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monument mégalithique

  • Eure: menhir ou pierre levée près de Louviers

     

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    LE MENHIR DE CREMONVILLE.

    Ce menhir est un des plus beaux de Normandie. Sa hauteur au-dessus du sol est d'environ 3,30 m (+1,70 m pour la partie enterrée); sa largeur de 1,88 m et son épaisseur de 0,70 m. Il peut peser de 14 à15 tonnes. On voit dans sa partie supérieure une entaille rectangulaire de 30 cm x 25 cm environ, et de 5 cm de profondeur. Cette sorte de niche a dû abriter autrefois un des insignes chrétiens dont nous venons de parler.


    En 1842, fut construite la route de Louviers à Saint-Etienne-du-Vauvray. Non loin du menhir, les travaux de terrassement mirent à jour un tombeau celtique contenant 3 couches de squelettes superposés, rangés en cercle, avec les pieds au centre. C'était une découverte grandement intéressante; malheureusement, avant que des personnes compétentes aient pu intervenir, cette sépulture se trouva détruite par les ouvriers qui venaient de la trouver: les squelettes furent renfouis au hasard. Le menhir, alors, n'était pas à l'emplacement qu'il occupe actuellement; il se dressait à une vingtaine de mètres de là, côté N-O, au milieu de la voie ferrée actuelle, qui a été construite de 1865 à 1867.

    Ce fut en traçant les plans de cette ligne qu'on constata qu'il faudrait supprimer ou déplacer le mégalithe. Après de longs et parfois difficiles pourparlers entre les ingénieurs du chernin de fer et les autorités départementales, le déplacement fut décidé.
    Il eut lieu les 30 avril et 1er mai 1866. Un contremaître, 3 ouvriers et 20 manoeuvres s'y employèrent. Après déterrement, on traîna la lourde masse tirée par des treuils, sur un chemin de bois. L'opération ne se fit pas sans à-coups puisque le bloc fut alors accidentellement brisé en deux parties à peu près égales. (on peut suivre encore, à un mètre environ du sol, la trace irrégulière de la fracture).


    Finalement, le menhir tut placé sur un lit de calcaire et sur une couche de béton, au milieu d'un are de terrain offert au département par le propriétaire de Crémonville-Basse, Mme de Lux. Le coût du transfert 3 fois plus élevé qu'il n'avait été prévu, se monta à 1803 F (francs-or de l'époque, soit environ 20000 F actuels, 2 millions d'A. F.). Le département trouva cette dépense si lourde qu'il renonça à faire entourer la pierre d'un muret avec inscription, cornme il avait été prévu; on se contenta d'une petite haie d'épines, qui existe encore. Situé au bord d'une voie passante, vu par de nombreux touristes, le menhir de Crémonville mériterait mieux que l'état d'abandon dans lequel il se trouve aujourd'hui.»