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légende

  • Culture de Normandie: La Légende de la Hougue Bie






    Un tèrrib'lye dragon vivait l'temps passé dans l'Mathais d'St Louothains et quand i' sortait faisait des ravages dans la campagne, en tuant à drouaite et à gauche. Les pouorres médgians tchi vivaient en Jèrri dans chu temps-là 'taient êpouvantés et craintifs jour et niet.

    Né v'là qué l'Seigneu d'Hambye, en Nouormandie, en eut l'vent siez li dans san Châté d'Hambye: et même nou l'suppliyit dé v'nin en Jèrri pour dêtruithe chutte laie et âffreuse bête.

    Du coup i' fit ses adgieux à sa danme: il app'lit s'n êtchuyer et i' s'mîntent les deux en viage.

    Pèrsonne n'ont janmais seu tch'est qu'en fut d'la batâle sinon tch'i' pathait qué l'Seigneu attatchit la bête tout seu et finnit par l'ag'ver en li coppant la tête horte. Et pis, à cause dé ses bliesseuses, i' s'couochit pour s'èrposer dans un bocage dé bouais d'haute futaie, auve s'n êtchuyer fidèle (comme i' cryait) à faithe la garde. Un co san maître bein endormi, lé reintchivale dé cotchîn vit sa chance. Envieux et traître tch'il 'tait, et voulant sans doute faithe à craithe qué la glouaithe dé la batâle li' apparténait, il êgorgit san maître et l'entèrrit sans pus ni mains.

    D'èrtou au Châté d'Hambye, i' racontit à la châtelaine qué l'dragon avait tué san Seigneu et qué, li, a san tou avait bigorgi la bête. En outre, i' lî dit, lé souhait du maître en s'mouothant avait 'té que la veuve mathiêthait l'êtchuyer. Chettechîn, n'ayant pon dé soupçons, s'y'atchiêssit.

    Mais pus tard la conscienche du peûle lé pitchait et niet auprès niet, il avait d'mauvais rêves, tréjous entouor san crînme. I' s'mint à pâler dans san dormi: 'Oh scélérat qué j'sis j'ai machacré man maître!' A la fîn la danme s'avisit dé l'traduithe en justice. I' s'avouit, et fut mîns à mort.

    Assa, où'est qu'lé corps dé s'n homme avait 'té enfoui, dans la pâraisse dé St Sauveux en Jèrri, la danme dé Hambye fit bâti un mondrîn et l'nommit La Hougue Hambye (ou La Hougue Bie).

  • Culture de Normandie: Le Carrefour des Fées

    source: Amélie BOSQUET - Normandie romanesque et merveilleuse 1845

    On montre encore, à Saint Paër, près de Gisors, un carrefour, entouré d’arbres, où se réunissent plusieurs routes, et qui est nommé par les uns : le Rendez-Vous des Fées, par les autres : Rond des Pouilleux, en faisant allusion à un fait traditionnel : exemple bizarre et tant soit peu vulgaire des caprices souverains de mesdames les fées.
    Au milieu du carrefour que nous avons indiqué, se tenait, tous les soirs, le grand conseil des fées qui s’était attribué la surveillance du pays.
    Chaque fée avait son canton à administrer, et elles devaient se rendre compte mutuellement de ce qui s’était passé dans leur district. La présidente de l’assemblée tenait, entre ses mains, un livre de vie qui contenait les noms de chaque habitant. A mesure que les fées faisaient leur rapport, et suivant qu’il était favorable ou contraire, elle marquait les noms inscrits d’un point noir ou blanc, et l’on prononçait ensuite le jugement des coupables, qui s’étaient attiré la marque honteuse du point noir.
    La séance se terminait par une danse ébouriffante, où les fées rivalisaient d’intrépidité.

    Tous les paysans et paysannes, allant au marché de Gisors pour vendre leurs récoltes, ou faire leurs provisions hebdomadaires, étaient obligés de suivre un embranchement des routes, aboutissant au fameux carrefour. Arrivés là, ils se sentaient pris d’une fatigue subite qui les forçait de faire halte et de s’asseoir, quelque envie, d’ailleurs, qu’ils eussent de passer outre. Mais cette lassitude factice ne durait qu’un instant. A peine assis, les méchantes gens, marqués d’un point noir, se relevaient honteux et effrayés ; leur corps était couvert de certains insectes aux habitudes tracassières. Les bonnes gens, au contraire, dont le nom était marqué d’un point blanc, se relevaient allégés et dispos, et continuaient leur route, la jambe leste, la tête haute et le cœur joyeux.
    - Au marché de Gisors, c’était un concert d’acclamations pour chaque nouvel arrivant : voilà de bonnes gens ! s’écriait-on devant ceux dont la démarche brave et sémillante témoignait en leur faveur.
    - Voilà des gueux, ils ont des poux ! répétait-on à ceux qui se traînaient piteusement, ou trahissaient une malencontreuse démangeaison.Or, savez vous quels étaient les résultats de cette assemblée magistrale ?


  • Paysages de Normandie:Le Gravier de Gargantua dans l'Eure

    menhir à port mort.jpg

    LE GRAVIER DE GARGANTUA

    Classé MH le 10-01-1923

    Gargantua en construisant la colline qui se trouve derrière le menhir et qui porte le nom de Côte Frileuse, se sentit tout à coup incommodé par un gravier qui était entré dans son soulier ; l’ayant enlevé, il le lança loin de lui et il est retombé là où nous le voyons aujourd’hui.

    Coutil, inventaire mégalithique

  • Culture de Normandie: la Légende du Chêne à Leu

    La forêt de Roumare, était infestée de brigands, qui pour s'appeler ou se prêter main forte imitaient le chant du Loup, « canteleu » en normand

     

    Lorsque Rollon fut Comte de Normandie, son premier édit fut, que l'Ordre serait maintenu dans son comté, que la circulation des biens et des gens y serait libre et qu'en conséquence tout malhonnête homme qui irait à l'encontre sentirait le poids de sa justice. Ceci fut dit et proclamé partout par les héraults.

     

    Puis Rollon ordonna à ses hommes d'arme de purger son comté de tous les tire-laines et bandits de tut poil qui furent condamnés à la Hart.

     

    Pour montrer par un signe sensible que désormais la paix régnait sur ses terres, Rollon décida de laisser suspendus, un an durant, ses bijoux d'or et sa cassette pleine d'écus aux branches du Chêne-à-Leu. Pour n'être point tentés les malfaiteurs passaient au large, connaissant la justice expéditive du Comte.

  • Culture de Normandie:La légende de la gargouille


    Quand Rouen n'était encore qu'une bien modeste bourgade celtique, la Seine coulait entre des marécages. Un monstre effrayant, dont le corps s'apparentait à celui d'un crocodile, avec un vilain dos tout couvert de dards pointus, et qui était doté de grandes ailes membraneuses comme celles des chauves-souris, y avait élu domicile semant partout la mort et la dévastation.

     

    Les habitants terrorisés l'avaient appelé la gargouille. Or, un jour, l'évêque de Rouen, Saint Romain décida d'affronter le monstre. Les notables exigèrent qu'il se fît accompagner par un condamné à mort auquel ils promirent sa grâce. Bientôt les deux hommes se trouvèrent face à l'animal antédiluvien. Il bondit sur eux, sa gueule vomissant des flammes! Mais Saint Romain traça dans l'air un large signe de croix et jeta, sur le cou de la bête son étole de lin... Dompté la Gargouille fut conduite sur le parvis de la cathédrale et brûlée sur un immense bûcher.

     

    Jusqu'à la Révolution, un cortège imposant parcourut les rues de la cité, le jeudi de l'Ascension pour commémorer le miracle et rendre à Saint Romain, patron de la ville, un hommage reconnaissant.

  • Culture de Normandie:La légende de la côte des deux amants

    Elle est rapporté au XII ème siècle par Jeanne de France, première femme de lettre française.

     

    « Le baron Rulfe, seigneur de Pîtres, dominait la région, et ne voulait pas se séparer de sa fille Caliste. Mais Raoul, fils d'un comte, était très épris de Caliste et son sentiment était partagé. Un jour, dans la forêt voisine, il survint au moment où la belle fille était attaqué par une « bête sauvage » et lui sauva la vie. Caliste, bouleversée, lui promit sa main et dit sa volonté à son père. Celui-ci se cabra, puis devant la volonté de sa fille qu'il aimait tant, il mit une condition à l'union: que Raoul porte Caliste dans ses bras jusqu'en haut de la côte*, Raoul n'hésite pas à relever le défi, mais parvenu en haut après un effort considérable, s'écroule, mort. A cette vue, la jeune fille expire à ses côtés. Le baron Rulphe saisi d'un immense remords, fait construire à cet endroit une chapelle. »

     

    * la côte est à 45° donc imaginé de faire l'effort de Raoul.