Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

manche

  • Village de Normandie : Saint-Sauveur-Lendelin.

     

     

    La situation de ce bourg, lieu situé sur une élévation et placé sur une ancienne voie celto-romaine qui reliait Alaune (Valognes) à Constantia (Coutances)

     

    Le nom de Saint-Sauveur indique la présence d'une église Romane au IX ème siècle. Le nom de ce saint était souvent attribué aux églises de style Roman : Sanctus Salvator.

     

    Lendelin est peut-être une déformation de Odelin ou d'Adelin, compagnon de Rolf le Marcheur, premier Comte de Normandie.

     

    La charte de Guillaume II de Normandie dit le Conquérant parle pour la cathédrale de Coutances de Sanctus Salvatori Odelini.

     

    Jean sans Terre, duc de Normandie et roi d'Angleterre, a donné le domaine de Saint-Sauveur à Blanche de Castille, la mère du futur Saint-Louis.

     

    Par la suite le domaine de Saint-Sauveur appartiendra à :

     

    Jeanne de France, veuve du roi Philippe Le Long

    La famille d'Orléans au XV ème siècle

    La famille de Bassompière au XVI ème siècle

    Marie de Médicis après la mort d'Henri IV

    pour terminer par la famille de Bourbon au XVII ème siècle.

     

     

    L'église actuelle a été commencée au XIII ème siècle. La partie a plus ancienne comprend la nef principale, les nefs latérales, le porche et la tour.

     

    La nef date de la fin du XIII ème siècle comporte cinq grandes arcades à ogives règnent de chaque côté de la nef et la mettent en communication avec les nefs latérales. Il faut aussi remarquer les deux grandes arcades ogivales, qui s'élèvent sous la tour et font suite à celles de la nef. Les piliers sont à remarquer spécialement ; ils reçoivent la retombée des arcades de la nef, ils sont à pans coupés, garnis de colonnettes, dont les chapiteaux sont ornés de volutes, de feuilles d'eau et de différentes moulures du plus heureux effets.

     

    Cette partie ancienne de l'église est entièrement voûtée de pierre. Ces voûtes annoncent déjà le style du XV ème siècle.

    Sur le mur occidental, on peut voir une fenêtre du XIV ème siècle, à deux baies divisées par un meneau ; une rosace surmonte l'arcade de chaque baie. Les vitraux de cette fenêtre date de 1926 et sont les seuls qui ont survécu aux combats de la seconde guerre mondiale et représentent Sainte Barbe et Sainte Clotilde.

     

    La tour paraît datée du XIV ème siècle, elle est de forme quadrilatère et se termine par un toit à double égout. Ses façades sont percées par d'une fenêtre ogival, garnies de colonnes et d'un tore. Chaque baie a son arcade subtrilobée et est elle-même divisée par une croix en pierre. La tour est précédée par un porche du XV ème siècle dont la voûte en pierre est soutenue par des arceaux croisés.

     

    En 1944, les trois quarts de la toiture fut emportée, une travée presque détruite et une grande partie des vitraux furent détruit. Le 28 juillet 1944 à 6 heures l'église reçut deux obus de plein fouet près du choeur.

     

    Le général US de la III ème armée américaine, Bradley, installa son quartier général le 7 août en préparation de l'opération Cobra et y reçoit le premier ministre britannique Winston Churchill.

     

     

    Une restauration eut lieu entre 1971 et 1972.

  • Visite historique de Valognes

     

     

    La ville a été créée à côté de la ville celto-romaine d'Alauna, dont il reste des vestiges dans l'actuel quartie d'Alleaume. La ville est réputée pour ses hôtels du XVII ème et XVIII ème sièclen qui lui ont valu le nom de « Versailles Normand ». Mais voilà la ville a été très touchée lors des bombardements qui ont permis le débarquement sur Utah Beach.

     

     

    Eglise Saint Malo: c'est une remarquable démonstration de la capacité de l'architecture du XX ème siècle, à se marier avec l'architecture de style Gothique. De l'église détruite en 1944, il reste le choeur qui date du XV ème siècle, qui a été restauré par Yves-Marie Froidevaux. Yves-Marie a réalisé la nouvelle nef, la tour de croisée et le porche avec le baptistère, le tout est en béton. L'élévation du choeur présente deux niveaux, les grandes arcades et les fenêtres-hautes devant lesquelles selon la tradition normande passe une coursière béante protégée par un garde-corps. Le deuxième niveau de cette élévation est en porte à faux par rapport au premier niveau.

     

    Palais de Justice: il a été construit en 1834 par Henri van Cleemputte, élève de Charles Percier et de Pierre-Louis Charles van Cleemputte.

     

    Rue Barbey d'Aurevilly:

     

    • Hôtel de Beaumont: Hôtel du XVII ème siècle modernisé entre 1767 et 1771 par Pierre-Raphaël de Lozon pour le compte de Pierre-Guillaume Jallot, comte de Beaumont.

    • Maison des Teinturiers: rae vestige du XIV ème siècle de l'ancien quartier des artisans, teinturiers établis au bord du Merderet. C'est actuellement le musée du Cidre.

     

    Rue des Religieuses:

     

    • Hôtel dit de Mesnildot: à voir la cour à bossages

    • Hôtel dit de Gran-Val-Caligny: Adrien Morel de Courcy, gouverneur de la ville et du château de Valognes, acquiert en 1708, trois maisons qu'il fait compléter et rhabiller. De nouveaux aménagement sont effectués dans la seconde moitié du XVIII ème siècle pour le compte de A-L Hue de Caligny. L'aspect général est celui d'un hôtel du XVII ème siècle. On remarquera l'aile gauche en rez-de-chaussée couverte en terrasse et le « renard » qui s'élève au-dessus de la terrasse. Il faut traverser cette aile pour entrer dans la cour des communs.

    L'Abbaye: C'est un ensemble commencé en 1629. C'est une communauté de bénédictines chassées de Cherbourg par la peste qui s'est réfugiée à Valognes en 1626.. L'église a été consacrée en 1648, elle présente un choeur surélevé auquel on parvient par un étonnant degré et sur lequel s'ouvre le plain-pied. À droite c'est le choeur des religieuses. Le Maître-Autel à retable date du XVII ème siècle. L'Abbaye est transformée en hôpital sous la Première République

     

     

    Les Thermes d'Alauna: Il date de la seconde moitié du 1er siècle.

  • Traditions de Normandie: la Saint-Jean d'Eté

     

    30063_10150209278790227_756430226_12878371_8136704_n.jpg

    La fête de la Saint-Jean-Baptiste, célébrée le 24 juin marque le solstice d'été, le moment de l'année où le jour est le plus long.

     

    Cette fête ne doit pas être confondue avec celle de Jean l'évangéliste, célébrée le 27 décembre, bien que toutes deux soient placées sous le signe du feu.

     

    Dans les villes et les campagnes, des torches, des bûchers et des feux de joie sont allumés pour les honorer, le feu ayant valeur de purification, mais aussi, dans l'imaginaire collectif, de symbolisation du soleil.

     

    Les cérémonies de la Saint-Jean pouvaient durer plusieurs jours. Chaque village avait son feu de joie.

     

    A Cerisi-Belle-Etoile dans l'Orne, on préparait dès l'avant-vieille un arbre que l'on garnissait de fagotys de bois sec, de genêts et de brandons de pailles. A sa cime on nouait un bouquet. Le lendemain, à la nuit tombante, arrivait toute une procession de fidèles brandissant des cierges allumés, précédée d'un chantre, des enfants de coeur et de monsieur le Curé qui avait la charge de bénir l'arbre. On enflammait le bûcher, puis le clergé en grande pompe s'éloignait pour laisser place à la danse.

     

    C'était un peu partout le même rituel. Seul le bouquet attaché au faîte de l'arbre changeait.

     

    Dans l'Orne, c'était une couronne de mousse; à Rouen, une tresse de fleurs et de feuillage accrochée plusieurs jours avant la Saint-Jean; dans le Cotentin, une couronne de fleurs et de lierre abritant un pigeon en papier.

     

    On faisait également des feux pour le bétail. Pour être purifiées, les bêtes devaient, non sans mal, passer au travers d'une épaisse fumée dite « fumée des vaches ».

     

    Les citadins avaient eux aussi leurs feux de la Saint-Jean. Ils allumaient joyeusement de grands brasiers dans les rues.

     

    Les herbes de la Saint-Jean étaient réputées entre toutes. On se levait tôt pour cueillir les simples, bien avant le lever soleil et sans avoir mangé. Les herbes coupées étaient mises à sécher dans les grenier.

     

    Dans le bocage Normand, les paysans ajoutaient à leur soupe sept de ces herbes pour avoir deux fois plus de force.

  • La Truite Normande

    Avec ses nombreuses piscicultures, la Normandie se place dans le carré de tête des producteurs français de truites, quatrième poisson consommé dans l'Hexagone.


    Mais les terres normandes sont aussi arrosées par de très nombreux cours d'eau qui offrent des eaux vives, claires, fraîches et riches en oxygène... un environnement naturel qui permet à ses poissons carnivores de s'ébattre tout à loisir.


    Les pêcheurs n'ont que l'embarras du choix pour aller taquiner la « fario », « l'omble », ou « l'arc-en-ciel »: la Vire, la Seulles, la Touques dans le Calvados, la Risle ou l'Andelle dans l'Eure, la Sée dans la Manche, la Varenne, l'égrenne, la Rouvre dans l'Orne, l'Arque, la Valmont, ou encore la Bresle en Seine-Maritime.

  • Les boissons normandes à l’honneur


    A défaut de vins, la Normandie possède toute une gamme de produits cidricoles, dont elle peut s’enorgueillir à juste titre.

    Pourquoi, alors, ne pas les mettre à l'honneur à l'occasion des festivités de fin d'année, individuellement ou bien associés pour former de savoureux cocktails ?


    Ces jus de pommes ou de poires, cidres, Poirés, Pommeaux et autres Calvados méritent d’autant plus d’être dégustés, voire découverts parfois, qu’ils sont restés parfaitement naturels. Ils ne sont, en effet, ni aseptisés, ni concentrés, ni même pasteurisés, encore moins aromatisés.


    Peu connus il y a peu encore, hors des frontières normandes, Calvados mis à part, ces produits possèdent maintenant une vraie notoriété grâce aux AOC : Calvados (Pays d’Auge ou Domfrontais), Cidre du pays d’Auge, Poiré de Domfront, Pommeau de Normandie.


    Toutes ces boissons au parfum subtil feront honneur à votre table, depuis le pommeau qui constitue un excellent apéritif jusqu’au calvados qui conclut dignement un repas sur une note normande.


    Le Pommeau. Mélange harmonieux de Cidre et de Calvados, vieilli en fût de chêne pendant 14 mois au minimum, il peut se servir tout au long du repas. Il accompagne avec bonheur un foie gras (normand, cela va de soi), des huîtres chaudes ou un melon. Au dessert, il est le compagnon presque idéal de la tarte aux pommes, ou d’un entremets au chocolat.


    Le Cidre. Clair et brillant, avec une prise de mousse naturelle en bouteille, le Cidre Pays d’Auge est composé pour les trois quarts de pommes qui appartiennent aux variétés amères et douces-amères. Bu jeune, il exhale des parfums de fruits, de fleurs, de miel, ou encore de caramel. Un peu plus âgé, ce cidre présente des notes végétales, boisées ou épicées.


    Le Poiré de Domfront. Il est élaboré à partir d’une dizaine de variétés de poires, dont les fameuses “plant de blanc”, soigneusement sélectionnées. Pétillant comme le cidre, il est servi, comme lui, d’un bout à l’autre du repas.


    Le Calvados. A n’en pas douter, c’est le roi. Apprécié depuis bientôt quatre siècles, il est issu de la distillation du cidre. Des fruits qui tous proviennent de vergers présents dans la zone définie par le cahier des charges de l’AOC. Une fois distillé, le Cidre, devenu eau-de-vie, doit passer un minimum de deux à trois ans en fûts de chêne.
    C’est ainsi qu’il acquiert sa couleur brune-ambrée. Tout au long du séjour en fût, le maître de chai procède à des assemblages d’eaux-de-vie d’âges différents. A l’issue, naît un Calvados au tempérament bien marqué. Au-delà de trois ans d’âge, il devient cet alcool que l’on déguste lentement en fin de repas.

    Mais il permet aussi de parfumer les sauces, les terrines, et les desserts. Et même certains camemberts.
    Les cocktails. Enfin, ces différents alcools normands sont aussi à la base de cocktails qui les associent.

     

    Ainsi, “Le vrai normand” se prépare-t-il à partir de Calvados, de Pommeau, de jus de pommes fermier et d’un trait de grenadine. L’ensemble est mélangé vigoureusement pendant trente secondes dans un shaker.

     


    Autre suggestion, “Le Normandy”, se confectionne à partir de Calvados, de Cidre AOC et de miel, mélangés dans un shaker à moitié rempli de glaçons.


    Toutes ces boissons étant alcoolisées, il est recommandé de les consommer avec modération, et de ne pas conduire quand on a bu.

  • Histoire de Normandie: Des mégalithes à l'âge du Bronze?

    L'âge du Bronze marque la fin de la construction des mégalithes. Les populations de la première phase du Bronze continuent toutefois à utiliser des monuments plus anciens mais cela reste un mouvement de peu d'ampleur qui masque un retour à des pratiques funéraires individuelles.

     

    Ce type de monument continue toutefois à marquer le paysage protohistorique et la place des pierres levées mérité d'être discutée. Sans fouille, il est généralement impossible de dater ces pierres dressées dont l'érection s'étend probablement du Néolithique à la Tène ancienne.

     

    Quelques grandes stèles taillées datent sans conteste du Néolithique, par comparaison avec les exemples bretons, tandis que d'autres, dressées à côté de monuments funéraires appartiennent vraisemblablement à l'âge du Bronze comme à Soulangy dans le Calvados ou Cerisé dans l'Orne.

     

    D'autres sites encore, comme Cerisy-la-Salle dans la Manche, ont livré un dépôt d'objet en bronze au pied d'un petit alignements de menhirs, suggérant au moins que les populations avaient encore une connaissance de ces pierres et qu'elles étaient un repère pour elles.

     

    Toutefois, trop peu d'informations sont disponibles sur ces pierres pour préjuger de leur période d'érection, même si une densification des menhirs durant l'âge du Bronze ne peut-être exclue.

  • Ville de Normandie: Granville

    Granville, à 378 kilomètres de Paris, est composée de deux parties. La ville haute et la ville basse; l'une, située sur le Roc, ce promontoire étrange qui s'avance à l'ouest dans la mer, bien au-delà du port; l'autre sui s'étale au pied.

     

    Mais cette dernière, trop à l'étoit dans ce bas-fond, a peu à peu escaladé les pentes des colines qui s'abaissent vers le port et la plage, si bien qu'elle forme toute une nouvelle ville à laquelle le nom de basse ville n'st plus applicable. Aujourd'hui Granville se compose de deux hauteurs parallèles, entre lesquelles s'étend la basse ville.

     

    Le Roc était autrefois un promontoire, il est devenu une sorte d'ilot, depuis que la Tranchée aux Anglais l'a séparé de la falaise. C'est par cette coupure qu'on arrive à la plage.

     

    Le Roc est un monticule haut d'une cinquantaine de mètres. Il commence à la Tranchée d'où l'on y monte par des éscaliers. Au-dessus du port, des belles terrasses qui le dominent, on a une vue étendue sur la ville. Vers la point, ou Cap Lihou, on aperçoit toute la côte avec ses petites stations balnéaires, Saint-Pair, Jullouville, Avranches sur son rocher, puis le Mont-Saint-Michel. Du côté opposé, les îles de Chausey et de Jersey et une très longue étendue des côtes du Cotentin se présentent avec les falaise de Donville au premier plan.

     

    Le Roc port la curieuse Eglise Notre-Dame. Occupé par les Anglais et fortifié par eux en 1440, le Roc fut pris seulement en 1648 mais ils l'avaient incendié. L'armée Catholique et Royale de Vendée entrepris un siège en 1793 mais ne purent s'emparer du Roc. Les Anglais le bombardèrent en 1803.

     

    La Plage de Granville. Elle est toute relative. A marée haute, elle n'existe plus. La mer bien battre le pied de la terrasse qui porte le Casino. Derrière, c'est le mur de la falaise. Mais, à marée basse, la plage a une étendue considérable. Car Granville est le point des côtes française, où la marée atteint la plus grande amplitude. Lors des marées d'équinoxe, elle monte de 14 mètres. Dès que la mer se retire les abords de la plage deviennent une véritable fourmillière humaine. Les enfants jouent dans les mares, les promeneurs et les pêcheurs s'égrènent dans les roches.

  • Paysages de Normandie: Château de Saint-Pierre-Eglise

    La date de 1756 qu'on lit sur la charpente du château de Saint-Pierre-Eglise est celle de l'achèvement des travaux. On connait également le nom de l'architecte, Nicolas Blondel. C'est une noble et élégante construction dont les façades sont percées de grandes baies largement distribuées. Elle comprend un haut de rez-de-chaussée séparé de l'étage par un cordon de pierre continue et une rangée de lucarnes.  

     

    La naissance du toit est soulignée par une corniche dont la ligne est brisée que horizontales recoupées par les verticales des deux pavillons d'angle et de l'avant central à pans coupés. Aucun ornement, sauf celui du fronton discrètement sculpté.

     

    Très endommagé durant la seconde guerre mondiale.

     

    La terre de Saint-Pierre-Eglise fut pendant des siècles aux Clamorgan qui la vendirent aux Castel. C'est à l'un d'eux, Bon-Henry, qu'on doit le château actuel. Son oncle était l'abbé de Saint-Pierre, le philosophe.

  • Traditions de Normandie: Bouilleurs de crû et alambics

    source: L'alcool et l'alcoolisme dans la Manche-1901 

     

    les pommes ne valant sou, le cidre est également très bon marché, trop bon marché, non pour pour l'ouvrier des villes ou pour le journalier des champs, qui pourront se procurer ainsi à bon compte une boisson à la fois agréable et hygiénique, mais pour le propriétaire rural, pour le fermier, qui ne tireront rien de la vente de leurs pomme tout le bénéfice espéré.

     

    Que par l'effet du hasard, les pommiers donnent deux ans de suite ce qu'on appelle « une année » ou même une « demi-année » et les tonneaux des celliers, ces gigantesques tonneaux dont les plus petis ne contiennent pas moins de 1600 litres seront encore pleins ou presque pleins pour la plupart. Au cidre ancien va s'ajouter le cidre nouveau. Que faire de tout ce cidre vieux ou jeune qu'il est également impossible et de boire sois-même et de vendre pour le faire boire aux autres à un taux quelque peu rémunérateur? Il n'y a plus qu'une ressource, la transformation en eau-de-vie de cidre par distillation.

     

    Et voilà comment à une certaine époque de l'année, les alambics grands ou petits circulent du nord au sud dans tout le département. Partout on les rencontre sur les routes nationales comme dans les chemins vicinaux, transportés d'un village à l'autre et dans chaque village parcourant toutes les femes. On installe l'alambic dans la cour. On allume un grand feu. Une à un les tonneaux de cidre viennent se vider dans la chaudière. Et l'alcool va se déposer dans de grandes bailles pour de là être enfermé dans des fûts qui ne contiennent pas moins de 200 litres. Dans la langue du pays, distiller ainsi le cidre pour en extraire l'alcool qu'il conntient s'appelle « faire bouillir ».

     

    Il y a longtemps que l'on fait bouillir dans la Manche, près d'un demi-siècle, pour remonter jusqu'à l'origine des bouilleurs de cru. Mais jamais on n'a tant fait bouillir que depuis une trentaine d'années. Le nombre des bouilleurs varie beaucoup d'une année à l'autre avec la production des pommes et du cidre.

     

    A cetaines dates par exemple en 1895, il a presque atteint les 8000 bouilleurs.

     

    Les alambics employés à cette distillation sont de tout style: il y en a de vieux et de jeunes. Certains sont de véritables chefs-d'oeuvre de la chaudronnerie, en particulier de la chaudronnerie de Villedieu, mais ceux-là sont rares et ne se rencontrent guère ailleurs que dans les usines où l'on produit industriellement l'alcool. La plupart sont d'une construction très primitive et qui laisse fort à désirer. Un fourneau où l'on allume du feu. Sur le fourneau, un récipient de cuivre en firme d'énorme courge, un serpentin rudimentaire qui après quelques tours de spire va se perdre dans une moitié de tonneau.

     

    La science du distilateur est d'ailleurs à l'avenant de la perfection de l'appareil. Quelle eau-de-vie de cidre sortira de là? Qui l'analyserait y découvrirait, mélangés à l'alcool proprement dit, bien des produits impurs de distillation. De ces produits, le bouilleur ignore les propriétés, puisqu'il n'en soupçonne même pas l'existence. Dites-lui que s'en s'en douter il a laissé pénétrer un poison dans l'eau-de-vie qu'il a ainsi préparée de ses propres mains, et bruyamment, il éclatera de rire, d'un de ces éclats de rire rustiques qui veulent dire en vont français, qu'avec vos airs de chimiste, vous êtes tour simplement un imbécile.

     

  • Idée de Lecture:Histoire du Mont-Saint-Michel

    Lucien Bély / Illustrations de Pierre Joubert

    Année :1994
    Editeur :Ouest-France
    EAN13 :9782737315138


    Le Mont Saint-Michel occupe une place à part dans l’histoire de notre pays et dans le patrimoine mondial. Des hommes ont choisi une î1e, au Moyen Age, pour prier Dieu dans la plus grande solitude, et un évêque, Aubert, y fonda une abbaye, en l’honneur de l’archange saint Michel. Au cours des siècles, ce lieu étrange et magnifique attira de nombreux pèlerins: l’abbaye devint alors une « merveille » et la ville à ses pieds s’embellit aussi. Mais ce haut lieu de prière était aussi une redoutable forteresse, un lieu de combats. Le Mont Saint-Michel résista bien aux attaques anglaises pendant la guerre de Cent Ans et devint ainsi l’un des symboles de la résistance nationale. Plus tard, il connut bien des déboires et devint même une prison.
    Ce livre est un voyage dans le temps, car tous les siècles ont laissé, au Mont Saint-Michel, leur empreinte dans la pierre. Au Mont même, et à travers le Mont, c’est une immense page d’histoire qu’il est possible de découvrir. Cette épopée, qui a supposé la foi et la vaillance des hommes, permet seule d’expliquer la naissance et la survie de cette architecture exceptionnelle. Et c’est ainsi le meilleur moyen pour comprendre la beauté de cette silhouette altière que le monde entier connaît et reconnaît.

    Présentation de l'auteur
    Lucien Bély, ancien élève de l’Ecole normale supérieure, agrégé d’histoire, docteur ès lettres, est professeur d’histoire moderne à l’université Paris XII. A côté de textes savants sur les relations internationales à l’époque moderne, il a publié plusieurs livres d’initiation à l’histoire, ainsi que de nombreux essais sur les hauts lieux de la civilisation européenne.
    Pierre Joubert est souvent reconnu comme le plus grand illustrateur du XXe siècle, Il a travaillé pour plus de mille livres, aussi bien des romans que des ouvrages historiques. Sa renommée s’étend bien au-delà de nos frontières. “L’histoire illustrée” une collection dirigée par Lucien Bély.