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gustave flaubert

  • Village de Normandie: Ry

    Une rue principale qui se rétrécit et s'élargit de nouveau après avoir traversé le Crevon, des devantures discrètes qui se font face avec une apparence de prospérité tranquille. Rien dans ce village et sa vallée paisible n'évoque le malheur ou le scandale.

     

    Pourtant en 1854, comme l'atteste une pierre tombale du cimetière, la fin tragique d'une jeune femme fut sûrement au centre de toutes les conversations. Delphine Couturier, la femme jeune et jolie du docteur du village, avait une liaison avec un gentilhomme campagnard du coin; chaque jour, elle quittait furtivement sa maison pour le rejoindre chez lui, au Manoir de la Huchette.

    Si le sort malheureux de Madame Couturier, qui s'empoisonna lorsqu'elle se sentit perdue.

     

    Cette triste histoire est parvenue aux oreilles de Gustave Flaubert qui écrira son célèbre roman «Madame Bovary »

     

    Les habitants de Ry ont su mettre à profit cette triste histoire; des visites guidées mènent à sa maison et les visiteurs examinent avec curiosité la barrière par laquelle Delphine Couturier se glissait hors du jardin.

     

  • Expression Normande: à l'avantage

     

    Cette expression est utilisé en Normandie comme formule d'adieu.

     

    C'est la forme abrégée de l'expression « avoir l'avantage de vous revoir ».

    Elle repose sur l'emploi de « avoir l'avantage de » pour remplacer « avoir le plaisir de » ou «au plaisir de vous revoir »

    Ainsi des gens polis vous diront-ils: aurai-je bientôt l'avantage de vous revoir?

    La formule est employée par Gustave Flaubert dans Bouvard et Pécuchet.

    « Goutman souleva le bord de son chapeau: «A l'avantage! » et il sortit. »

  • Ville de Normandie: Domfront

    « quel océan de verdure! L'air y est âpre et froid, le soleil brille. C'est exquis et fort. Voilà un pays!» écrivait Gustave Flaubert dans son carnet de voyage en 1877.

     

    Au coeur du bocage ornais, à 75 km à l'est du Mont-Saint-Michel, Domfront, place forte de la Normandie ducale culmine à 70 mètres au-dessus de la cluse de la Varenne. Du parc du château, riche d'histoire, un bel et vaste panorama s'offre au visiteur, encore plus exceptionnel fin avril lors de la floraison des poiriers centenaires.

     

    Domfront reste aujourd'hui, avec ses dix tours d'enceinte, ses remparts, ses rues étroits, ses cours intérieures et ses maisons à colombages serrées les unes contre les autres, un exemple unique d'architecture urbaine du Moyen-Age.

     

    Nombreux sont les monuments et sites classés:

     

    • le Parc du Château

    • Les ruines du Donjon

    • les vestiges de la chapelle Saint-Symphorien

    • l'église Notre-Dame sur l'eau

    • l'église Saint-Julien

    • le pittoresque village des Tanneries

     

    Capitale du Bocage Sud, Domfront est une cité de caractère au patrimoine conservé.

  • Histoire de la Normandie: Flânerie sur la côte

    Le climat de Cabourg, un air pur, azuré et salin, convenait à la santé délicate de Marcel Proust qui découvre le Grand Hôtel de la station en 1881 en compagnie de sa grand-mère. Il y reviendra deux ans plus tard, lorsqu'il rédigera « A La recherche du Temps Perdu », on reconnaîtra Cabourg sous les traits de « Balbec ».


    En 1872, une vacancière de soixante-douze ans, alerte, bonne nageuse, passe avec ses enfants l'été à Cabourg, ce n'est autre que Georges Sand. Rentrée à Nohant, elle écrit à Gustave Flaubert: « Nous avons pris de beaux bains de mer et ramené des santés superbes. »


    Le décor est planté par un casino, des thermes et un hôtel, autour desquels rayonnent de belles avenues.

    Tandis que Dieppe, Trouville, Houlgate, lancées depuis longtemps, jouent les stars de la côte, Cabourg passe pour la benjamine à laquelle il faut laisser le temps de grandir.


    Parlant de Trouville, Frédéric Amiel, en 1843, se plaît à reconnaître qu'elle est « la plus belle plage de France pour les bains et que les alentours paraissent inépuisables en promenades variées, ombragées, en petits vallons plantés de pommiers. »


    Il prophétisait un riche avenir à ce village!


    A l'extrémité du boulevard maritime du Havre, sur les hauteurs de la Hève, proche de la chapelle Notre-Dame-des-Flots, se dresse un curieux monument baptisé le « Pain de Sucre » à cause de sa forme. Il s'agit d'un cénotaphe élevé par la veuve du général Lefèvre Desnoëtte à la mémoire de son mari qui périt dans un naufrage sur les côtes d'Irlande, le 22 avril 1822.

  • Histoire de la Normandie:Les combats de 1870 en Normandie

    Les combats ont cependant fait rage en Normandie pendant la courte guerre de 1870.Ce fut le cas à Gisors, à Gournay en Bray, à Vernon, à Villegats et près de Pacy-sur-Eure.

    Après la signature de l'armistice, le 28 janvier 1871, l'occupation Prussienne provoqua de nombreuses manifestations d'hostilité de la part des Normands.


    Guy de Maupassant les a immortalisées dans plusieurs de ses nouvelles, dans Mademoiselle Fifi ou encore dans Boule-de-Suif

    Quant à Flaubert, il ne décoléra pas de voir son domaine de Croisset à Canteleu, réquisitionné par les « casques à pointe »

    Et lorsqu'une de ses vieilles amies l'invita au printemps 1871 dans sa résidence de Bade, il lui répondit: « Quant à vous voir en Allemagne, c'est un pays où volontairement je ne mettrai jamais les pieds. J'ai vu assez d'Allemands cette année pour souhaiter n'en revoir aucun.»

  • Ecrivains de Normandie: Gustave Flaubert

     

    Gustave Flaubert est né à Rouen en 1821. Dès le lycée, il manifeste ses goûts pour l'écriture et fait ses débuts littéraires dans un petit journal scolaire, le Colibri.

     

    Il suit des cours de droit à Paris, mais les troubles nerveux qu'il ressentira toute sa vie l'obligent à quitter la capitale.

     

    Il s'installe alors à Croisset près de Rouen et c'est là qu'il réalisera la plus grande partie de son oeuvre.

     

    Toujours à la recherche de la perfection, ce romancier est partager entre le réalisme et le romantisme.

     

    En 1851, il écrit Madame Bovary, qui ne sera publié quand 1856 par La Revue de Paris, certaines scènes sont jugées scandaleuses par la Bourgeoisie bien pensante et des poursuites sont engagées contre l'auteur. L'acquittement de Flaubert contribuent au succès du roman paru en Librairie en 1857.

     

    Après un voyage en Afrique, il commence l'écriture de Salammbô. Viendra ensuite L'éducation Sentimentale, récit d'une passion de jeunesse qui lui demandera cinq ans de travail et connaitra plusieurs versions.

     

    Flaubert meurt à Croisset en 1880 en laissant inachevé Bouvard et Pécuchet.

     

  • Gustave Flaubert parle de la Ville de Rouen

    extrait de Madame Bovary (1857)

     

    « Puis d'un seul coup d'oeil, la ville apparaissait. Descendant tout en amphithéâtre et noyée dans le brouillard, elle s'élargissait au-delà des ponts, confusément. La pleine campagne remontait ensuite d'un mouvement monotone, jusqu'à toucher au loin la base indécise du ciel pâle.

     

    Ainsi, vu d'en haut, le paysage tout entier avait l'air immobile comme une peinture; les navires à l'ancre se tassaient dans un coin; la fleuve arrondissait sa courbe au pied de collines vertes et les îles, de forme oblongue, semblaient sur l'eau de grands poissons noirs arrêtés. Les cheminées des usines poussaient d'immenses panaches bruns qui s'envolaient par le bout.

     

    On entendait le ronflement des fonderies avec le carillon clair des églises qui se dressaient dans la brume. Les arbres des boulevards, sans feuilles, faisaient des broussailles violettes au milieu des maisons, et les toits, tout reluisants de pluie, miroitaient inégalement, selon la hauteur des quartiers. Parfois un coup de vent emportait les nuages vers la côte Sainte-Catherine, comme des flots aériens qui se brisaient en silence contre une falaise. »

  • Gustave Flaubert parle de la baie Mont Saint-Michel

    « L'horizon vide se prolonge, s'étale et finit par fondre ses terrains crayeux dans la couleur jaune de la plage. Le sol devient plus ferme, une odeur salée vous arrive. On dirait un désert dont la mer s'est retirée. Des langues de sables, longues, aplaties l'une sur l'autre, se continuant indéfiniment par des plans indistincts, se rident comme une onde sous de grandes lignes courbes, arabesques géantes que le vent s'amuse à dessiner à leur surface. Les flots sont loin, si reculés qu'on ne les voit plus, qu'on n'entend pas leur bruit, mais je ne sais quel vague murmure, insaisissable, aérien, comme la voix même de la solitude qui n'est peut-être que l'étourdissement de ce silence... »

  • Culture de Normandie:Extrait d'une lettre de de Maupassant à Flaubert

    « Quand on en approche, on aperçoit dessous l'aiguille d'Etretat qui se trouve à 500 ou 600 mètres plus loin contre la porte d'Aval. Il faudrait que Bouvard tombât sur le varech glissant pour laisser à P. le temps de gagner la porte d'Aval sous laquelle on peut aussi passer à mer basse en enjambant de rocher en rocher, parfois en sautant, car il y a presque toujours de l'eau sous cette porte, ce qui ferait reculer Bouvard, lorsqu'il arriverait naturellement à vouloir passer par là.

     

    La petite baie formée entre les deux portes a cela de particulier qu'on aperçoit vers le milieu une sorte de demi-entonnoir gazonné, où serpente un sentier très rapide, qu'on appelle la Valleuse de Jambour. Bouvard épouvante par l'eau sous la porte d'Aval, et ne pouvant enjamber comme P. de rocher en rocher, au risque de se noyer dans les intervalles qui sont très profonds, retournerait sur ses pas et apercevrait la valleuse.

     

    Voici l'aspect de cette valleuse. J'indique l'herbe par les petits traits et le sentier par la ligne noire. On monte d'abord sur un reste d'éboulement qui mène au pied de la falaise, puis le sentier la longe de A à B, et devient ensuite très rapide, très glissant, avec des pierres qui roulent sous les pieds et les mains, et se termine par de brusques zigs-zags.

    Les gens craintifs se cramponnent aux herbes.

     

    (Cette valleuse, praticable même aux femmes hardies jusqu'à cette année, n'est plus accessible aujourd'hui qu'aux hommes très souples et très accoutumés aux falaises; on doit la réparer)

     

    Autrefois une corde attaché au rocher, allait jusqu'au bas de la descente. Une fois en haut, on aperçoit Etretat, et on y arrive par une descente douce sur l'herbe, de un kilomètre environ. Il y a dans le haut de cette butte en terre on s'y réfugie, par crainte du rhume, après avoir gravi le sentier.

     

    Extrait d'une lettre de Guy de Maupassant à Gustave Flaubert le 3 novembre 1877.

  • L'appetit Normand ou le repas de noces d'Emma Bovary

    par Gustave Flaubert

    C'était sous le hangar de la charretterie que la table était dressée. Il y avait dessus quatre aloyaux, six fricassées de poulet, du veau à la casserole, trois gigots et, au milieu, un joli cochon de lait rôti, flanqué de quatre andouilles à l'oseille. Aux angles se dressait l'eau-de-vie dans des carafes. Le cidre doux en bouteille poussait sa mousse épaisse alentour des bouchons, et tous les verres, d'avance, avaient été remplis de vins jusqu'au bord. De grands plats de crème jaune, qui flottaient d'eux-mêmes au moindre choc de la table, présentaient, dessinés sur leur surface unie, les chiffres des nouveaux époux, en arabesques sans pareilles.

    On avait été chercher un pâtissier d'Yvetot, pour les tourtes et les nougats. Comme il débutait dans le pays, il avait soigné les choses et il apporta, lui-même, au dessert, une pièce montée qui fit pousser des cris. A la base c'était un carré de carton bleu figurant un temple, avec portiques, colonnades et statuettes de stuc tout autour, dans des niches constellées d'étoiles en papier doré; puis se tenait au second étage un donjon en gâteau de Savoie, entouré de menues fortifications en angéliques, amandes, raisins secs, quartiers d'orange, et enfin, sur la plate-forme supérieure, qui était une prairie verte où il y avait des rochers avec des lacs de confiture et des bateaux en écales de noisettes, on voyait un petit Amour, se balançant à une escarpolette de chocolat, dont les deux poteaux étaient terminés par deux boutons de rose naturelles, en guise de boules au sommet.

    Jusqu'au soir, on mangea. Quand on était trop fatigué d'être assis, on allait se promener dans les cours  ou jouer une partie de bouchon dans la grange; puis l'on revenait à table. Quelques-uns vers la fin s'y endormirent et ronflèrent. Mais au café tout se ranima; alors on entama des chansons, on fit des tours de force, on portait des poids, on passait sous son pouce, on essayait à soulever les charrettes sur ses épaules, on disait des gaudrioles, on embrassait les dames. Le soir, pour partir, les chevaux gorgés d'avoine jusqu'aux naseaux, eurent du mal à entrer dans les brancards, ils ruaient, se cabraient, les harnais se cassaient, les maîtres juraient ou riaient; et toute la nuit, au clair de la lune, par les routes du pays, il y eut des carrioles emportées qui couraient au grand galop, bondissant dans les saignées, sautant par-dessus les mètres de cailloux, s'accrochant aux talus avec des femmes qui se penchaient en dehors de la portière pour saisir les guides.