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germanique

  • Histoire de Normandie: Toponymes normands composés à partir des arbres

     

     

     

    Les arbres ont joué un rôle important dans la formation des lieux de Normandie. On les étudiera ici selon l'ordre de leur importance en toponymie.

     

    Le frêne est de loin l'arbre le plus utilisé pour repérer un lieu, et on le trouve sous ses appellations latines, germaniques et scandinaves. Le latin fraxinus est en effet représenté soit comme élément principal du nom de lieu, soit comme complément déterminant. On le relèvera donc tel quel dans Le Fresne et Frênes; précédé d'un adjectif dans Beaufresne et dans Le Chefresne. Mais plus souvent il a formé un dérivé évoquant la présence comme Fresney ou Fresnay, La Fresnaye, Fresnoy, Frêneuse, La Ferté-Frenel. Comme complément de toponyme, le voici dans Saint-Mards-de-Fresne, Saint-Cosme-de-Fresné, Saint-Germain-de-Fresney.

    Le germain ask et le scandinave aski. Le premier se retrouve dans Esquay-sur-Seulles et Esquay-Notre-Dame. Le second dans Ecquetot et Ectot, ainsi que dans La Haye-d'Ectot et dans Saint-Germain-d'Ectot.

     

     

    Le tilleul est présent sous ses formes latines et scandinaves. La forme la plus fréquente est celle de l'ancien français til ou teil, issue du latin tilia. Ainsi dans Le Thil, Thil-Manneville et le Thil-Riberpré ou dans Le Theil et le Gros-Theil. Mais on trouve aussi des formes plus modernes dans Le Tilleul et Tilleul-Dame-Agnès, Saint-Martin-du-Tilleul et Saint-Ouen-du-Tilleul, ainsi que dans Le Teilleul. Comme composé marquant la présence, on a Tilly, Les Thilliers-en-Vexin et, en toponyme double, Saint-Etienne-la-Thillaye. Le scandinave lind est présent dans Lintôt et dans Lindebeuf.

     

    Le buis était désigné en latin par le mot buxus qui a donné notre nom commun français, lequel apparaît tel quel dans Buis-sur-Damville. Mais beaucoup plus souvent, c'est sous la forme d'un dérivé de présence qu'on le trouve, comme dans Boissay ou Boissey, Boisset, Boissei, Bissières, Bucéels, Boucé, Boëcé et dans La Boissière.

     

     

    L'aune présente cette particularité d'avoir conservé son nom gaulois plus souvent que son nom latin. Du gaulois verno, nous avons Ver, et avec un suffice de présence, Verneuil, Verneusses, Vernon, et Vernix. Un dérivé de même nature se trouve dans Saint-Paul-du-Vernay. Quant au latin alna, il a donné Laulne, et avec un suffixe de présence, Aunay, Aunou, Launay, avec en plus un adjectif qualificatif, Malaunay « le mauvais endroit planté d'aunes.»

     

    Le hêtre, curieusement cette appellation française issue d'un mot germanique n'a pas produit de noms de lieux en Normandie. Au contraire de l'appellation latine fagus est bien présente, généralement sous les formes auquelles elle avait abouti en ancien français, fai, fau ou fou. Employé seul, ce mot à donné Fay et comme composant complémentaire Sainte-Honorine-du-Fay. Précédé d'un adjectif qualificatif Auffay, rappelle un arbre haut (latin altus), Beaufai (un bel hêtre). Avec un suffixe de présence, Fayel est l'endroit où il y a des hêtres. On découvrira plus difficellement un produit du latin fagus dans Le Fidelaire, qu'on doit analyser « le fai de l'aire », ce dernier terme désignant un espace assez vaste, et dans La Fontelaye, déformation de l'ancien français foutel (petit hêtre), suivi d'un suffixe de présence; d'où « l'endroit où il ya de petits hêtres.»

     

     

    Le Saule. Comme pour l'hêtre, le mot germanique qui a donné le français saule n'a pas produit de noms de lieux. Et c'est encore le terme latin, salix ou salicis qui s'est conservé dans les noms de lieux. Existant en ancien français sous la forme saus, il a formé le second composant des Loges-Saulces « les cabanes aux saules », mais surtout des dérivés exprimant la présence: Saussay, Saussey, Saussaye, La Saussaye, et avec une marque dialectale Sauchay.

     

    L'aubépine et le prunellier qui portaient naguère le nom général d'épine, ont longtemps formé de nombreuses haie. On retrouve ce terme dans plusieurs noms de lieux, soit avec un adjectif qualificatif, comme dans Courbépine, soit dans des dérivés à valeur de présenc, Epinay et L'Epinay, soit comme second composant, dans Notre-Dame-d'Epine.

     

    Si le Pommier est aujourd'hui un arbre symbolique de la Normandie, il ne l'a pas toujours été. Son nom latin n'apparait que dans Pommeréval « la vallée aux pommiers » et dans trois toponymes dérivés évoquant tout de même sa présence, La Pommeraye, Saint-Sauveur-la-Pommeraye et Pommereux. Mais l'anglo-saxon aepel « pomme » se retrouve dans Epégard et Auppegard.

     

    Le Poirier dont le nom latin est pirarius se retrouve aisément dans les divers Périers et Perriers. Quant à Perruel, c'est un dérivé formé avec un suffixe de présence.

     

    D'autres arbres ont donné des toponymes: Le Noyer, le Noisetier ou coudrier, le Bouleau, l'If, le Pin, le Sapin, le Platane, le Laurier, le Charme, le Néflier. Mais on trouve finalement peu de toponymes en Normandie composés avec ses arbres.