Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

jules barbey d'aurevilly

  • Culture de Normandie:Extrait du « Le Chevalier des Touches »

     

    source: Jules Barbey d'Aurevilly, Le Chevalier des Touches, 1864.

    «C'était un homme de taille médiocre, mais vigoureux et râblé comme un vieux loup, dont il avait le poil, si l'on en jugeait par la brosse hérissée, courte et fauve de sa perruque. Son visage accentué s'arrêtait dans un profil ferme: un vrai visage de Normand, rusé et hardi.

     

    Jeune, il n'avait été ni beau ni lait. Comme on dit assez drôlement en Normandie pour désigner un homme qu'on ne remarque ni pour ses défauts naturels, ni pour ses avantages: « Il allait à la messe avec les autres. »

     

    Il exprimait bien le modèle sans alliage de ces anciens hobereaux, que rien ne pouvait apprivoiser ni décrasser, et qui sans la Révolution, laquelle roula cette race de granit d'un bout de l'Europe à l'autre bout sans la polir, seraient restés dans les fondrières de leur province, ne pensant même pas à aller au moins une fois à Versailles, et, après être montés dans les voitures du roi, à reprendre le coche et à revenir.

    Chasseur comme tous les gentilshommes terriens, chasseur enragé, quel que fût le poil de la bête ou la plume, il avait fallu cette fin du monde de la Révolution, pour arracher Hylas de Fierdrap à ses bois et à ses marais. » 

     

  • extrait de Promenades en Normandie avec Jules Barbey d’Aurevilly

    source: Robert CHOUARD, Promenades en Normandie avec un guide nommé Jules Barbey d’Aurevilly, Charles Corlet, 1989, p. 23.

    « Très tôt, deux des passions qui devaient embraser toute son existence se sont déclarées : la rage d’écrire et la folie des femmes « Les oreillers de chair fraîche »… Malgré tous ses défauts – et ils furent immenses ! -, malgré sa morgue, sa suffisance, son orgueil, Barbey d’Aurevilly en tant qu’homme a plus d’un côté sympathique. Grand viveur, bon vivant et voluptueux, se surnommant lui-même « le prince des ribauds », il a commis tous les excès. Il adorait les femmes et elles le lui rendaient au centuple : les bien-aimées, les maîtresses, les passades, les simples rencontres, les amies…

    Mais celle à laquelle il fut fidèle toute sa vie, celle qu’il avait surnommée « la maîtresse rousse », ce fut… le calvados ! « Ce breuvage normand que j’ai tant bu et qui vient d’une fleur blanche et rose ». « En fait de péchés et de taches, je suis constellé comme un léopard. » Alors, pardonnons-lui puisque c’est l’emblème de la Normandie !

    Mais ce qui rend encore plus humain Jules Barbey d’Aurevilly, c’est sa pauvreté. Aucune complaisance ni dans sa vie, ni dans son œuvre : avec lui, ni Rastignac, ni Bel Ami. Pas d’affairisme ! Pas d’arriviste ! L’argent ne compte pas. Ses héros ne sont motivés que par leur passion, tout comme leur créateur. Lucien Descaves nous raconte dans ses souvenirs comment, s’étant rendu au « Tournebride» de Barbey, 25, rue Rousselet, il trouva celui-ci : « Assis au coin d’une table encombrée, trempant des mouillettes dans un bol de bouillon, et tel était son grand air, sa noblesse de geste et d’attitudes, qu’il semblait plutôt tremper un biscuit dans un verre de champagne… »

  • Ecrivains de Normandie: Jules Barbey d'Aurevilly



    "La démocratie semble être la règle du monde moderne, et n'en est que la punition."

    Jules Barbey d’Aurevilly naît le 2 novembre 1808 à Saint-Sauveur-le-Vicomte dans le département de la Manche. Sa mère est issue d’une famille de magistrats anoblis au siècle précédent tandis que par son père l’enfant est lié à la bourgeoisie caennaise, tous deux étant très attachés à la monarchie. Après avoir vainement tenté de le faire entrer dans une école militaire, ceux-ci placent l’enfant auprès de son oncle, un notable de Valognes. Barbey grandit dans ce milieu libéral et athée où il travaille à se cultiver par de fréquentes lectures.

    Monté à Paris en 1827, le jeune homme entre en classe de rhétorique au Collège Stanislas. Reçu bachelier deux années plus tard, il entreprend ensuite son droit à la Faculté de Caen à partir du mois de novembre. Cette époque qui voit son retour en Normandie est également celle de la rupture avec sa famille. A la mort de son oncle en effet, Barbey refuse de reprendre la dénomination de d’Aurevilly. Ses convictions l’entraînent d’ailleurs vers la sympathie pour les républicains. Passionné par la lecture des écrits de Lord Byron, il s’essaie à la littérature.

    medium_barbey_levy_2.2.JPG

    Lire la suite

  • Citations de Jules Barbey d'Aurevilly

    Citations de Jules Barbey d'Aurevilly

    Les crimes de l'extrême civilisation sont certainement plus atroces que ceux de l'extrême barbarie.

    L'égalité, cette chimère des vilains, n'existe vraiment qu'entre nobles.

    Les passions font moins de mal que l'ennui, car les passions tendent toujours à diminuer, tandis que l'ennui tend toujours à s'accroître.