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guy de maupassant

  • Le Peintre Eugène Le Poittevin et Etretat

    Le peintre Eugène Le Poittevin fit la réputation de la ville d'Etretat sous le Second Empire.

     

    Séduit par les falaises et les grèves situées à proximité d'Etretat. Il se fit construire une villa. Il installa son atelier dans une caloge (vieille embarcation tirée sur la plage et pourvue d'un toit)

     

    Il y accueillit Courbet et Monet.

     

    « Les Bains de mer à Etretat » est l'oeuvre la plus célèbre de Le Poittevin. Elle est datée de 1865, elle montre un plongeoir installé sur un essieu et une paie de roues qui permet aux hommes de sauter dans l'eau et aux femmes de s'approcher de l'eau sans se mouiller.

     

    Guy de Maupassant était un habitué de la plage. L'actrice Eugène Doche qui joua le rôle de la Dame aux Camélias  était aussi une habituée de cette plage.

  • Culture de Normandie: Les Oies sauvages par Guy de Maupassant

    Tout est muet, l'oiseau ne jette plus ses cris.

    La morne plaine est blanche au loin sous le ciel gris.

    Seuls, les grands corbeaux noirs, qui vont cherchant leurs projets,

     

     

    Fouillent du bec la neige, et tachent sa pâleur.

    Voilà qu'à l'horizon s'elève une clameur;

    Elle approche, elle vient: c'est la tribu des oies.

    Ainsi qu'un trait lancé, toutes, le cou tendu,

    Allant toujours plus vite en leur vol éperdu,

    Passent, fouettant le vent de leur aile sifflante.

     

    Le guide qui conduit ces pèlerins des airs

    Delà les océans, les bois et les déserts,

    Comme pour exciter leur allure trop lente,

    De moment en moment jette son cri perçant.

     

    Comme un double ruban la caravane ondoie,

    Bruit étrangement, et par le ciel déploie

    Son grand triangle ailé qui va s'élargissant.

     

     

    Mais leurs frères captifs répandus dans la plaine,

    Engourdis par le froid, cheminent gravement,

    Un enfant en haillons en sifflant les promène,

    Comme de lourds vaisseaux balancés lentement.

    Ils entendent le cri de la tribu qui passe,

    Ils érigent leur tête; et, regardant s'enfuir

    Les libres voyageurs au travers de l'espace,

    Les captifs tout à coup se lèvent pour partir.

    Ils agitent en vain leurs ailes impuissantes,

    Et, dressés sur leurs pieds, sentent confusément,

    A cet appel errant, se lever granaussantes

    La liberté première au fond du coeur dormant,

    La fièvre de l'espace et des tièdes rivages.

    Dans les champs pleins de neige ils courent effarés,

    Et, jetant par le ciel des cris désespérés,

    Ils répondent longtemps à leurs frères sauvages.

  • Idée de lecture: Contes normands de Guy de Maupassant

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    On ne se lasse pas de lire cet auteur qui est à la littérature ce que l’impressionnisme est à la peinture, par ses touches de couleur, les bruits des étables ou ceux du cidre qui pétille dans les verres, les odeurs des étangs, de la forêt en automne, par toutes ces impressions minutieusement décrites ou finement suggérées. Au milieu de ce décor, les paysans normands du pays de Caux, avec leur langage savoureux, leurs histoires rocambolesques et leur cruauté aussi. Quelques contes très originaux, courts, mordants, pas vraiment tendres, des images prises sur le vif, le tout si vivant, si réel, que l’on va jusqu’au bout de ce recueil sans le moindre ennui, avec juste le regret que ce soit déjà fini.

  • Paul Morant parlant de Maupassant et de la côte normande

    « A ces hautes demeures seigneuriales prises en location, les Poittevin, famille bourgeoise de Fécamp dont sa mère était issue, avaient demandé un cadre aristocratique pour la naissance de leurs enfants à particules. Mais combien Maupassant préférait le petit village d'Etretat placé entre deux vides, entre la prairie et la mer, si animé avec ses pêcheurs, ses cordiers, son goudron fondant dans les réchauds, ses filets bruns ornés de flotteurs de liège mangés par le sel, dont l'odeur attire les mouettes qui crient comme des poulies. Le meilleur de sa vie s'est passé là, comme entre deux portants d'un décor, sous les falaises entre la Manne Porte et la Porte d'Amont sur l'anse des galets où les femmes, les vireuses, halent au cabestan les embarcations; plus haut, au-delà de la limite du flot tracé par le liséré noir du varech, il revoit kes caloges, vieux canots qui n'ont plus l'âge de prendre la mer et qui servent de hangars pour les casiers à homards, les harpons, les nasses, les lignes de remonte. De la baie de Seine à Dieppe, le jeune homme connait chaque crique, chaque fond, chaque valleuse; fécamp, Saint-Valéry, Le Tréport n'ont pas de secrets pour lui. Il parle le patois avec les fils des pêcheurs, ses amis, ses égaux dont les pères l'emmènent en mer pour des expédityions dont il risque de ne pas revenir. Peu à peu il a étendu ses voyages, poussant jusqu'au Havre de Grâce dont il admirait les mâts, les vergues, les flèches, les cordages, tout cet emmêlement et ce jaillissement vertical qui ressemble à une forêt morte. » 

  • Guy de Maupassant parlant de Rouen

     

    source: Bel Ami de Guy de Maupassant

     

     

    « On dominait l'immense vallée, longue et large, que le fleuve clair parcourait d'un bout à l'autre, avec de grandes ondulations. On le voyait venir de là-bas, taché par des îles nombreuses et décrivant une courbe avant de traverser Rouen. Puis la ville apparaissait sur la rive droite un peu noyée dans la brume matinale, avec des éclats de soleil sur ses toits, et ses mille clochers légers, pointus ou trapus, frêles et travaillés comme des bijoux géants, ses tours carrées ou rondes coiffées de couronnes héraldiques, ses beffrois, ses clochetons, tout le peuple gothique des sommets d'église que dominait la flèche aiuë de la cathédrale, surprenante aiguille de bronze, laide, étrange et démesurée, la plus haute qui soit au monde.

     

    Mais en face, de l'autre côté du fleuve, s'élevaient rondes et renflées à leur faîte, les minces cheminées d'usines du vaste faubourg de Saint-Sever.

     

    Plus nombreuses que leurs frères clochers, elles dressaient jusque dans la campagne lointaine leurs longues colonnes de briques et soufflaient dans le ciel bleu leur haleine noire de charbon.

     

    Et la plus élevée de toutes, aussi haute que la pyramide de Chéops, le second des sommets dus au travail humain, presque l'égale de sa fière commère la flèche de la cathédrale, la grande pompe à feu de la Foudre semblait la reine du peuple travailleur et fumant des usines, comme sa voisine était la reine de la foule pointue des monuments sacrés.

     

    Là-bas, derrière la ville ouvrière s'étendait une forêt de sapins; et la Seine, ayant passé entre les deux cités, continuait sa route, longeait une grande côte onduleuse boisée en haut et montrant par place ses os de pierre blanche, puis elle disparaissait à l'horizon après avoir encore décrit une longue courbe arrondie. On voyait des navires montant et descendant le fleuve, traînés par des barques à vapeur grosses comme des mouches et qui crachaient une fumée épaisse. Des îles, étalées sur l'eau, s'alignaient toujours l'une au bout de l'autre, ou bien laissant entre elles de grands intervalles, comme les grains inégaux d'un chapelet verdoyant. »

  • la légende du Mont Saint-Michel par Guy de Maupassant

    source: MAUPASSANT, La légende du Mont Saint Michel.

    "Je l'avais vu d'abord de Cancale, ce château de fées planté dans la mer. Je l'avais vu confusément, ombre grise dressée sur le ciel brumeux. Je le revis d'Avranches, au soleil couchant. L'immensité des sables était rouge, l'horizon était rouge, toute la baie démesurée était rouge; seule, l'abbaye escarpée, poussée là-bas, loin de la terre, comme un manoir fantastique, stupéfiante comme un palais de rêve, invraisemblablement étrange et belle, restait presque noire dans les pourpres du jour mourant.
    J'allai vers elle le lendemain dès l'aube, à travers les sables, l’œil tendu sur ce bijou monstrueux, grand comme une montagne, ciselé comme un camée et vaporeux comme une mousseline. Plus j'approchais, plus je me sentais soulevé d'admiration, car rien au monde peut-être n'est plus étonnant et plus parfait.
    Et j'errai, surpris comme si j'avais découvert l'habitation d'un dieu à travers ces salles portées par des colonnes légères ou pesantes, à travers ces couloirs percés à jour, levant mes yeux émerveillés sur ces clochetons qui semblent des fusées parties vers le ciel et sur tout cet emmêlement incroyable de tourelles, de gargouilles, d'ornements sveltes et charmants, feu d'artifice de pierre, dentelle de granit, chef-d’œuvre d'architecture colossale et délicate ».

  • Histoire de la Normandie:Les combats de 1870 en Normandie

    Les combats ont cependant fait rage en Normandie pendant la courte guerre de 1870.Ce fut le cas à Gisors, à Gournay en Bray, à Vernon, à Villegats et près de Pacy-sur-Eure.

    Après la signature de l'armistice, le 28 janvier 1871, l'occupation Prussienne provoqua de nombreuses manifestations d'hostilité de la part des Normands.


    Guy de Maupassant les a immortalisées dans plusieurs de ses nouvelles, dans Mademoiselle Fifi ou encore dans Boule-de-Suif

    Quant à Flaubert, il ne décoléra pas de voir son domaine de Croisset à Canteleu, réquisitionné par les « casques à pointe »

    Et lorsqu'une de ses vieilles amies l'invita au printemps 1871 dans sa résidence de Bade, il lui répondit: « Quant à vous voir en Allemagne, c'est un pays où volontairement je ne mettrai jamais les pieds. J'ai vu assez d'Allemands cette année pour souhaiter n'en revoir aucun.»

  • Guy de Maupassant parle de la ville de Rouen

    extrait de Bel Ami (1885)

     

    « La ville apparaissait sur la rive droite, un peu noyée dans la brume matinale, avec des éclats de soleil sur ses toits, et ses milles clochers légers, pointus ou trapus, frêles et travaillés comme des bijoux géants, ses tours carrées ou rondes, coiffées de couronnes héraldiques, ses beffrois, ses clochetons, tout le peuple gothique des sommets d'églises que dominait la flèche aiguë de la cathédrale, surprenant aiguille de bronze, laide, étrange et démesurée, la plus haute qui soit au monde.

     

    Mais en face, de l'autre côté du fleuve, s'élevait, rondes ou renflées à leur faîte, les minces cheminées d'usine du vaste faubourg de Saint-Sever. Plus nombreuses que leurs frères clochers, elles dressaient jusque dans la campagne lointaine leurs longues colonnes de briques et soufflaient dans le ciel bleu leur haleine noire de Charbon. »

  • Culture de Normandie:Extrait d'une lettre de de Maupassant à Flaubert

    « Quand on en approche, on aperçoit dessous l'aiguille d'Etretat qui se trouve à 500 ou 600 mètres plus loin contre la porte d'Aval. Il faudrait que Bouvard tombât sur le varech glissant pour laisser à P. le temps de gagner la porte d'Aval sous laquelle on peut aussi passer à mer basse en enjambant de rocher en rocher, parfois en sautant, car il y a presque toujours de l'eau sous cette porte, ce qui ferait reculer Bouvard, lorsqu'il arriverait naturellement à vouloir passer par là.

     

    La petite baie formée entre les deux portes a cela de particulier qu'on aperçoit vers le milieu une sorte de demi-entonnoir gazonné, où serpente un sentier très rapide, qu'on appelle la Valleuse de Jambour. Bouvard épouvante par l'eau sous la porte d'Aval, et ne pouvant enjamber comme P. de rocher en rocher, au risque de se noyer dans les intervalles qui sont très profonds, retournerait sur ses pas et apercevrait la valleuse.

     

    Voici l'aspect de cette valleuse. J'indique l'herbe par les petits traits et le sentier par la ligne noire. On monte d'abord sur un reste d'éboulement qui mène au pied de la falaise, puis le sentier la longe de A à B, et devient ensuite très rapide, très glissant, avec des pierres qui roulent sous les pieds et les mains, et se termine par de brusques zigs-zags.

    Les gens craintifs se cramponnent aux herbes.

     

    (Cette valleuse, praticable même aux femmes hardies jusqu'à cette année, n'est plus accessible aujourd'hui qu'aux hommes très souples et très accoutumés aux falaises; on doit la réparer)

     

    Autrefois une corde attaché au rocher, allait jusqu'au bas de la descente. Une fois en haut, on aperçoit Etretat, et on y arrive par une descente douce sur l'herbe, de un kilomètre environ. Il y a dans le haut de cette butte en terre on s'y réfugie, par crainte du rhume, après avoir gravi le sentier.

     

    Extrait d'une lettre de Guy de Maupassant à Gustave Flaubert le 3 novembre 1877.

  • Culture de Normandie:Une ferme normande en mai

     

    De Photos de Normandie

    De près, quand on ouvre la barrière vermoulue, on croit voir un jardin géant, car tous les antiques pommiers, osseux comme des paysans, sont en fleurs. Ces vieux troncs noircis, crochus, tordus, alignés dans la cour étalent sous le ciel, leurs dômes éclatants, blancs et roses. Ce doux parfum de leur épanouissement se mêle aux grasses senteurs des étables ouvertes et aux vapeurs de fumier qui fermente, couvert de poules.

    Guy de Maupassant.