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maurice leblanc

  • Culture de Normandie: Extrait d'Arsène Lupin

    « En pleine mer, se dressait un roc énorme, haut de plus de quatre-vingts mètres, obélisque colossal, s'aplombe sur sa large base et qui s'effilait ensuite jusqu'au sommet, ainsi que la dent gigantesque d'un monstre marin. Blanc comme la falaise, d'un blanc gris et sale, l'effroyable monolithe était strié de lignes horizontables marquées par du silex, et où l'on voyait le lent travail des siècles accumulant les unes sur les autres les couches calcaires et les couches de galets. De place en place une fissure, une anfractuosité, et tout de suite, là, un peu de terre, de l'herbe, des feuilles... Et tout cela puissant, solide, formidable, avec un air de choses indestructible contre quoi l'assaut furieux des vagues et des tempêtes ne pouvait prévaloir. Tout cela, définitif, immanent, grandiose malgré la grandeur du rempart de falaise qui le dominait, immense malgré l'immensité de l'espace où cela s'érigeait.

     

    Et Beautrelet, soudain, ferma les yeux et serra convulsivement contre son front ses bras repliés. Là -bas, là-bas presque en haut de l'Aiguille d'Etretat, en dessous de la pointe extrême autour de laquelle voltigeaient des mouettes, un tout petit peu de fumée qui suintait d'une crevasse, ainsi que d'une cheminée invisible, un tout petit filet de fumée montait en lentes spirales dans l'air calme du crépuscule... »

     

    Maurice Leblanc

    Aventures extraordinaires d'Arsène Lupin.

  • Paysages de Normandie:La Côte d'Albatre

     

     

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    «Elle est exquise, cette petite anse de galets, si gracieusement taillée dans la falaise » , écrivait en 1873 le poète François Coppé, à propose d'Etretat.

    Rendue célèbre au XIX7me siècle par les chroniques d'Alphonse Karr, la petite cité a séduit nombre d'écrivains, de peintres et de baigneurs. L'image de ses arches majestueuses a fait le tour du monde tout comme celle de sa fameuse « aiguille » mise en scène par Maurice Leblanc, père d'Arsène Lupin.

    Pas question de quitter la cité sans avoir escaladé les falaises, cheminé sur le sentier au bord de l'âbime et contemplé le paysage, le nez au vent et les cheveux en bataille.


    Préférez la petite route côtière, passant par la jolie station d'Yport, pour rejoindre Fécamp. La cité des Ducs recèle quelques bijoux architecturaux comme l'Abbatiale de la Trinité et le très célèbre Palais de la Bénédictine.

    Quant au musée des Terre-Neuvas et de la pêche, il évoque l'épopée des pêcheurs de morue qui, au siècle dernier, allaient poser leurs filets au large de Terre-Neuve.


    L'idéal est de faire escale à Fécamp, le samedi, jour de marché, pour découvrir les poissons, coquillages et autres produits du terroir.


    Après Saint-Valéry en Caux et Veules-les-Roses, une halte s'impose à Varengeville sur Mer.A découvrir, l'église du Xième siècle et ses vitraux signé Georges Braque, le Manoir d'Ango, l'un des édifices les plus pittoresques du Pays de Caux.


    A quelque kilomètre de là, Dieppe fut le port d'attache de nombreux explorateurs et armateurs d'être gagnée, au XIXème, par la vogue des bains de mer.


    Et voici Le Tréport, niché au pied des falaises les plus hautes de France, et plus à l'intérieur des terres, la ville d'Eu qui vous surprendra par la richesse de son patrimoine historique:

    La collégiagle Notre-Dame et Saint-Laurent, l'un des plus beaux édifices religieux normands, le chateau-musée Louis-Philippe de style « renaissance » et sans oublier sa majestueuse forêt.

  • Ecrivain de Normandie:Maurice Leblanc

    par Caroline

    "On reste de Rouen toute sa vie alors même qu'on n'est plus à Rouen. Pour moi, être fou c'est aller à Quatre-Mares. La prison c'est Bonne-Nouvelle et la foire c'est la Saint-Romain. Si l'on ne comprend pas toujours Rouen, on s'en imprègne et l'on en demeure imprégné." Confie un jour Maurice Leblanc à son ami André Maurois.

     

    De fait l'écrivain est profondément Normand. Né le 11 novembre 1864 à Rouen, dans une famille bourgeoise, fils d'un riche négociant de Charbon, le jeune Maurice entre au service d'amis de son père qui tiennent une importante usine de cadre dans la métropole Normande. Mais le démon de l'écriture le hante.

    En 1885, Leblanc monte à Paris, avec l'absolution d'un père qui se résout à le voir taquiner la muse, fréquenter le fameux cabaret "Le Chat Noir" et commencer dans divers quotidiens de la capitale une carrière qui s'avère prometteuse.

    Au point que Jules Renard, Alphonse Daudet,  Stéphane Mallarmé et son compatriote Guy de Maupassant lui-même le protègent et l'encouragent. Lorsqu'il courtise pas les routes de Normandie sur un vélocipède, Maurice Leblanc écrit ,avec frénésie, son autobiographie " L'entousiaste" et son roman " Voici des ailes", un livre leste et sportif arborant sur la couverture une jolie cycliste en topless lui valent les égards de la profession.

     

    Mais c'est en 1905 que son destin littéraire bascule, lorsque Pierre Laffite, le directeur du journal "Je suis tout", lui commande un roman-feuilleton, genre très prisé dans la presse de l'époque.

    "L'arrestation d'Arsène Lupin" connait un triomphe immédiat. le "gentleman cambrioleur" qui emprunte ses méthodes, son habilité et son fair-play au voleur-anarchiste "Marius Jacob" qui défraie alors la chronique en multipliant les actions contre ceux qu'il nomme "les parasites", patrons, juges, militaires, va dès lors supplanter son "père" au hit-parade de la célébrité.

     

    L'aventure de Lupin qui, pour Leblanc devait être éphémère trouve de multiples rebondissements, sous la pression d'un lectorat qui renonce à voir son "héros" moisir en prison.

    Plus chanceux que son "modèle" Marius Jacob qui pendant 23 ans goute aux délices du Bagne, Arsène Lupin multiplie, depuis son repère, l'aiguille creuse d'Etretat, des larcins au style galant et aristocratique.

    En 1910, Maurice Leblanc fermement décidé à tuer son héros, et doubler par sa créature de papier qui triomphera dans seize romans, trente-sept nouvelles et quatre pièces de théatre dont le petit et le grand écran ne tarderont pas à s'emparer.