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forges les eaux

  • Le Pays de Bray par A. de Lappparent

    En venant de Buchy vers Forges, on arrive à quelques pas d'une sorte de crête rectiligne qui ferme absolument l'horizon. Il semble naturel de penser que c'est là un simple plu de terrain, au-delà duquel le plateau va se reproduire avec ses caractères ordinaires et son aspect monotone.

     

    Mais à peine a-t-on franchi cette limite, qu'on se trouve inopinément au bord d'une sorte d'abîme et en présence d'un panorama d'autant plus saississant qu'il était moins attendu. Cette ligne culminante qui fermait l'horizon n'était autre chose que l'arête supérieure d'un talus escarpé se prolongeant, à droite et à gauche, aussi loin que la vue peut s'étendre.et formant une véritable falaise de plus de 60 mètres de hauteur, au pied de laquelle apparaît le pays le plus verdoyant qu'il soit possible d'imaginer. Sur le premier plan règne une sorte de terrase, où les villages se succèdent.

     

    Au-delà, après une zone boisée de peu d'étendue, se présente une succession de collines aux formes gracieuses, couvertes de la base au sommet, par des prairies où paissent des bêtes à cornes... Cet aspect se poursuit, en face de l'observateur, sur une étendue de plus de 10 kilomètres. Mais au moment où, en raison de la distance, les contours ondulés des collines commencent à se voiler d'une légère brume, on voit se dresser au-delà, comme fond de tableau, une sorte de muraille continue dont la crête horizontale forme la ligne d'horizon du paysage. Cette muraille est constitué par un talus gazonné, identique avec le premier... L'espace compris entre ces deux escarpements produit donc au premier abord, l'impression d'une large vallée, profondément encaissée entre deux lignes de talus abrupts.

     

    Cette vallée, c'est le Pays de Bray. Au sortir des plaines monotones des environs de Buchy, le regard se repose avec un rare plaisir sur cette riante et fraîche contrée, au relief si varié, où le ton dominant de la verdure est nuancé des teintes les plus harmonieusement fondues.

  • Forges les eaux par Mlle de Montpensier

    source: Mémoire de Mademoiselle de Montpensier

     

    « La vie de Forges est assez douce, mais bien différente de celle que l'on mène ordinairement. On se lève à six heures au plus tard; on va à la fontaine; car pour moi je n'aime pas à prendre mes eaux au logis. On se promène en les prenant; il y a beaucoup de monde; on parle aux uns, aux autres... On sait tous ceux qui sont arrivés le soir, et quand il y a un nouveau venu, on l'accoste, car c'est le lieu du monde où l'on fait le plus aisément connaissance... Quand on a achevé de boire, on s'en va dans le jardin des Capucins, le seul lieu où l'on peut se promener... Après que l'on s'est promené, on va à la messe; puis chacun va s'habiller, les habits du matin et ceux de l'après-midi étant fort différents; car le matin, on a de la ratine et de la fourrure et l'après-midi, du taffetas. On dîne à midi avec beaucoup d'appétit, ce qui m'est nouveau... l'après-dînée, on venait me voir; à trois heures, j'allais à la Comédie. Une des troupes de Paris étant à Rouen, je la fis venir à Forges, ce qui était d'un grand secours. A six heures, on soupe; après souper, on va se promener aux Capucins, puis à neuf heures, chacun se retire. »

  • Paysages de Normandie:la région de Neufchâtel

     

    par Caroline

    Neufchâtel, autrefois le pays de la guerre, aujourd'hui le pays de l'abondance; canton fertile qui renferme dans son enceinte de verdure Blangy, Grandcourt, Saint-Saëns;

    Saint Saëns la normande et la belle; Gournay la fertile, et tant de ruisseaux au doux murmure, tant de fontaines salutaires: la Béthune, la Bresle, l'Epte, les eaux de Forges.


    La vallée de Forges est un jardin pittoresque, rien n'y manque: les fleurs d'hier et les vieux arbres, l'ombre et le soleil, les frais sentiers...


    Aumale l'industrieuse, après avoir été la guerrière se repose de sa gloire passée par un travail assidu; la première, elle a enseigné à la Normandie l'art de fabriquer les étoffes de laines: les serges, les toiles, les filatures ont remplacé les armures, les bruits de guerre, les soldats armés, les batailles;dans ces villages arrosés de tant de sang, le laboureur promène sans se douter de la guerre qui a passé là...