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massacre révolutionnaire

  • Choeur Montjoie- la complainte des Lucs

    podcastCouplets :

    Habitants de cette terre, n’entendez-vous pas
    La rumeur d’une prière monter sous vos pas?
    Tous les échos de vos rues sont pleins de sanglots,
    Laboureurs, sous vos charrues dorment des héros.

    Le plus sublime offertoire en l’honneur de Dieu,
    Il est écrit dans l’histoire de vos bons aïeux;
    Bonnes gens de la paroisse, venez l’écouter,
    pour qu’en vous, la Foi s’accroisse, et la Charité.

    Sur les bords de la Boulogne, l’on vivait heureux,
    Chacun faisait sa besogne d’un cœur généreux.
    Quand de vos clochers antiques sonnait l’Angélus,
    On entendait les cantiques d’un peuple d’élus.

    Au Petit-Luc, Notre Dame régnait, consolait;
    Tous aimaient son oriflamme et son chapelet.
    Près d’Elle notre Bocage, Palluau, Légé,
    Venaient en pèlerinage pour la louanger.

    A la veille du grand drame, quand vint la Terreur,
    Les Lucs gardaient la même âme, sous deux saints pasteurs;
    On voyait marcher en tête, sous même drapeau,
    Le fier curé Barbedette et le doux Voyneau.

    On vint enlever nos prêtres, même du Saint Lieu,
    Brimer la Foi des ancêtres, chasser le Bon Dieu;
    Alors, du pied des calvaires, quittant leur pâtis,
    En récitant le Rosaire, nos gars sont partis.

    Partis pour la Guerre Sainte, soldats en sabots,
    Sans haine, sans lâche crainte, armés de leurs faux;
    Ils ont, d’un geste unanime, pris le Sacré-Cœur,
    C’est l’emblème magnanime qui les rend vainqueurs.

    Dans la paroisse fidèle, le curé Voyneau
    mène à la vie éternelle son fervent troupeau.
    Au milieu de ses ouailles, autour du foyer,
    Pour les gars à la bataille, il fera prier.

    Barbedette en la mêlée, crâne, s’enrôla;
    Près des siens, l’âme zélée, le Pasteur est là.
    Prêchant le soir, à la brume, le Dieu des combats,
    Il montre au Ciel la fortune des vaillants soldats.

    Devant les rudes brigades de ces paysans,
    Partout, fuient de nos bourgades les " bleus " mécréants.
    La République apostate est en désarroi;
    Ces nouveaux croisés se battent pour venger leur Foi.

    Alors, de haine obsédée, jurant d’en finir,
    Pour écraser la Vendée, pour l’ensevelir,
    La Terreur féroce et sombre, redoublant d’efforts,
    lance des troupes sans nombre, pour la lutte à mort.

    Pour défendre nos parages, Charette est bien là;
    Il attaque avec courage, autour de Gralas.
    Hélas, la moisson de gloire qui nous couronnait,
    Vient s’achever outre-Loire, près de Savenay.

    Charette donne la chasse à tous ces bandits,
    Les épuise, les harasse, partout sans répit;
    Il est au pays de Bouaine, il est à Légé,
    Dans la forêt, dans la plaine, toujours au danger.

    Dans sa fureur sanguinaire, la Convention
    trace des itinéraires de destruction;
    Prêchant le meurtre et la flamme, Cordelier, Turreau,
    Sur les enfants et les femmes, lancent leurs bourreaux.

    Les colonnes infernales, meutes de démons,
    promènent leurs saturnales dans tous les cantons.
    C’est une traque émouvante, par les champs, les bois;
    La misère et l’épouvante d’un peuple aux abois.

    Profitant de son absence, fin de février,
    Sur un peuples sans défense, lâches meurtriers,
    Les bleus font leurs randonnées, en lâches pillards,
    Massacrant des maisonnées d’enfants, de vieillards.

    Bientôt la horde inhumaine, vers les Lucs descend,
    On suit les énergumènes aux traces de sang.
    Le tocsin répand l’alerte, on court aux genêts;
    On dit, sous leur voûte verte, de longs chapelets.

    De la cachette, en silence, le cœur angoissé,
    On voit le feu qui s’élance du foyer laissé;
    Et de village en village, au milieu des cris,
    Dans un odieux carnage, combien ont péri!

    Tout le bourg est sur la route, cherchant à s’enfuir,
    Mais l’ennemi qu’on redoute va bientôt surgir;
    Les pauvres petits qu’on traîne, bien péniblement,
    forment des grappes humaines autour des mamans.

    " Notre Dame nous appelle! ", dit le vieux curé;
    " Courons tous en sa chapelle, nous réfugier! "
    Blotti près de sa Madone, ce peuple au cœur fort,
    A la Vierge s’abandonne, sans craindre la mort.

    Entendez-vous des sicaires, les cris avinés?
    Et les deux chœurs du Rosaire, monter obstinés?
    Ces chrétiens sans anathème, sont prêts à mourir,
    Pour la Foi de leur baptême, qu’ils font refleurir.

    Le Pasteur s’offre en victime pour tout le troupeau;
    Il se présente sublime, devant ses bourreaux.
    Dès sa première parole, il est massacré;
    du ciel descend l’auréole, sur son front sacré.

    Alors c’est la chasse à l’homme à travers le bourg,
    On incendie, on assomme tout le long du jour;
    On se jette sur la foule, qui prie à genoux;
    Dans le Saint Lieu, le sang coule, le sang de chez nous.

    Sous la Vierge qui regarde, crie un chef grossier:
    " Enfoncez jusqu’à la garde vos lames d’acier! "
    Dans cette horrible tuerie, nul n’est épargné,
    Et le temple de Marie devient un charnier.

    Dans les clameurs des blasphèmes, qui vont crescendo,
    Des voix défaillantes sèment des bouts de Credo.
    Ce peuple qui persévère, qui prie et qui croit,
    Vient de finir son Calvaire, son chemin de Croix.

    Dans l’amour de Notre Dame et pour Jésus-Christ,
    Dans la Foi que tous proclament, tous ils ont péri;
    Sacré-Cœur sur la poitrine, chapelet au cou,
    Ils sont morts pour leur doctrine, fermes jusqu’au bout.

    Des tas d’enfants pêle-mêle sont là, confondus,
    Gisant dans cette chapelle, les bras étendus.
    Mais là-haut dans le ciel calme, le Seigneur descend:
    Il fait couronner de palmes les Saints innocents.

    Las d’une telle hécatombe, et pris de boisson,
    Dans le soir pourpré qui tombe, les soldats s’en vont.
    Sur l’église qui domine, on tire au canon;
    Reste un monceau de ruines, sur des morts sans nom.

    Quand le vaillant Barbedette revint des combats,
    Dans sa paroisse muette, régnait le trépas;
    La douleur saisit son âme, et tout angoissé,
    Il revit l’atroce drame qui s’était passé.

    Mais, comprenant la victoire de tous ses enfants,
    Il fit léguer à l’histoire leurs noms triomphants;
    Tous ces noms que chacun porte chez nous, dans l’honneur,
    A tous, qu’ils ouvrent la porte du divin Bonheur!

    Ainsi moururent nos pères, au jour de jadis,
    Afin que leurs fils espèrent dans le Paradis.
    Pour mériter leur suffrage, sachons imiter
    Leur intrépide courage, leur fidélité.

    Les petits gars de Vendée ont versé leur sang,
    Comme ceux de la Judée, pour Jésus naissant.
    Tout en chantant leur histoire, Vendéens, prions
    Pour qu’un jour la même gloire couronne leurs fronts.

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