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mérovingien

  • Histoire de Normandie: l'époque Franque

    Nous ignorons tout à fait les conditions dans lesquelles à la fin du V ème siècle, notre province fut incorporée au royaume franc de Clovis. Il est sûr que de nombreux barbares y étaient déjà installés, comme mercenaires pour Rome ou comme colons ruraux; c'était surtout des Germains, mais il y eut aussi des mercenaires originaires de Perse, comme ceux qui laissèrent à Airan, un ensemble d'orfèvrerie. On ne sait trop dans quelle mesure le changement de domination politique s'accompagna d'une nouvelle migration germanique. On conjecture toutefois que les Francs formèrent des colonies assez nombreuses au nord de la Seine. Des saxons venus par mer se fixèrent en Bessin. Les îles tombèrent aux mains des Britons fuyant l'Angleterre. Mais nulle part l'ancienne population gallo-romaine ne fut éliminée.

     

    Fusionnant et synthétisant des éléments romains et germaniques, le royaume mérovingien donna naissance à une civilisatio nouvelle, rustique mais singulièrement vigoureuse. Elle se manifeste par ces centaines de cimetières « en rangée » qui attestent la formation d'un nouveau type d'habitat, le village, dont les habitants restaient groupés jusqu'au delà de la mort. La toponymie en garde l'empreinte ineffaçable: la moitié environ des noms de lieux en -ville et tous ceux en -court datent de cette époque. Enfin le christianisme affirma son succès. Les campagnes furent évangélisées, les évêques prirent figure de vrais chefs des villes. Un peu partout, et surtout dans la vallée de la Seine, les monastères se multiplièrent ! Jumièges fondée par Saint Philibert en 654; Fontenelle, qui date de 649; Saint-Ouen de Rouen, enfin qui porte le nom du plus illustre prélat du temps. Ouen est archevêque de Rouen de 641 à 684. ces abbayes s'enrichirent avec une prodigieuse rapidité; Fontenelle eut des biens jusqu'à Donzère, sur le bas Rhône! Elles furent les foyers de vie intellectuelle et artistique. C'est sans doute à l'une d'entre elles que l'on doit le plus ancien bâtiment chrétien en Normandie: le baptistère récemment exhumé à Portbail, sur la côte occidentale du Cotentin.

     

     

    La dynastie carolingienne plus germanique que la Mérovingienne, s'intéresse peu à la Normandie. Rouen profita alors du resserrement des liens avec l'Angleterre et compta parmi les grandes places de commerce de l'Empire. Mais la prépondérance des campagnes sur les cités exsangues s'affirma. C'est l'église surtout qui tira bénéfice de l'ordre carolingien; elle organisa sans doute alors les cadres paroissiaux qui donnèrent au monde rural une cohésion jusque-là inconnue.

    Des textes conservés dans les archives monastiques, permettent pour la première fois de se faire une idée nette des classes sociales et de l'organisation économique. Ils révèlent que la Normandie relevait alors de deux systèmes assez différents. L'unité faisait donc toujours défaut, quoique la Province ecclésiatique de Rouen ait assez souvent servi de cadre administratif, pour les tournées des missi dominici et pour les commandements militaires.

     

    La domination franque malgré sa longue durée presque un demi-millénaire n'a guère laissé de traces artistiques. Les édifices religieux ont tous péri dans la tourmente des invasions scandinaves.