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nez de cuir

  • Extrait de Nez de Cuir de La Varende

    La Varende évoque le château de Beaumesnil dans « Nez de Cuir » sous le nom de Mesnilroyal

     

    « Le château anciennement aux ancêtres de Judith, avait ruiné tous ses propriétaires. Sa somptuosité était telle qu'on s'y trouvait gagné par le goût, la nécessité du faste; comme une trop belle femme demande des robes ou des bijoux dignes d'elle, l'invraisemblable édifice tournait les têtes de ses occupants. Depuis, encore! Il continue.

     

    Il était l'orgueil du Pays d'Ouche, la question qu'on posait au nouvel arrivant: « Avez-vous vu Mesnilroyal? ». A chaque déconfiture l'Ouche tout entier s'attristait. En fait il n'y a pas en France de demeure Louis XIII d'une telle beauté. Peut-on même lui comparer une demeure? Tous les autres châteaux ne paraissent plu s que des gîtes quand on les rapproche de son éblouissante fierté, de son lyrisme triomphal.

     

    Les cheminées encadrent les toits comme des colonnes votives dédiées à l'abondance campagnarde tellement elles élèvent haut leurs guirlandes de beaux fruits. À la gloire et au règne du Maître, s'exhibe sur les murailles toute une armée de valéets nus, statues de pierre qui se penchent ou se tordent, s'ingéniant à utiliser au mieux leurs formes pour masquer les pieds-droits, soutenir les linteaux, étayer les chambranles. Le Seigneur Maître est si grand, parut si imposant aux architectes, que les plafonds atteignent leurs émois: les deux étages du château en valent sept.

     

    Une lanterne fulgurante couronne le tout, chargée d'arrêter les rayons solaires, de les asservir à la splendeur de la maison en les fragmentant: auréoles, aigrettes, flammes, grâces à ses verres qui sont des lentilles. Il a fallu garnir l'intérieur de plomb car sous ces culs de bouteille les poutres se calcinaient. N'eût été le pâle soleil d'Ouche, Mesnilroyal aurait flambé avant le premier automne. Étroit comme un reliquaire, une châsse; à peine dix mètres de large; d'une sveltesse si fin qu'en venant de côté on ne le reonnaît pas dans cette grande stèle pointue qui monte, bel obélisque rose et gris. Sa façade au soleil est d'ivoire et de chair, l'autre d'argent et de feuille morte.

     

    Où cette splendeur devient la plus émouvante, c'est dans sa lutte contre le noroît, dans ce vent de tempête qui racle le Pays d'Ouche comme une lame, sans détour ni flexion. Sur le château, balise prodigieuse, les vagues se fendent, et, à cause de sa minceur, se referment derrière, sans rompre leurs élans, avec des remous extraordinairement sonore. L'ébullition atmosphérique pétille aux bouches creuses des géants, leus bouches béantes de voir le Maître! Le vent cuinte sous les aisselles poilues de mousse, claque dans les draperies calcaires qu'il éraille; il grince et râpe les épidermes piguelés.

     

    Puis, quand viennent les torchées de pluie, tout ruisselle et sanglote et lâche ses eaux dans le désespoir que le Maître ne puisse sortir par temps pareil. Une colère humide sait les termes et les gaillants; ils crachent! Ils bafouilles des jets! Et les gargouilles entourent le château de filets bruyants qui semblent naître des douves percutées où tout claque. La pluie redouble; les voix deviennent plus fortes et tonitruent, si bien que les grenouilles se mettent elles aussi à clamer comme si criaient les eaux! Le soleil glisse un rayon... alors, toutes ces colonnes liquides qui entourent la maison semblent soudain les barreaux d'une immense cage de cristal... Le vent tombe, et au loin, on entend cent hectares de parc qui râlent. »

  • Paysages de Normandie: Le Pays d'Ouche

    Peut-on parler de l'Ouche sans penser à La Varende dont le premier livre porte le nom du Pays qu'il habita, qu'il connut, qu'il aima, qu'il décrivit et évoqua dans son oeuvre entière.


    Terre médiocre, pays pauvre, le plus pauvre du département et pour cela semé encore de forêts et de bois: forêt de beaumont, forêt de Conches, forêt de Breteuil, véritable maquis qui, de proche en proche, par la forêt d'Evreux, vous mène à couvert jusqu'à la préfecture.


    La végétation des sous_bois est la même dans la forêt d'Evreux que dans les autres forêts de l'Ouche.


    Pays rêvé pour le mystère et les légendes et les bandits, pays de « Nez de Cuir » et du «  Sorcier Vert ».


    Voici comment le vieux Gabriel du Moulin le présente:


    «  Ouche baigné de Risle, est un terroir plat, pierreux pour la plupart, trop sec dans les chaleurs et trop humide dans les pluyes... Le pays est planté par cy par là de grandes forests et de bois où quand les chesnes et les haistres sont fertiles, on engraisse grande quantité de pourceaux, qu'on distribue aux François. Le breuvage plus ordinaire est du poiré. Il est bien vrai qu'on y trouve aussi de fort bons sidres, mais on les vend bien cher à ceux d'Evreux et de la campagne du Neubourg. »


    Gabriel du Moulin dit aussi : «  il y a grandes quantités de mines et de forges à fer »


    Il est vrai que le fer et le bois ont permis une industrie ancienne dont témoignent les tumulus de laitier que l'on rencontre dans les forêts et les noms de lieux : Ferrières-Haut-Clocher, Ferrières-Saint-Hilaire, Ferrières sur Risle.

  • Nez de cuir, de Jean de La Varende : comme une devise !

    source: Canal Académie

    Nez de cuir, de Jean de La Varende : comme une devise !

    La chronique Le bibliologue de Bertrand Galimard Flavigny

    podcast

    Nez de cuir ! Le héros masqué de ce livre, le plus célèbre de Jean de La Varende, inspira grandement son auteur, qui le fit réapparaître dans plusieurs de ses romans. Mais qui fut réellement "Nez de cuir", cet insatiable séducteur dissimulant ses blessures de guerre sous un masque ? D’où vint à l’écrivain dix-neuvièmiste l’idée de cet intrigant personnage d’un autre temps ? Voici, entre autres, l’une des questions que résout Bertrand Galimard Flavigny dans sa chronique Le biliologue, consacrée à Nez de cuir, Gentilhomme d’amour.

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