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etrépagny

  • La Bataille des 29 et 30 novembre 1870 dans le Vexin Normand

    Occupé depuis le 9 octobre, Gisors constitue la base de départ des patrouilles allemandes de ravitaillement qui rançonnent tout le Vexin Normand entre l'Epte, la Seine et l'Andelle.

     

    A plusieurs reprises, Etrépagny, Le Thil, Hacqueville, Suzay, Ecouis, Saussay la Vache sont taxés de fortes contributions par les forces d'occupation prussiennes.

     

    Les Mobiles français qui stationnent à Grainville tentent de s'y opposer et plusieurs escarmouches sanglantes ont lie, notamment à Mussegros et à la Ferme de Bremule le 14 octobre, où les Prussiens perdent plusieurs hommes qui furent enterrés à Gisors le 16 octobre.

     

    Les prussiens s'efforcent d'entretenir une atmosphère de terreur, en incendiant les fermes dans les villages suspectés d'accueillir des Francs-Tireurs. Après chaque escarmouche, les prussiens reviennent en force avec une compagnie d'infanterie, un escadron de cavalerie et plusieurs pièces d'artillerie pour punir les habitants accusés d'être complices des Francs-Tireurs.

     

    Le 25 novembre, les prussiens du 27ème Régiment d'Infanterie, deux escadrons du 1er Uhlans de la Garde et 2 batteries d'artilleries quittent Gisors. Ils vont grossir l'armée de Manteuffel qui tente de marcher sur Rouen. Dans Gisors, un régiment de Saxons remplace les Prussiens, et dès le 28 novembre, les réquisitions reprennent, de plus en plus difficiles à satisfaire.

     

    Le 29 novembre, 750 saxons viennent coucher à Etrépagny et 500 autres aux Thilliers en Vexin. Or ce même jour, le Général Trochu commandant la Garnison de Paris, veut tenter une sortie en direction de Rouen et demande au Général Briand, commandant les 12 000 français stationnés à Grainville, de déclencher une offensive en direction d'Etrépagny et de Gisors pour faire diversion.

     

    Après le conseil de guerre tenu à Fleury sur Andelle, le Général Briand organise son attaque en 3 colonnes qui doivent se rejoindre le 30 novembre à 5 heures du matin devant Gisors.

     

    La 1ère colonne, qu'il commande en personne, doit s'emparer d'Etrépagny. Elle se heurte aux saxons qui occupent la ville. Une fusillade intense éclate. Les Mobiles atteignent, à la sortie de la ville, le cimetière. Dans la nuit obscure, les cavalier Saxons et l'artillerie tentent d'échapper à l'encerclement. C'est bientôt un carnage. Une centaine de Saxons sont tués et autant sont blessés. Nos troupes s'emparent d'un canon et font plusieurs dizaines de prisonniers. Mais le reste de la troupe saxonne s'échappe en direction de Gamaches dont la route n'a pas été gardée. La fusillade dure jusqu'à 3 heures du matin et, dans la confusion, deux colonnes de français échangent des coups de feu, c'est ainsi qu'est mortellement touché le Capitaine Chrysostôme.

    Vers 4 heures du matin, après qu'on eut capturé quelques prisonniers cachés dans les maisons. Le Général Briand décide la retraite, prétextant le retard pris dans l'exécution de son plan initial.

     

    La 2ème colonne, forte de 3 000 hommes est commandée par le Colonel Canecaude. Arrivé à proximité des Thilliers, elle se heurte aux saxons qui occupent le village et que le bruit des combats d'Etrépagny a mis sur leurs gardes. Là aussi après quelques minutes d'escarmouche, Les mobiles battent en retraite, sans vraiment tenter de percer le dispositif ennemi.

     

    La 3ème colonne, composé des Francs-Tireurs sous le commandement du Colonel Mocquart, remplit la mission qu'on lui a assignée. Par Heudicourt et Saint-Denis-le-Ferment, elle atteint Bazincourt et les faubourgs de Gisors. Ne voyant pas venir les 2 autres colonnes, à 5 heures du matin, elle bat en retraite pour se conformer aux ordres du Général Briand, sans avoir vraiment combattu. Le retour à Ecouis dans la journée du 30 novembre est peu glorieux.

     

     

     

    Le Général Saxon Comte de Lippe ordonne les représailles à l'encontre des habitants d'Etrépagny accusés d'avoir aidé les Mobiles français.

     

    Le 30 novembre, à 14 heures, un détachement de cavalerie saxon entre dans la ville avec plusieurs tombereaux de paille et du pétrole et bientôt l'incendie fait rage. Quelques maisons sont épargnées moyennant le versement d'importantes sommes d'argent de la part des habitants. Les pompes à incendie détruites, les saxons regagnent Gisors. Quand les secours arrivent des villages voisins vers 18 heures, 53 maisons et 7 fermes sont entièrement anéanties.

     

    Quelques otages,, dont le maire Monsieur Deslongchamps sont emmenés à Gisors, ils sont relâchés le lendemain, après que le Général de Lippe eut reçu du Comte de Keller, prisonnier des troupes Française à Ecouis, une lettre disant: « Je suis à Ecouis bien traité. Les habitants d'Etrépagny ne sont pas coupables!»

     

    Le 1er décembre, on enterre au cimetière d'Etrépagny, les 7 soldats français. Les saxons ont quant à eux, enlevé leurs morts.