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légende de normandie

  • Légende de Normandie : Le miracle des oies de la Baie de Seine

    Légende de Normandie : Le miracle des oies de la Baie de Seine

     

    source : traduit du texte latin de la Vita Ila Samsonis en 1887

     

    Racontons un autre miracle dû à l'intercession de Saint-Samson. Le Monastère de Pentale est proche de la mar, ce qui était source de problèmes : des oiseaux, principalement des oies farvae et des oies rieuses, arrivaient en quantités innombrables tout autour du monastère, ce qui était difficilement supportable pour les religieux, car le vacarme était tel que l'on pouvait à peine s'entendre parler.

     

    Un jour, Saint-Samson, sans rien dire à personne, se munit d'un bâton et s'en alla dans les marais où nichaient les oiseaux, et il leur dit : au nom du seigneur Jésus-Christ, qui m'a accordé toute sa confiance, je vous demande de me précéder jusqu'au monastère que vous avez tant importuné et de ne pas faire usage de vos ailes.

     

    Alors les oies se rassemblèrent en un grand troupeau devant lui, entrèrent dans le monastère comme des animaux domestiques et y restèrent jusqu'au lendemain : on aurait dit qu'elles montaient la garde.

     

    Mais la nuit venue, un renard s'introduisit parmi les oies et il en attrapa une ; chose étonnante, il ne put la dévorer. Le lendemain, à la troisième heure, après la prière, Saint-Samson se rendit dans l'enclos et voyant que quelque chose était arrivé, il dit : Seigneur Dieu, mon créateur restitue ce qui a été volé. Aussitôt on vit le renard portant dans sa gueule l'oie indemne, puis la relâchant au milieu de ses congénères.

     

    Alors Saint-Samson dit aux oiseaux : si vous me promettez de respecter pour toujours la tranquillité du monastère, je vous libère et vous laisse en paix. Étendant leurs ailes, elles poussèrent alors un cri comme pour dire qu'elles en faisaient la promesse. D'un signe de la main Saint-Samson leur indiqua qu'elles pouvaient partir, et aussitôt elles se dispersèrent dans les airs en silence.

     

    À partir de ce jour et de cette heure, de cette génération jusqu'à aujourd'hui, on n'a plus jamais vu ce oiseaux dans le domaine de l'abbaye.  

  • Légende de Normandie : le Miracle des Porcs

    (Abbaye de Pentale, commune de Saint-Samson-la-Roque)

     

     

    cette légende date du IX ème siècle. Traduit du texte en latin de la «Vita Ila Samsonis »

     

    En ce temps-là, vivait un comte Frogier, qui avait une épouse méchante et était très riche. Un jour, laissant sa femme et sa famille, il partit pour se rendre au palais royal.

     

    Leur porcher envoyait chaque jour ses porcs paître dans les prairies de Saint-Samson. Ce dernier lui dit : «tes porcs dévastent mes près avec leurs groins ; je te prie de cesser cela tout de suite. »

     

    Mais sur l'ordre de sa maitresse, qui avait toujours nourri une haine contre Saint-Samson, l'homme refusa et il ramena ses porcs dans les près le lendemain.

    Voyant cela, Saint Samson fit un signe de bénédiction et aussitôt tout le troupeau fut transformé : les porcs furent changés en boucs et les truies en chèvre. La stupéfaction fut générale, et tous se dirent : la parole de cet homme est vraiment toute puissante et rien ne lui est impossible.

     

    La furie se rendit alors au monastère. Habituellement, aucune femme n'osait entrer dans la basilique de Saint-Samson. Avec impudence, parce qu'elles ne voulaient pas elle força deux servantes à entrer devant elle. Voyant qu'elles ressortaient indemnes, elle descendit de son cheval, non pour aller prier mais pour aller injurier Saint-Samson. Lorsqu'elle voulut entrer dans l'église, elle tomba prostrée sur la pierre de marbre blanche comme neige, qui forme le seuil de la basilique. Aussitôt ses yeux sortirent de sa tête et tombèrent sur la pierre. Ils y laissèrent des taches de sang qui se voient encore aujourd'hui.

     

    De retour du palais, le comte chercha à comprendre comment ses porcs avaient pu changer de forme et il vit que son épouse était devenue aveugle. Chargé de cadeaux et décidé à faire don à titre perpétuel de très nombreuses terres, il se rendit non sans quelques hésitation à la basilique de Saint-Samson et il le supplia humblement de rendre la vue à son épouse. Alors Saint-Samson, ému et voyant tout ce que l'homme avait apporté et plein de pitié pour la malade, la toucha de son doigt à l'emplacement de ses yeux. Aveugle l'instant d'avant, elle avait recouvré la vue quand Saint-Samson la rendit à son mari ; quant aux porcs, ils restèrent sous la forme qui leur avait été donnée.

     

    La nouvelle de ce miracle se répandit dans tout le pays.  

  • Culture normande: légende « Les six compagnons ».

    par Henri Carnoy, 1879.  

     

    Six paysans se trouvaient un jour réunis à la veillée.

     

    • J'ai toujours eu l'intention, dit l'un, d'aller voir la mer. Malheureusement, il ne m'a pas encore été permis de me contenter. Vous plairait-il de partir demain avec moi pour voir cette grande masse d'eau dont on dit tant de merveilles?

     

    Tous ayant accepté, on convint de partir le lendemain. Le jour fixé, les paysans se mirent en marche. Ils arrivèrent bientôt en vue d'une grande plaine remplie de blés auxquels le vent communiquait des ondulations pareilles à celles de l'Océans.

     

    • La mer! La mer! S'écrièrent à la fois les six compagnons, qui se jetèrent à plat ventre dans les épis pour nager.

     

    Ils arrivèrent à un puits profond. Craignant qu'un d'eux ne fut dans le gouffre, ils se comptèrent.

    • un, deux, trois, quatre, cinq, dit l'un en oubliant de se compter. Il y en a un dans le puits. Que faire? Écoutez, je vais l'appeler. Hé! Thomas, y es-tu?

     

    Il leur sembla distinguer le mot oui. Afin d'arriver au fond pour remonter leur camarade, ils appuyèrent par les deux bouts un bâton sur les bords du trou; puis Jacques, le plus fort de la bande, se suspendit par les mains à la canne. Un autre se cramponna à ses pieds,puis encore un autre, jusqu'au dernier.

     

    «Le vois-tu? Cria Jacques à celui-ci. Hâte-toi, car mes mains me font mal.

     

    • Je ne l'aperçois point.

    • Il m'est impossible de vous soutenir ainsi plus longtemps. Tenez-vous bien pendant que je vais cracher dans mes mains.

     

    Et le paysan, lâchant le bâton, tomba avec ses compagnons au fond de l'eau bourbeuse, qui les engloutit à jamais.

  • Culture de Normandie: légende « La Demoiselle de Gruchy »

    par Jean Fleury, 1884.  

     

    La demoiselle de Gruchy ne revient pas de l'autre monde pour tourmenter les vivants; elle s'est contentée de les tourmenter pendant sa vie.

     

    Le fief de Gruchy où elle demeurait, est à Gréville, non loin de la route de Cherbourg à Beaumont, enfoui dans un massif de hêtres vieux de plusieurs siècles, qui lui forment une avenue. Les bâtiments d'habitation sont disposés à angle droit autour d'une cour assez vaste. La maison de maître, qui n'a qu'un étage, est garnie d'espaliers; le jardin, qui se trouve derrière, est entouré de clématites et autres plantes grimpantes. La chambre de la demoiselle de Gruchy est intacte. On y monte par un escalier de bois assez raide; la cheminée est très grande, avec un chambranle de granit.

     

    Mademoiselle de Gruchy était magicienne et connaissait le moyen de se changer en toutes sortes d'animaux. On la rencontrait en belette, en levrette, en gros chien, toujours cruelle et impitoyable, quelque forme qu'il lui plût de prendre. Elle attirait des jeunes gens chez elle, puis, quand elle en était lassée, elle les changeait en animaux comme Circée, ou en plantes comme Alcine. Elle était sans pitié surtout contre ceux qui osaient lui résister; elle les faisait éventrer et mettait leurs intestins à sécher sur les haies d'aubépine.

     

    Elle avait une peau magique, d'autres disent une haire dont elle se revêtait et alors on ne pouvait rien contre elle; il lui suffisait même d'être en contact avec ce talisman pour n'avoir rien à craindre de personne.

     

    Mais, un matin, on la surprit au lit, elle s'élança vers sa haire; on l'empêcha de la toucher et alors elle se laissa emmener sans résistance.

     

  • Tradition de Normandie:La Fontaine St-Jean dans l'Orne

    Depuis les temps les plus reculés,les pèlerins affluent à la Fontaine Saint-Jean. L'eau guérit dit-on, l'eczéma et certaines fièvres.

     

    Sa découverte miraculeuse est attribuée à un jeune berger. Selon la légende, celui-ci, étonné de voir un de ses moutons gratter le sol, toujours au même endroit, décide de prendre sa pioche. Il découvre une statue de Saint-Jean le Baptiste. Une surprise ne venant jamais seule, une source jaillit dont les vertus curatives sont rapidement reconnues loin à la ronde.

     

    Derrière, se cache sans doute l'histoire d'une source vénérée par les Celtes et christianisée par la suite.

     

    La chapelle atteste en tout cas du rayonnement ancestral d'un lieu qui mérite le détour.

  • Culture de Normandie: La Légende de la Brèche au Diable

    Pour expliquer la formation de la gorge profonde de la brèche au Diable, la croyance populaire n'a jamais admis qu'il pouvait s'agir du travail d'érosion du modeste cours d'eau qu'est le Laison.

     

    Ainsi la légende rapporte qu'aux temps anciens la roche du Mont Joly bloquait l'écoulement des eaux et un lac obscur s'étendait au pied de cette barre rocheuse; ce lac profond recelait une des multiples entrées des Enfers.

    Or un jour, Saint Quentin se promenait au bord de ce lac et eut le malheur de glisser et de tomber dans le lac; un pêcheur moyen aurait certainement connu un aller simple pour les Enfers, mais Saint Quentin protégé par la grâce divine put rejoindre la berge et remercier Dieu. En récompense de sa ferveur, Dieu lui permit de donner au Diable, un seul ordre. Le saint soucieux du sort qu'aurait connu un malheureux pêcheur dans sa situation, demanda que le Diable fasse disparaître le lac. Le Diable furieux, dut s'exécuter et d'un immense coup de queue brisa la barre rocheuse... dans un chaos furieux, les eaux du lac se linérèrent, la Brèche au Diable était créée.

  • Les fées en Normandie nullement bienfaitrices

    Tous les villages de Normandie ont ainsi leurs fées, et dans son livre « La Normandie romanesque et merveilleuse » Melle Amélie Bosquet nous a conté les aventures étranges de la fée d'Arrouges, si connue dans le Bessin, des fées du château de Pirou, qui se métamorphosaient en oies sauvages et en magiciennes; les mauvais tours de la Dame d'Aprigny, près de Bayeux, qui dans un val étroit et resserré, arrêtait le voyageur nocturne, l'entraînait dans le ravin, puis le saisissant brusquement, le jetait dans des fossés hérissés de buissons de ronces et d'épines inextricable.


    Les Milloraines ou Demoiselles, que tous les folkloristes n'ont eu garde d'oublier, car il leur a semblé qu'elles étaient d'origine scandinave. Elles sont de grande taille, se tiennent immobiles et ne montrent guère leur visage. Lors qu'on approche d'elles, elles s'évanouissent dans les arbres avec un bruit d'ouragan. D'autres fois elle se tiennent sur les branches des chênes et s'élancent sur les passants, sur les cavaliers, qui sentent tout à coup un poids sur leurs épaules, puis galopent en troupe avec eux.


    Les Milloraines de la Hague sont les surs des «  roussalki » russes de Pouchine.


    Barbey d'Aurevilly, dans « Une vieille Maitresse », attribue aux Milloraines la tâche de lavandières nocturnes qui, en marmonnant leur chant, accroupies sur la pierre polie des lavoirs, laveraient les linceuls des morts aux rayons de la lune. Bien, plus si un passant traversait la prairie où était situé le lavoir, les Milloraines le forçaient à tordre leur linge, et si terrifié, il s'y prenait mal, elles lui cassaient les bras et l'abandonnaient pantelant dans l'Herbe.

  • Culture de Normandie:La Légende de la Pierre de Gour

    Le Bret Hoël, chef gaulois, fondateur de Breteuil, se trouvait près du menhir de la Pierre de Gour, entre Saint-Ouen d'Attez et Condé-sur-Iton, lorsqu'il vit défiler devant lui les impressionnantes troupes de l'Empire Romain, lors de l'invasion de la Gaule en l'an 57. Ne pouvant accepter plus longtemps l'humiliation, il se donna la mort d'un coup d'épée. C'est là, au pied du menhir que, selon la légende, il reposerait aujourd'hui.

     

    Le docteur Devoisins nous rapporte* que, par les nuits d'orages, « des sanglots entrecoupés s'élèvent autour du menhir et s'éteignent lentement dans un murmure prolongé qui se confond peu à peu avec le bruissement des eaux de l'Iton.

    On ne sait bientôt plus si on entend le roulement affaibli de quelque écho réveillé par la foudre ou la plainte éternelle du vieux chef gaulois pleurant depuis deux mille ans sur la patrie mutilée.

     

    On aurait même aperçu, drapé dans son linceul, le fantôme de Bret Hoël, l'index point vers l'est, en direction de l'origine de l'Invasion.

     

    * Pour en savoir plus, Dr A.J Devoisins « Histoire de Breteuil sur Iton »

  • Tradition de Normandie: Les Jacquemarts d'Auffay


    La légende rapporte que Paquet Sivière et Houzou Bénard, un dieppois et un altifagien, un jour de procession du Saint-sacrement auraient outragé la foi catholique.

    Ils auraient été condamnés à payer l'horloge de la collégiale et à sonner les heures et les offices. À leur mort, des automates les auraient remplacés, tapant sur une cloche tous les quarts d'heure en dodelinant de la tête.

     

    Ces automates détruits par un terrible incendie en 1867, ils renaissent de leurs cendres grâce à une souscription des habitants d'Auffay.

     

    A partir de 1998, les automates d'origine laisseront leur loge sur la façade de la collégiale à des copies.

     

    Les originaux sont exposés à l'intérieur de la collégiale afin de les protéger des attaques du temps

  • Culture de Normandie:La légende de la côte des deux amants

    Elle est rapporté au XII ème siècle par Jeanne de France, première femme de lettre française.

     

    « Le baron Rulfe, seigneur de Pîtres, dominait la région, et ne voulait pas se séparer de sa fille Caliste. Mais Raoul, fils d'un comte, était très épris de Caliste et son sentiment était partagé. Un jour, dans la forêt voisine, il survint au moment où la belle fille était attaqué par une « bête sauvage » et lui sauva la vie. Caliste, bouleversée, lui promit sa main et dit sa volonté à son père. Celui-ci se cabra, puis devant la volonté de sa fille qu'il aimait tant, il mit une condition à l'union: que Raoul porte Caliste dans ses bras jusqu'en haut de la côte*, Raoul n'hésite pas à relever le défi, mais parvenu en haut après un effort considérable, s'écroule, mort. A cette vue, la jeune fille expire à ses côtés. Le baron Rulphe saisi d'un immense remords, fait construire à cet endroit une chapelle. »

     

    * la côte est à 45° donc imaginé de faire l'effort de Raoul.