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langues normandes

  • Culture de Normandie: Chanson des pêcheurs Polletais

    Le Polet est un quartier de Dieppe  

     

    O veit du bord de Dieppe

    Chinq o six mélangueux (pêcheurs de merlans)

    Cé fem' et ce fillettes

    Chan vonz au devant d'eux

    Priant la boun' maraye

    Que Dieu leuz a baillaie

    Chinq ou six man à l'home (man = panier)

    Qui chan vont démâquai (détacher l'hameçon)

     

     

    Vous veyez frère Blaise

    Avé chan cocluçon (capuchon des capuçins)

    Carécher cé Poltaises

    Pour aveir du peisson

    Mais moi ze fait ma ronde

    En Poltais racourchi (pauvre diable)

    Et tout au bout du compte

    Ze n'ai qu'un mélan ouït (merlan pourri)

     

    A vos, zeune fillette

    Qui veut se mariai

    Quand un Poltais s'embarque

    I faut le vitaillai

    La Boutaille à la caôde (eau de vie)

    Et pis chan cicotin (tabac à chiquer

    Sa fricassé toute caôde

    Et pis chan bou d' boudin!

  • Traditions de Normandie:Usage du calvados

    • Trou normand: Rasade de calvados que l'on prend au cours du repas surtout après la "poule au blanc". Dégraisse les papilles et stimule l'appétit
    • Café aux trois couleurs: café arrosé de calvados, de rhum et de kirch.
    • Rinchett': rincette. Rasade de calvados versée dans la tasse encore chaude pour la nettoyer du sucre qui pourrait encore y rester.
    • Surinchett': surincette. Deuxième rincette. Pour le nettoyage à fond de la tasse!
    • Bouteill' à la maîtress': Bouteille à la Maîtresse. Grains de cassis ou de framboises mis à macérer dans du calvados, adouci d'un sirop de sucre.
    • Dégraicher: dégraisser. Ajouter du calvados au moment de boire afin de rendre le mélange plus léger pour qu'il " N'empât' pas la goul " (n'empâte pas la bouche).
    • Coup d'pied au cul: rasade servie au moment de partir.
    • Coup d'l'étrier: rasade servie au moment où le convive est supposé prêt à monter en voiture.
    • La déchirant': La déchirante, c'est la rasade que l'on boit au moment de se séparer, le coeur gros de cette séparation.

    On donne une bonne goutte pour tirer une personne d'une syncope.

    Une bonne goutte dans un bol de lait bien sucré avalé très chaud est efficace contre la grippe.

    Une gorgée d'eau-de-vie de la première venue est parfois efficace pour atténuer des maux de dents.

  • Idée de Lecture: Le Parler normand entre Caux, Bray et Vexin

     

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    Le Parler Normand entre Caux, Bray et Vexin - Francis Yard. Livre de 1998, édité par Association Le Pucheux, 435 pages. Le lecteur pourra soit retrouver, soit découvrir, ces mots familiers à nos aïeux et que nos contemporains sont loin d'avoir oubliés : Calbaude, ébreuiller, étibot, hauviau, nivelotter, penticô, pied cornier, pomerole, quiaule, rêquage, serpillon, ou varouilleux... la partir orientale de la Normandie ainsi couverte est une des régions normandes dont la richesse linguistique est la plus méconnue. Grâce à ce glossaire, c'est la variété et l'abondance de la langue traditionnelle de la Normandie orientale qui se trouve révélée.

  • PROVERBES NORMANDS EMPRUNTÉS A LA VIE DES CHAMPS.

    Quand il aura hersé ce que j'ai labouré. - C'est-à-dire : quand il aura travaillé autant que moi.
    Les petits sillons produisent plus que les grands. - Une affaire médiocre bien conduite rapporte souvent plus qu'une affaire importante mal dirigée.
    Etre échauffé comme un flés (un fléau) qui n'a battu de six semaines.-Etre froid et glacé.
    Etre sâs (saoul) comme une beine.- La bine est un réservoir en fortes tresses de paille, ayant la forme d'une barrique et qui servait principalement autrefois pour conserver le blé.
    Il y a du déchet dans la filasse. - La chose n'est pas ce qu'elle paraissait être d'abord.
    Avoir d'autres pois à lier. - Avoir quelque chose de plus pressé à faire que ce qui est proposé.
    N'entendre ni à dia ni à hue. - Etre entêté ou ne rien comprendre.
    C'est un sac à tout grain. - C'est un mangeur peu difficile ou un homme qui prend de toute main.
    Le plant aime le hant. - La fréquentation du bétail favorise la végétation.
    Manger comme un batteur en grange.- Avoir grand appétit.
    Faut pas tant de beurre pour faire un quarteron.- Il ne faut faire d'embarras pour une chose de peu d'importance.
    Il sont camarades fauqueux, ils trempent dans le même buhot. - Ils ont la même maîtresse. Allusion au récipient en corne dans lequel les faucheurs humectent leur pierre à aiguiser.
    Faire une chose mais que (lorsque) les poules pisseront. - C'est-à-dire : jamais.
    Pain tendre, beurre frais, cidre doux et jeune femme, c'est le bonheur de la vie.
    Manger pain chaud, boire cidre doux, brûler bois vert, c'est mettre la maison au désert.
    Pour filer, faut mouiller.- Pour travailler fort, il faut boire.
    Retrousser la queue sans feurre. - Donner un coup de fouet, une correction. Allusion à l'usage de retrousser la queue des chevaux avec une tresse de paille, lorsqu'on les conduit à la foire.
    Bourgeon n'est pas fleur, fleur n'est pas pomme, pomme n'est pas beire (cidre). - Il ne faut pas se fier aux apparences.

  • Culture de Normandie:Des bèrgers gardaient lus troupieaux

    source: L'Office du Jèrriais 

    Des bèrgers gardaient lus troupieaux,
    Paisibliément assis,
    Quand l'Ange du Seigneur décendit
    Et la niet s'êcliaithit.

    "I' n'faut pas craindre" I' lus dit,
    "Ni vos troublier l's esprits,
    Dé bouannes nouvelles jé vos apporte,
    Pouor toute l'humannité"

    "Pouor vous aniet à Bethléhem,
    Un Saûveux vos est né;
    Et chu Saûveux, ch'est Jésû Christ,
    Et ch'en est 'chîn la preuve:

    L'Êfant céleste ou trouv'thez
    Ilà en veue d'tout l'monde,
    Et bein pouôrrement enmailloté
    Dans eune crèche à dormi."

    Aussitôt dit, il appathut
    Dans l'ciel des anges brillants,
    Qui louangeaient l'Bouan Dgieu jouaiyeusement,
    En chantant auve ches mots:

    "Glouaithe au Bouan Dgieu dans les lieux hauts.
    Et paix sainte sus la tèrre;
    Bouanne volanté envèrs les hoummes
    D'achteu à tout janmais!"

  • Personnage de Normandie: Lemaitre par Victor Le Fort

    source: numéro de juin 1911 de La Revue illustrée du Calvados

    Il y a patois et patois comme il y a fagot et fagot. Tel se hausse au rang d'une langue comme le Breton, qui est l'ancien celte, déformé, mélangé, divisé à l'extrême, ce qui n'empêche pas les paysans du Finistère d'être compris par ceux du pays de Cornouaille - comme la glorieuse langue d'oc, le souple et chantant idiome des troubadours, ressuscité par le génie de Mistral.

    Toutes les provinces ont le leur, plus ou moins complexe, plus ou moins abondant en expressions savoureuses, en mots pittoresques et parfois sans équivalent dans le français correct.

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  • Personnage de Normandie: Louis Beuve par François Enault

    source: numéro de septembre 1910 de La Revue illustrée du Calvados,

    Qui est-ce que Louis Beuve ? Un chansonnier ?... mieux que cela !... Un poète ? Assurément et d'un beau mérite !... Mais pour nous autres gens du pays coutançais, il est quelque chose de plus encore.

    Vous est il arrivé, d'entendre à la fin d'une journée d'été, à la campagne, une belle voix de paysan chanter dans les champs ?

    La chaleur est tombée ; les oiseaux se sont tus ; des rayons dorés traînent encore dans le ciel ; des reflets pourpres somnolent au creux des étangs ; au loin, quelques cahots de charrettes cheminent sous les verdures et bercent de leurs échos assourdis la nonchalance des eaux et la paix des vergers !

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  • Proverbes et dictons normands sur la Sagesse

     

    • Mieux vaut user ses souliers qu'san capet.

    • Un p'tit chez soi vaut mieux qu'un grand chez les autres.

    • Ce qui vient du flot s'en r'tourne à la marée.

    • Torn'té du côté qu'tu voudras. T'auras toujou les fesses par drié.

    • Mâler preux, marier loin. C'est la forteune du Bôtchain.

  • Culture de Normandie:La vache au risque du langage

    par Marc

    La Vache est souvent mise à contribution dans les expressions populaires; par exemple:

    • manger de la vache enragée.
    • parler comme une vache espagnole (vache serait ici une déformation du mot "vace" signifiant Basque)

    On employa également longtemps l'expression suivante:

    Il est de la vache à Colas (il est protestant), dont voici l'origine

    Un paysan nommé Colas possédait une vache qu'il laissait en quasi liberté. Un jour la-dite vache pénétra dans un temple protestant au moment du culte. Aussitôt les huguenots, offusqués , tuèrent l'innocente vache.

    Plus tard les catholiques composèrent une chanson sur cette malencontreuse affaire qui se propagea dans toute la France et raviva les haines entre les catholiques et les protestants.

  • Culture de Normandie: Dictons normands

    Reflet d’une sagesse populaire, héritage d’une littérature orale, les dictons et proverbes de Normandie, formulés en langue normande ou en français, sont l’expression d’un mode de vie, d’un mode de pensée ; l’affirmation d’une identité normande ancrée au plus profond de son histoire et de ses traditions.

    DICTONS NORMANDS :

    Le normand, c’est le plus beau sourire de la nature tempérée.

    Bllaunche mé et neir Jérri, y a d’ l’iâo à pllens pannyis.
    Mer blanche, Jersey noire, pluie plein le panier.
    dicton de la région de Carteret, Pierreville et Surtainville 

    Breune dans la vallée, fais ta jouornée, breune sur les monts, reste à la maison.
    dicton entendu à Quettetot 

    Dimfront, ville d’mâlheu !
    Arrivé à médi, pindu à eune heu !
    S’ment pas l’timps d’dîneu !
    Dicton normand reprenant les dernières paroles prêtées à Jean Barbotte, ancien meunier à Lonlay , considéré comme renégat et condamné au gibet en 1574 qui, rattrapé dans sa fuite, sera pendu séance tenante sur l’actuel champ de foire de Domfront.

    Neige épaisse et longtemps, nourrit trèfle et fruits de l’an.
    Fieur de feuvrieu, n’va pas au pommieu.
    Neige à Sainte Isabelle fait fleurs belles.
    Gelée blanche au croissant :
    Beau temps ;
    Gelée blanche au décours :
    Pluie sous trois jours.

    Février trop doux, printemps en courroux.
    Si la Chandleu est claire, l’hiver est derrière.
    A la Saint Martine, l’hiver s’arreute ou se mutine.
    Quand il tonne en mars, la pomme vaut un hart.
    A Pâques, tout haut ou tout bas,Y’a des p’tits mêles dans les hâs.
    A la Saint-Georges,
    Sème ton orge ;
    A la Saint-Mar,
    Il est trop tard.

    Rougie du Sei
    Met la mare à sé ;
    Rougie du matin
    Met la mare au chemin.

    Qui vé une pomme à la Saint Jean en vé cent.
    Saint Jean les d’cend,
    Saint Pierre les r’monte.

    Arc en ciel du matin
    Meut l’iau en ch’min ;
    Arc en ciel du ser
    Euspoère.

    Juillet sans orage, famine au village.
    Le vent d’amont se couche avec les moutons.
    Notre-Dame de la mi-août arrange le temps ou défait tout.
    Gros vent, point d’abri ... Pauvre homme, point d’ami.
    A la Sainte-Croix, cueille tes pommes et gaule tes noix.
    Décembre de froid trop chiche ne fait pas riche le paysan.
    Quand il tonne à Noué, l’hiver avorte à mitan.
    Autant d’heures de soleil à la Toussaint,
    Autant de semaines à souffler dans tes mains.

    A Noué,
    Les jours croissent du saut d’un bibet ;
    A la Saint Luce,
    Du saut d’une puce ;
    Aux Rois,
    Du saut d’une oie ;
    A la Saint Antoine,
    Du repos d’un moine ;
    A la Chandeleu,
    Du saut d’un boeu.

    Quand tu verras le blanc Moutier,
    Prends garde au rochier.
    dicton des matelots du Bessin évoquant l’église du Fresné-Saint-Côme et le Rocher du Calvados sur lequel, en 1588, se serait brisé un vaisseau espagnol dénommé Calvados (à moins que ce ne soit le Salvador).

    PROVERBES & EXPRESSIONS :

    De quelque côté que le vent vente,
    L’Abbaye de Fécamp a rente.
    Expression proverbiale du 13ème siècle mettant en avant l’importance de la pêche du Hareng à Fécamp ; proverbe en usage tant pour l’Abbaye de Fécamp que celles du Bec et de Savigny.

    En Normandie, il pleut deux fois par semaine :
    une fois trois jours et une fois ... quatre jours.

    En Normandie, il n’y a qu’une chose qui peut être haute ou basse : C’est la mer.

    Quand on voit les îles, c’est qu’il va pleuvoir.
    Quand on ne les voit plus, c’est qu’il pleut déjà.

    La Normandie fait le Normand.
    Grand diseu, p’ti faiseu.
    Un instant : baise ta mie.
    Une heure : dîne céans.
    Un jour : saôle-tei.
    Une semaine : marie-tei.
    Un mois : tue un cochon.
    Une année : trouve un trésor.
    Toute la vie : fais-tei cuai.

    Ce qui vient de flot s’en va de jusant.
    Quand il pleut sur le curé, ça dégoutte sur le vicaire.
    Mieux vaut belle panche que belle manche.
    C’est aussi vrai que Carême se trouve en mars.
    Faut pas mettre tout à corps et rien sur les manches.
    Qui ben gagne et ben despense n’est pas pus riche au but de l’an.
    Qui a bien soin de son corps se purge à la saint-Isidore.
    On ne fait pas de gros noeud avec de la petite ficelle.
    Y n’ia pas qu’ait l’air pus d’un honnête homme qu’un voleux.
    Changement d’herbage réjouit les petits veaux.
    Les grandes familles font les p’tits lots.
    Franc comme un âne qui recule.
    P’tit lundi, Grand’ semaine.