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nation française

  • Anniversaire du discours de Bayeux du 16 juin 1946


    Discours prononcé par le général de Gaulle à Bayeux, le 16 juin 1946



    Cependant, la nation et l'Union Française attendent encore une Constitution qui soit faite pour elles et qu'elles aient pu joyeusement approuver. A vrai dire, si l'on peut regretter que l'édifice reste à construire, chacun convient certainement qu'une réussite quelque peu différée vaut mieux qu'un achèvement rapide mais fâcheux.

    (…)

    C'est qu'en effet, le trouble dans l'État a pour conséquence inéluctable la désaffection des citoyens à l'égard des institutions. Il suffit alors d'une occasion pour faire apparaître la menace de la dictature. D'autant plus que l'organisation en quelque sorte mécanique de la société moderne rend chaque jour plus nécessaires et plus désirés le bon ordre dans la direction et le fonctionnement régulier des rouages. Comment et pourquoi donc ont fini chez nous la Ire, la IIe, la Ille Républiques ? Comment et pourquoi donc la démocratie italienne, la République allemande de Weimar, la République espagnole, firent-elles place aux régimes que l'on sait ? Et pourtant, qu'est la dictature, sinon une grande aventure ? Sans doute, ses débuts semblent avantageux. Au milieu de l'enthousiasme des uns et de la résignation des autres, dans la rigueur de l'ordre qu'elle impose, à la faveur d'un décor éclatant et d'une propagande à sens unique, elle prend d'abord un tour de dynamisme qui fait contraste avec l'anarchie qui l'avait précédée. Mais c'est le destin de la dictature d'exagérer ses entreprises. A mesure que se fait jour parmi les citoyens l'impatience des contraintes et la nostalgie de la liberté, à lui faut à tout prix leur offrir en compensation des réussites sans cesse plus étendues. La nation devient une machine à laquelle le maître imprime une accélération effrénée. Qu'il s'agisse de desseins intérieurs ou extérieurs, les buts, les risques, les efforts, dépassent peu à peu toute mesure. A chaque pas se dressent, au-dehors et au-dedans, des obstacles multipliés. A la fin, le ressort se brise. L'édifice grandiose s'écroule dans le malheur et dans le sang. La nation se retrouve rompue, plus bas qu'elle n'était avant que l'aventure commençât.

    Il suffit d'évoquer cela pour comprendre à quel point il est nécessaire que nos institutions démocratiques nouvelles compensent, par elles-mêmes, les effets de notre perpétuelle effervescence politique. Il y a là, au surplus, pour nous une question de vie ou de mort, dans le monde et au siècle où nous sommes, où la position, l'indépendance et jusqu'à l'existence de notre pays et de notre Union Française se trouvent bel et bien en jeu. Certes, il est de l'essence même de la démocratie que les opinions s'expriment et qu'elles s'efforcent, par le suffrage, d'orienter suivant leurs conceptions l'action publique et la législation. Mais aussi tous les principes et toutes les expériences exigent que les pouvoirs publics : législatif, exécutif, judiciaire, soient nettement séparés et fortement équilibrés et, qu'au-dessus des contingences politiques, soit établi un arbitrage national qui fasse valoir la continuité au milieu des combinaisons.

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  • Culture de Normandie:Un poème de François de Malherbe

    François de Malherbe poète Normand

    manteau des pairs de france.gif

    Pour les pairs de France, assaillants au combat de barrière

    Et quoi donc ? la France féconde
    En incomparables guerriers,
    Aura jusqu'aux deux bouts du monde
    Planté des forêts de lauriers,
    Et fait gagner à ses armées
    Des batailles si renommées,
    Afin d'avoir cette douleur
    D'ouïr démentir ses victoires,
    Et nier ce que les histoires
    Ont publié de sa valeur ?

    Tant de fois le Rhin et la Meuse,
    Par nos redoutables efforts
    Auront vu leur onde écumeuse
    Regorger de sang et de morts ;
    Et tant de fois nos destinées
    Des Alpes et des Pyrénées
    Les sommets auront fait branler,
    Afin que je ne sais quels Scythes,
    Bas de fortune et de mérites,
    Présument de nous égaler ?

    Non, non, s'il est vrai que nous sommes
    Issus de ces nobles aïeux,
    Que la voix commune des hommes
    A fait asseoir entre les dieux ;
    Ces arrogants, à leur dommage,
    Apprendront un autre langage ;
    Et dans leur honte ensevelis
    Feront voir à toute la terre,
    Qu'on est brisé comme du verre
    Quand on choque les fleurs de lis.

    Henri, l'exemple des monarques,
    Les plus vaillants et les meilleurs,
    Plein de mérites et de marques,
    Qui jamais ne furent ailleurs ;
    Bel astre vraiment adorable,
    De qui l'ascendant favorable
    En tous lieux nous sert de rempart,
    Si vous aimez votre louange,
    Désirez-vous pas qu'on la venge
    D'une injure où vous avez part ?

    Ces arrogants, qui se défient
    De n'avoir pas de lustre assez,
    Impudemment se glorifient
    Aux fables des siècles passés ;
    Et d'une audace ridicule,
    Nous content qu'ils sont fils d'Hercule,
    Sans toutefois en faire foi ;
    Mais qu'importe-t-il qui puisse être
    Ni leur père ni leur ancêtre,
    Puisque vous êtes notre Roi ?

    Contre l'aventure funeste
    Que leur garde notre courroux,
    Si quelque espérance leur reste,
    C'est d'obtenir grâce de vous ;
    Et confesser que nos épées,
    Si fortes et si bien trempées
    Qu'il faut leur céder, ou mourir,
    Donneront à votre couronne
    Tout ce que le Ciel environne,
    Quand vous le voudrez acquérir.