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le chevalier des touches

  • Culture de Normandie:Extrait du « Le Chevalier des Touches »

     

    source: Jules Barbey d'Aurevilly, Le Chevalier des Touches, 1864.

    «C'était un homme de taille médiocre, mais vigoureux et râblé comme un vieux loup, dont il avait le poil, si l'on en jugeait par la brosse hérissée, courte et fauve de sa perruque. Son visage accentué s'arrêtait dans un profil ferme: un vrai visage de Normand, rusé et hardi.

     

    Jeune, il n'avait été ni beau ni lait. Comme on dit assez drôlement en Normandie pour désigner un homme qu'on ne remarque ni pour ses défauts naturels, ni pour ses avantages: « Il allait à la messe avec les autres. »

     

    Il exprimait bien le modèle sans alliage de ces anciens hobereaux, que rien ne pouvait apprivoiser ni décrasser, et qui sans la Révolution, laquelle roula cette race de granit d'un bout de l'Europe à l'autre bout sans la polir, seraient restés dans les fondrières de leur province, ne pensant même pas à aller au moins une fois à Versailles, et, après être montés dans les voitures du roi, à reprendre le coche et à revenir.

    Chasseur comme tous les gentilshommes terriens, chasseur enragé, quel que fût le poil de la bête ou la plume, il avait fallu cette fin du monde de la Révolution, pour arracher Hylas de Fierdrap à ses bois et à ses marais. »