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lucie delarue-mardrus

  • Culture de Normandie:Honfleur par Lucie Delarue-Mardrus

    Notre-Dame de Grâce; ô vétuste patronne

    Des pêcheurs et des matelots,

    Dame de bois et d'or à la belle couronne

    Qui loge au-dessus des flots,


    Veuille à jamais bénir, tout au bas de la côte

    Honfleur, ma ville aux deux clochers,

    Qui descend jusqu'au bord de la mer basse ou haute

    Parmi les grands filets séchés!


    Voici les matelots, mousses et débardeurs,

    Tous gens de roulis et de houles;

    Et, de même, voici les poissardes, leurs soeurs,

    Et celles qui cueillent les moules.


    Tout ce peuple salé lève vers toi les yeux,

    C'est lui qui te nomme sa reine,

    Sainte-Vierge de mer, madone un peu sirène,

    Toi, son unique merveilleux!


    Vois! Leur reconnaissance encombre ta chapelle,

    Plaques de marbre, cierges droits,

    Et ces barques qu'ils font, longues comme deux doigts,

    Joujoux de bois et de ficelle.


    Tout cela pour orner tes deux pieds triomphants,

    T'arrive du fond des naufrages.

    Toute l'immense mer avec ses grandes rages

    T'honore en ces cadeaux d'enfants.


    Lucie Delarue-Mardrus (née en 1874 à Honfleur).

  • Normandie: En Carriole de Caen à Honfleur.

    Caen émerge au centre d'une plaine fertile couverte de céréales, d'une mer de blé. Caen se développe d'abord autour des monuments édifiés par Guillaume II de Normandie dit le Conquérant: le château ducal, les deux abbayes (abbaye aux Hommes et abbaye aux Dames). La campagne s'incruste dans la cité, la prairie y déroule un vaste espace de verdure rejoignant presque le Bassin Saint Pierre, L'étranglement de la ville en son milieu fait ressortir ses vocations complémentaires agricoles et maritime.


    La volonté de Napoléon III a été déterminante pour l'aménagement d'un canal de douze kilomètres et d'écluses reliant Caen au port de Ouistreham proche de la plage de Riva-Bella.

    Le canal répondait à un besoin économique notoire et favorisait l'exportation de la fameuse pierre blonde de Caen.


    Grâce à un décret datant du Moyen-Âge, la prairie a été préserver de l'urbanisation, cet acte accorde aux habitants de Caen et de quelques communes avoisinantes le droit aux secondes herbes en contrepartie d'une modique redevance.


    La fierté des riches bourgeois de Caen se reflète dans le luxe de l'ornementation de l'église Saint-Pierre, chef d'oeuvre de l'architecture.


    Honfleur a joué sur le théâtre maritime un rôle de premier plan, s'illustrant dans les registres de la navigation long-courrier et colonisatrie, la chasse à la baleine, la pêche morutière, les constructions navales à l'origine des chantiers Augustin-Normand du Havre.

    Vers 1680, Colbert transforma le petit port, dont de grands navigateurs avaient déjà fait la célébrité, en un centre militaire et commercial important.


    La mémoire d'Honfleur a engrangé beaucoup de souvenirs, celui de Champlain qui est parti d'ici pour fonder le Québec et d'autres qui s'élancèrent à la conquête du Brésil et des terres inconnues. La vieille cité normande conserve ses airs d'autrefois, ses maisons habillées d'ardoises bleues qui se serrent sur les quais.

    La Lieutenance date du XVI ème siècle, la porte de Caen s'y encastre. Cette construction gentiment seigneuriale mire dans le vieux bassin ses tuiles cuites et ses gracieuses tourelles à poivrières.

    L'église Sainte-Catherine, construire avec amour par les charpentiers de marine à voile, ne laisse d'étonner avec ses deux nefs en carènes renversées et son clocher séparé de l'église et planté sans façon de l'autre côté de la place.


    Les cris des poissonnières dans les casemates du port, les bars à marins de la rue du Lingot ou de l'Homme-de-Bois où les rixes éclatent parfois recréent l'atmosphère d'autrefois. On marche dans les pas d'Eugène Boudin. La poésie souffle avec Lucie Delarue-Mardrus et en compagnie d'Alphonse Allais, l'humour retrouve le sens de formules à l'emporte-pièce.

  • Ecrivains de Normandie: Lucie Delarue-Mardrus

    Lucie Delarue-Mardrus écrivain et poète, est née à Honfleur, le 3 novembre 1874. Elle partage son enfance entre sa ville natale, la « Seine et Oise » et Paris.

     

    Elle n'a que cinq ans quand elle écrit ses premiers poèmes en français et en anglais. A dix ans, elle chante, joue du piano, fait de la peinture et de la sculpture, d'où le surnom que lui donne son père Mademoiselle Quat' z' arts.

     

    Elle est également brillante en français, en latin, en grec et devient bachelière en 1891.

     

    Elle ressent très tôt l'appel des contrées lointaines, mais dédie ses premiers poèmes à Honfleur et à la Normandie.

     

    A Paris, cette jolie et jeune femme à la mode, talentueuse, férue de belles voitures, séduit le docteur Mardrus, brillant orientaliste qui va l'entraîner en terre d'Islam, où elle se passionne pour la langue arabe.

     

    D'ailleurs, elle traduit en collaboration avec son marie, «Les Milles et Une Nuits ».

     

    Sa terre ancestrale lui manque cruellement et l'aventurière rentre en Europe.

     

    L'artiste renoue alors avec la musique et la peinture, mais l'écriture de roman la tente de plus en plus. Elle publie d'abord une autobiographie avec « Le Roman des six petites filles » puis après elle écrit un hommage au rivage Normand avec « L'Ex-Voto »

     

    Puis une soixantaine de romans suivent où l'auteur ne craint pas d'exprimer ses propres idées. Les années 1930 lui apportent bonheur et gloire. Malheureusement son mari, le Docteur Mardrus meurt, et Lucie plonge dans un abîme de solitude qui la conduit droit à la tombe. Elle meurt en 1945, au lendemain de la Libération.

  • Normandie par Lucie Delarue-Mardrus

    "Qui nierait ta splendeur, ô province natale, ma Normandie, amour fidèle de mes yeux, morceau d'Ouest français sur qui la mer s'étale, terre civilisée au labour copieux!"


    Lucie Delarue-Mardrus ( née en 1874 à Honfleur)