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groupe thyssen

  • Histoire de Normandie: L'exploitation du fer en Normandie

    Les archives historiques prouvent que dès les époques gauloise et gallo-romaine des mines de fer étaient exploitées en Normandie. On a retrouvé au milieu de restes de minerai des débris de tuiles antiques, ainsi que quelques traces de petits fourneaux qui datent de cette époque.

     

    Les nombreuses et vastes forêts existant à proximité des gîtes permettaient le traitement du minerai directement sur place.

     

    Plusieurs localités rappellent par leurs noms l'existence de ces anciens foyers de l'industrie métallurgique. Ces villages sont en général situés aux environs des mines actuelles, mais non à leur voisinage immédiat. Ce sont au nord-est de Vire: la Ferrière au Doyen, La Ferrière-Duval, la Ferrière-Harang non loin du bassin de Jurques; Ferrière et Bourlerouge dans la région de Mortain; La Ferrière aux Etangs, La Selle la Forge,Sept-Forges, Saint-Bomer-la-Forge auprès des mines situées entre flers et Domfront. Vers Alençon se trouve La Ferrière-Bochard, Ferrière-la-Verrerie, Forges et dans la région nord-est de l'Orne: Glos-la-Ferrière, Marnefer. Autant de dénomination qui ont guidé les premiers pas des géologue.

     

    Peu à peu, les affleurements furent épuisés et le manque d'outillage ne permit pas de pousser plus avant l'exploitation. D'autres part des forêts entières avaient disparu.

    Un haut fourneau important au XVIII ème siècle consommait environ 20 000 stères de bois soit à peu près la production de 2 000 hectares de forêts par an. Des mesures de protection légale contre le déboisement contribuèrent à faire abandonner les mines. Les forges de Balleroy et de Danvou éteignirent leurs feux à la fin du XVIIIème siècle. Cependant près de Mortain, à Bourberouge, un haut fourneau utilisant sur place le minerai et le charbon de bois fabriquait au XIX ème siècle, des projectiles destinés aux arsenaux pendant les guerres contre l'Angleterre.

     

    En 1860, les traités de commerce ouvrant la porte à la concurrence de l'Angleterre donnait le coup de grâce à l'industrie métallurgique normande. Les derniers hauts fourneaux devaient s'éteindre en 1869.

     

    Cependant dans le même temps, l'attention fut de nouveau attirée sur nos gisements miniers par les études des géologues Arcisse de Caumont et Elie de Beaumont. À la même époque, les sidérurgistes Thomas et Gichrist en solutionnant le problème de la déphosphoration permettaient d'utiliser sans inconvénient pour la fabrication de l'acier les minerais normands.

     

    Il fallut l'invasion des capitaux allemands et le geste des grands potentats de l'industrie d'outre-Rhin comme Thyssen, attirés par la possition littorale du gisement pour ouvrir les yeux des français.

     

    Les travaux d'exploration se développèrent d'abord dans les parties du gisement voisines des voies ferrées: ligne de Caen à Domfront, Caen à Vire, Caen à Argentan et Tramway de Caen à Falaise.

     

    La première mine concédée fut en 1875, celle de Saint-Rémy qui avait déjà été exploitée au XV ème siècle. En cette fin du XIX ème siècle, les métallurgistes français venaient d'être privé de la Lorraine. Le mouvement s'accéléra: Jurques, Bourberouge, Soumont sont concédées entre 1900 et 1902. En 1931, 21 mines étaient concédées sur lesquelles 12 étaient exploitées: Saint-André, Saint-Rémy, Soumont, Jurques, Barbery, Halouze, Larchamp, La ferrière, Diélette, Mortain, Bourberouge.

     

    Le groupe Thyssen se randait acquéreur de la majorité des actions des Mines de Soumont et de Diélette. En même temps, il créait les Hauts Fourneaux de Caen. Le bessin normand était tout désigné pour la construction d'une usine, qui pourrait recevoir le charbon de Thyssen, se trouverait près du minerai et au voisinage des calcaire fournissant la castine nécessaire au lit de fusion. Bien qu'en règle générale, c'est toujours le minerai qui va retrouver le combustible pour la raison bien simple que plusieurs tonnes de charbon sont nécessaire pour traiter une tonne de minerai, le métallurgiste avait réalisé l'opération inverse. Il semble bien que le but de cette implantation était le placement de la houille allemande, le fret retour des navires apportant le charbon étant assuré par une exportation croissante de minerai. De plus cela lui permettait de se dispenser de la taxe de l'umiage sur toute tonne de charbon vendue au-delà de la production allemande.

     

    En 1914, la mise sous séquestre des biens et intérêts allemands entraîna d'importantes conséquences pour les mines et entreprises métallurgiques de Normandie. Tous les projets en cours furent bouleversés. Les exploitations chômèrent d'abord puis reprirent une activité très réduite. De nombreux puits furent inondés.

     

    A la fin des hostilités de nouvelles sociétés se substituèrent à celles qui avaient été placées sous séquestre: la Société des Hauts Fournaux de Caen appartenant à la Société Thyssen-Le Chatelier céda la place à la Société Normande de Métallurgie fondée par Schneider, puis ce fut la Société Métallurgique de Normandie.

     

    En 1923, on comptait 10 mines exploitées: May, Saint-André, Saint-Rémy, Soumont, Jurques, Gouvix, Mortain, Halouze, la Ferrière-aux-Etangs, Larchamp. Par la suite les exploitations de Jurques, Mortain, Halouze cessaient leurs activités tandis que Diélette, Barbery, Urville reprirent les leurs.

     

    En juin 1940, c'est l'arrêt complet des mines et des hauts fourneaux. Pendant quatre ans, l'activité est considérablement réduite. Au lendemain de la Bataille de Normandie, la plupart des installations sont ravagées en surface et les galeries sont inondées. Dans les sphères gouvernementales, on ne montre aucun enthousiasme pour décider de la reconstrution de l'industrie sidérugique normande. En 1947, la reconstrution est enfin décidée. Quant aux mines, dès 1946, elles avaient repris leurs exportations.

     

    Les mines ne servent plus et l'industrie sidérugique a disparu de Normandie.