Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

louviers

  • Visite historique de Louviers

    par Caroline

    Louviers


    Notre charmante ville, étalée dans la verte vallée de l'Eure, est cernée de collines boisées qui rejoignent l'imposante forêt de Bord, où de larges allées traversant de belles futaies de hêtres et de pins odorants, permettent de magnifiques et saines randonnées. Au mois de mai on y cueille le muguet, à l'automne on y récolte des champignons.


    La ville est traversée par l'Eure aux multiples bras enjambés de nombreux ponts; le flâneur y découvre des perspectives attrayantes: parc fleuris, vieilles maisons à pans de bois. A certaines époques de l'année, sur les berges de la rivière, sur le pomme comme sur la passerelle, des silhouettes immobiles traquent, moulinet en action, le brocheton ou la truite.


    La ville, dont plus de 600 maisons ont été détruites par les bombardements allemands de 1940, a connu dans le passé d'autres destructions et pillages. Le courage des Lovériens que Charles VII désignait déjà à l'admiration des Français «  afin que, à l'exemple d'eux, ils puissent ainsi faire » ne leur a pas manqué une fois encore et la croix de guerre les en récompensa.


    L'église Notre-Dame dresse, face à l'ouest, sa majestueuse tour carrée du XIIIème siècle, qui semble protéger, à ses pieds, la très jolie maison « des soeurs » du XVème siècle, miraculeusement épargnée des destructions de 1940. Elle offre aux visiteurs émerveillés, la magnificence de sa façade sud, du plus pur style gothique flamboyant. La richesse de la sculpture est pure merveille.

  • Entre Seine et Eure: Gaillon, Louviers et Elbeuf.

    Avant de rejoindre au-delà de Louviers, la Seine et l'Eure, cheminent parallèlement dans un pays de pâturages et de cultures.

     

    Entre les deux cours d'eau, Gaillon, qui fut appelé le « Versailles de la Renaissance », ne garde plus que des traces du magnifique Palais Episcopal que le cardinal Georges d'Amboise fit rénover dans le style italien à la fin du XV ème siècle. La Révolution de 1789 le confisqua à l'Eglise; le XIX ème siècle en fit une prison puis une caserne. Le temps a fait le reste pour détruire une oeuvre d'art.

     

    Louviers est sur l'Eure, qui s'y divise en plusieurs bras. La ville est connue pour ses draps et par la chanson qui raconte l'histoire d'un cantonnier (chanson traditionnelle d'Ile de France)! C'est une plaisante étape sur la route de Paris à Rouen, au coeur d'une région boisée.

    Comme beaucoup de ses voisines, la ville a souffetrt de la seconde guerre mondiale. Sa belle église Notre-Dame, parée des grâces du gothique flamboyant a été épargnée. Elle contient nombreuses oeuvres de la Renaissance, sculptures et tableaux. Le porche est un exemple type du gothique de la dernière époque dont l'exubérance décorative annonçait la fin du style.

     

    On retrouve la Seine à Elbeuf. Un vitrail de l'église Saint-Étienne datant du XVI ème siècle témoigne de l'activité lainière à l'époque. Comme celle de Louviers, l'église Saint-Étienne est un édifice de style gothique flamboyant du XVI ème siècle et la façade date du XVII ème siècle.

     

    Deux sites pittoresques sont à signaler aux environs d'Elbeuf. Les roches d'Orival surplombent le fleuve. On peut les escalader par un chemin abrupt pour admirer la vue que l'on a du sommet sur la courbe de la seine.

    L'église d'Orival est creusée en partie dans le roc. Des grottes entaillent les roches crayeuses. Un chemin de croix grimpe au flanc de l'escarpement.

     

    L'autre curiosité est le Château de Robert le Diable, en ruine dès le XV ème siècle. Le nom du château lui vient de Robert Le Magnifique, père de Guillaume II de Normandie, le batard puis Le Conquérant. Le « magnifique» devient «le diable», par la faute d'une légende selon laquelle Robert se serait entretenu après la mort avec anges et démons pour arbitrer des conflits à propos des âmes défuntes.

  • Eure: menhir ou pierre levée près de Louviers

     

    menhir01.JPG

    LE MENHIR DE CREMONVILLE.

    Ce menhir est un des plus beaux de Normandie. Sa hauteur au-dessus du sol est d'environ 3,30 m (+1,70 m pour la partie enterrée); sa largeur de 1,88 m et son épaisseur de 0,70 m. Il peut peser de 14 à15 tonnes. On voit dans sa partie supérieure une entaille rectangulaire de 30 cm x 25 cm environ, et de 5 cm de profondeur. Cette sorte de niche a dû abriter autrefois un des insignes chrétiens dont nous venons de parler.


    En 1842, fut construite la route de Louviers à Saint-Etienne-du-Vauvray. Non loin du menhir, les travaux de terrassement mirent à jour un tombeau celtique contenant 3 couches de squelettes superposés, rangés en cercle, avec les pieds au centre. C'était une découverte grandement intéressante; malheureusement, avant que des personnes compétentes aient pu intervenir, cette sépulture se trouva détruite par les ouvriers qui venaient de la trouver: les squelettes furent renfouis au hasard. Le menhir, alors, n'était pas à l'emplacement qu'il occupe actuellement; il se dressait à une vingtaine de mètres de là, côté N-O, au milieu de la voie ferrée actuelle, qui a été construite de 1865 à 1867.

    Ce fut en traçant les plans de cette ligne qu'on constata qu'il faudrait supprimer ou déplacer le mégalithe. Après de longs et parfois difficiles pourparlers entre les ingénieurs du chernin de fer et les autorités départementales, le déplacement fut décidé.
    Il eut lieu les 30 avril et 1er mai 1866. Un contremaître, 3 ouvriers et 20 manoeuvres s'y employèrent. Après déterrement, on traîna la lourde masse tirée par des treuils, sur un chemin de bois. L'opération ne se fit pas sans à-coups puisque le bloc fut alors accidentellement brisé en deux parties à peu près égales. (on peut suivre encore, à un mètre environ du sol, la trace irrégulière de la fracture).


    Finalement, le menhir tut placé sur un lit de calcaire et sur une couche de béton, au milieu d'un are de terrain offert au département par le propriétaire de Crémonville-Basse, Mme de Lux. Le coût du transfert 3 fois plus élevé qu'il n'avait été prévu, se monta à 1803 F (francs-or de l'époque, soit environ 20000 F actuels, 2 millions d'A. F.). Le département trouva cette dépense si lourde qu'il renonça à faire entourer la pierre d'un muret avec inscription, cornme il avait été prévu; on se contenta d'une petite haie d'épines, qui existe encore. Situé au bord d'une voie passante, vu par de nombreux touristes, le menhir de Crémonville mériterait mieux que l'état d'abandon dans lequel il se trouve aujourd'hui.»

  • Histoire de la Normandie: Les normands étaient vignerons

    Par Thibault


     

    Sait-on que de nombreuses familles « nées natives » de l'Eure, comme on dit ici, avaient des ancêtres vignerons? Que la Bière et le vin furent les boissons les plus répandues dans le pays jusqu'au XVème siècle, bien avant le cidre et le calvados?


    La vigne introduite par les romains


    effectivement comme dans de nombreuses autres régions de France, la vigne fut cultivée dans notre région, principalement dans la Vallée d'Eure depuis l'occupation romaine jusqu'à la première guerre Mondiale. Le soleil étant rare, le breuvage ne devait pas être excellent mais il permettait de répondre aux besoins locaux. Ne disait-on pas jadis d'un vin normand, celui de Conihout, dans la presqu'île de Jumiège:


    « De Conihout, ne buvez pas,

    car il mène l'homme au trépas! »


    Ce qui ne l'empêchait pas d'être exporté en Flandre et en Angleterre!

    Les mauvaises langues prétendent que si Jules César décida d'envahir la Gaule à la tête des légions romaines, ce fut essentiellement pour écouler le surplus de vin produit par les viticulteurs italiens. Les gaulois jusqu'alors; buvaient de la cervoise, bière sans houblon, ou de l'hydromel, mélange de miel et d'eau, découvrirent que « le bon vin réjouit le coeur de l'homme » prirent goût à cette potion magique.

    Astucieux, ils jugèrent cependant plus fructueux de planter eux-mêmes des vignes ce qui provoqua bien sûr, la colère des viticulteurs italiens prompts à s'échauffer et une lutte commerciale farouche. Cette vieille querelle a survécu au cours des siècles et ne s'est jamais terminée puisque les problèmes viticoles demeurent l'un des point de friction les plus épineux du Marché Commun.

    Conséquence logique de cette production, : des tavernes s'ouvrirent partout dans les villes et les campagnes. Le liquide était transporté à dos d'âne ou de mulet dans des jarres ou des outres en peau.

    La culture de la vignes se développa favorisé par la création et l'essor des monastères comme Mortemer ou le Bec-Hellouin qui en avaient besoin pour leur consommation personnelle, pour leurs hôtes et pour leur commerce. Dès l'époque mérovingienne, les religieux plantèrent le raisin en de nombreux point du territoire.

    Après l'invasion scandinave, les ducs normands poursuivirent cette politique d'expansion vinicole afin de posséder une quantité suffisante de vins locaux et ne pas être à la merci des interdictions d'entrée et de sortie des vins de France ou de l'augmentation des droits de péage sur cette denrée.


    Les vins renommés de Vernon et de Gaillon


    C'est donc surtout aux XI ème et XIIème siècles que les coteaux normands se couvrirent abondamment de vignes. Bien que soumise à la concurrence des vins français depuis la conquête de la Normandie par Philippe Auguste, la culture de la vigne se maintint durant tout le Moyen-Âge dans notre région comme en témoignent de nombreuses chartes médiévales.

    Les vignobles étaient situés surtout dans les vallées de la Seine et de ses affluents: l'Eure, l'Iton, et l'Epte, où le climat, plus continental, était plus favorable car plus ensoleillé, plus sec et protéger des vents.

    Le cépage utilisé depuis le Moyen-Âge était probablement issu du cépage bourguignon, «Le pinot », de productivité faible mais de qualité supérieure. Si l'on en croit un médecin du XVIème siècle, le Dr Julien de Paulmier, cité par Jules Sion dans sa magistrale étude sur : « les paysans de la Normandie orientale », les vins de Normandie valaient ceux d'Ile-de-France dans les bonnes années, bien que peu chargés d'alcool et peu « vineux ».


    On appréciait surtout les produits des collines bordant Vernon et Gaillon. Les villages voisins de Vernon: Saint-Marcel, Saint-Just et Authils avaient planté en vignes tout leur terroir et s'étaient désignés sous le nom commun de Longueville. Les principales abbayes normandes, ainsi que les abbayes parisiennes comme Sainte-Geneviève s'étaient empressées d'acquérir quelques arpents dans cette région ou des rentes en vin. Elles considéraient Gaillon comme « une véritable terre promise pour la vigne », tellement productive que jamais les Seigneurs de Gaillon n'aliénèrent cette partie de leur domaine qui demeura intacte entre les mains de leurs successeurs: les Comtes d'Evreux, les rois de France et l'archevêque de Rouen.


    Les environs de Louviers, Elbeuf et du Vaudreuil, produisaient également du vin, de même que le voisinage de Tourville-la-Rivière, Berville, et Pont-de-l'Arche. Les Andelys ont conservé très longtemps leurs vignes, avec une rue des Vignes (aujourd'hui rue Guynemer): les deux grappes de raisin de son blason attestent de son importance vinicole!

    Les vins étaient consommés sur place ou expédiés au loin par l'intermédiaire du marché de Rouen ou dans les abbayes. Le moyen de transport le plus courant était la voie fluviale ce qui explique la rareté des vignobles sur les rives de l'Andelle qui ne fut navigable qu'à partir de 1488.

    Mais au XVIème et XVIIème siècles, la culture commença à décliner: le développement des voies de communication et du commerce donnait aux habitants de notre région, le goût de crus moins verts et plus ensoleillés et le poids exorbitant des impôts, principalement sous Richelieu et Mazarin, fit disparaître peu à peu les vignobles.


    Il restait cependant encore 1 196 hectares dans toute l'Eure en 1836, 1 136 hectares en 1866 et 1 107 hectares en 1868. En 1852, on dénombrait notamment: 260 ha à Vernon, 133 ha à Pacy sur Eure, 123 ha à Nonancourt, 93 ha à Saint-André-de-l'Eure, 71 à Ecos, 35 à Evreux, 25 aux Andelys et 2 ha à Louviers.

    Mais les ravages du phyloxera au début du XX ème siècle achevèrent de ruiner cette industrie. A l'époque, le rendement moyen d'un hectare de vigne était de 21 hectolitres et 7 litres.

    Ultime survivants, ne restent aujourd'hui que quelques serres chez des particuliers.