Quelques maisons sont épargnées moyennant le versement d'importantes sommes d'argent de la part des habitants. Les pompes à incendie détruites, les saxons regagnent Gisors. Quand les secours arrivent des villages voisins vers 18 heures, 53 maisons et 7 fermes sont entièrement anéanties.

     

    Quelques otages,, dont le maire Monsieur Deslongchamps sont emmenés à Gisors, ils sont relâchés le lendemain, après que le Général de Lippe eut reçu du Comte de Keller, prisonnier des troupes Française à Ecouis, une lettre disant: « Je suis à Ecouis bien traité. Les habitants d'Etrépagny ne sont pas coupables!»

     

    Le 1er décembre, on enterre au cimetière d'Etrépagny, les 7 soldats français. Les saxons ont quant à eux, enlevé leurs morts.

     

  • Histoire de Normandie: Le Drame d'Hébécourt le 10 novembre 1870

    Le 10 novembre vers 11 heures, une quinzaine de Francs-Tireurs se postent à Hébécourt et tirent sur 7 uhlans prussiens opérant des réquisitions. Le chef du groupe est tué. Le maire d'Hébécourt reçout des menaces de sanctions de la part des autorités d'occupations prussienns.  

     

    Effectivement, le même jour vers 15 heures, 400 fantassins, 200 cavaliers et 2 canons prussiens attaquent le villages. 3 fermes et 10 maisons sont incendiées par les prussiens.

     

    L'abbé Hébert âgé de 62 ans, curé d'Hébécourt est torturé à mort . Il était accusé par les prussiens d'avoir caché des Francs-Tireurs dans l'église.

    A proximité de l'église une croix a été élevée à sa mémoire et à l'endroit où il tomba, percé par les lances prussiennes fut édifié un second monument surmonté d'une vierge de la miséricorde.

  • Histoire de Normandie: Le combat de Bizy le 22 novembre 1870

    Le Régiment des Mobiles de l'Ardèche se constitue à partir du 12 septembre 1870. Il comprend 3 bataillons (1 par arrondissement), divisés chacun en 8 compagnie de 160 hommes. Les premiers jours sont consacré à l'habillement, à l'armement et à l'entrainement.  

     

    Le 28 septembre, le 1er Bataillon par de Privas sous le commandement de Monsieur de Guibert par chemin de fer et débarque à Evreux le 30 septembre. Il est affecté à la défense des vallées d'Eure et de Seine et à la surveillance de la garnison Prussienne qui stationne à Mantes forte de 3000 hommes chargés d'opérer un maximum de réquisitions dans l'est du département de l'Eure.

     

    Le 2ème Bataillon sous le commandement de Monsieur Bertrand parvient à Evreux le 9 octobre et stationne d'abord à Ivry la Bataille et Anet, pour garder les ponts sur l'Eure et empêcher toute pénétration venue de Dreux.

     

    Le 3ème Bataillon sous le commandement du capitaine Monsieur de Montgolfier (arrière petit-fils du fabricant des premières Montgolfières) arrive à Evreux le 13 octobre puis stationne à Pacy sur Eure.

     

    Le 22 octobre les 3 bataillons regroupés et aidés par les Mobiles de l'Eure du Colonel Mocquart, livrent bataille aux Prussiens dans les bois d'Hécourt et les repoussent jusqu'à la commune de Lommoye.

     

    Le 19 novembre, sur la base de rumeurs alarmistes, le général Kersalaun fait évacuer Evreux, Vernon et Gaillon, et ordonne un repli général sur Conches, Louviers et Serquigny.

     

    Le 20 novembre, il est relevé de ses fonctions pour son manque d'audace et il est remplacé par le général Briant qui stoppe la retraite, mais le 1er Bataillon et la moitié du 2ème Bataillon sont déjà parvenus à Beaumont-le-Roger près de Conches.

    Le 3ème Bataillon est réexpédiés à Vernon avec quelques éléments de Francs-Tireurs.

     

    Le 21 Novembre, 200 uhlans pénètrent à Vernon et annoncent pour le lendemain, l'arrivé d'une importante troupe d'occupation prussienne.

     

    A la hâte le général Briant décide de mettre en place une embuscade en forêt de Bizy et fait verrouiller les sorties de Vernon en direction de Paris, de Blaru et de Rouen. Lorsque l'ennemi aura investi la ville, il les encerclera et les anéantira; cette tâche échoit au 3 ème Bataillon et à 4 compagnies du 2ème Bataillon rassemblés à Saint-Pierre du Vauvray.

     

    On les transporte à Saint-Pierre-d'Autils avant qu'ils ne gagnent en pleine nuit, la forêt de Bizy, où ils se dissimulent de part et d'autre de la route vers Paçy.

     

    Le 22 novembre, au point du jour, sous une pluie battante, un grand roulement de voiture nous annonce l'arrivée des prussiens. Pendant une heure, les prussiens défilent entre 2 haies de Mobiles silencieux. En arrivant dans le faubourg de Bizy, la tête de colonne est surprise par l'assurance des Vernonnais. Ils se renseignent donc et comprennent qu'ils sont tombés dans un piège. En hâte, ils parviennent à sauver leur artillerie et leur cavalerie qui regagnent Pacy par des layons forestiers, non sans avoir été pourchassés jusque dans les vignes de Gamilly par les gardes nationaux Vernonnais. L'infanterie prussienne chargée de contenir les Mobiles pendant la retraite de l'artillerie subit des pertes sévères dans sa fuite à travers bois. (on parle de 3 officiers et de 150 hommes de troupes).

     

     

    Après la retraite des prussiens, les 4 compagnies du 2ème Bataillon stationnent à Vernon. Le 3 ème Bataillon garde les bois et le faubourg de Bizy, en prévision d'une probable contre-attaque prussienne. Les pertes françaises se chiffrent à 2 tués: les mobiles Morel et Béal et à 6 blessés.

     

    Le 25 novembre, le chemin de fer ramène en provenance de Beaumont-le-Roger, l'autre moitié du Régiment qui s'installent sur les hauteurs du Petit-Val.

  • Villes de Normandie: Le Tréport

    Le Tréport, dérivé de l'ulterior portus gallo-romain, fut le port maritime de la ville antique d'Auguste qui comprenait en outre le port fluvial d'Eu sur la Bresle.


    Le Comte d'Eu y fonda en 1036, une abbaye bénédictine et le port commença à prospérer au XII ème et XIII ème siècles, et surtout à partir du XV ème siècle quand la Bresle fut canalisée entre Eu et le Tréport.


    Comme beaucoup de cités normandes, Le Tréport souffrit de nombreuses guerres qui désolèrent la Normandie: Anglais au XIV ème au XVI ème siècles, protestants de Dieppe en 1562 qui détruisirent pratiquement la ville.


    Le port fut fortifié par Vauban au XVII ème siècle.


    Quant à la station balnéaire, elle naquit très tôt grâce à Louis-Philippe d'Orléans, qui y fit construire la première villa et y reçut la reine Victoria d'Angleterre en 1843 et 1845.


    Les occupations prussiennes et allemandes de 1870 et 1940 apportèrent de nouvelles destructions ainsi que les casemates de béton du mur de l'Atlantique qui défigurent aujourd'hui encore plus d'un site de la côte normande.