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diocèse d'évreux

  • Histoire de Normandie: L'organisation écclesiastique de Gaillon et Saint-Aubin

     

    Dès le IV ème siècle après Jésus-Christ, Saint Taurin, évêque d'Evreux prêche le christianisme dans le secteur de Gaillon.

     

    À l'époque Mérovingienne, on peut situer la fondation sur la colline voisine d'une chapelle dédiée à Saint-Aubin, ce qui, par la suite donna le nom du village.

     

    L'église et la paroisse appartenaient primitivement à l'abbaye Saint-Taurin d'Evreuux qui vendit ses droits par la suite à l'Abbaye de La Croix-Saint-Leufroy. Cette vente comprenant les dîmes du domaines.

     

    Les habitants de Gaillon se rendaient aux offices à l'église de Saint-Aubin-sur-Gaillon, et il existe encore un sentier nommé « Sente aux Prêtres » qui à cette époque reliait la bourgade de gaillon à la paroisse mère qu'était Saint-Aubin. Ce chemin fut employé pendant plusieurs siècles par les prêtres et les paroissiens des deux villages.

     

    En l'an 1025, Lambert Cadoc, tenant le château fort de Gaillon pour le compte du roi de France, Philippe-Auguste, fonda le 24 février 1025, une collégiale en ce lieu et la même année fit bâtir une chapelle en l'honneur de la Sainte-Vierge et de Saint Antion, qu'il fit consacrer par les évêques d'Evreux, de Lisieux et d'Avranches.

    Ce fut la première église de Gaillon.

     

    Dans l'acte de donation signé à Nevers, pour lequel Louis IX fit don à Eudes Rigaud de la Châtellenie de Gaillon, il était stipulé que l'église de Saint-Aubin-sur-Gaillon restait l'église mère des deux paroisses.

     

    L'église actuelle de Gaillon fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne collégiale édifiée par Lambert Cadoc.

     

     

     

    Le 15 décembre 1715, les délégués de l'archevêque de Rouen et de l'évêque d'Evreux se réunirent à l'auberge « L'écu de France », à Gaillon. Il fut décidé qu'à l'avenir Gaillon et Saint-Aubin formeraient deux paroisses distinctes, ce qui mettait fin à de nombreux désaccords survenus au cours des siècles entre les habitants des deux villages, les prêtres du château de Gaillon et ceux de Saint-Aubin.

    L'acte de séparation fut signé à Eveux, le 30 juin 1716 par Jean Lenormand, évêque d'Evreux, en présence du curé de Gaillon et de celui de Saint-Aubin, de Jean Laisné, syndic de Gaillon, Messieurs Troussel, Morel, Duchefdelaville et Saunier, habitants de Gaillon et de Saint-Aubin.

     

    En 1739, le châpitre collégial de Gaillon fut supprimé et intégré à celui d'Evreux.

     

    Un cimetière l'entourait; il fut interdit d'effectuer des enterrements dans ce cimetière en 1757, il existait encore lors de la Révolution de 1789.

     

    La Révolution de 1789, mit fin aux droits écclésiastiques, l'église fut fermée, puis convertie en Temple de la Raison

     

    Après la Terreur, en 1795, l'église fut rendue au culte Catholique

     

     

  • LA PROCESSION NOIRE D'ÉVREUX ou Cérémonie de Saint-Vital

    source: un article paru en 1849

    On célébrait anciennement, à Notre-Dame d'Évreux, une fête singulière que l'on appelait la cérémonie de Saint-Vital. Le premier jour de mai, le chapitre avait coutume d'aller au Bois-l'Évêque, près de la ville, couper des rameaux et de petites branches, pour en parer les images des saints dans les chapelles de la cathédrale. Les chanoines firent d'abord cette cérémonie en personne ; mais dans la suite ils y envoyèrent leurs clercs de choeur ; ensuite tous les chapelains de la cathédrale s'y joignirent ; enfin les hauts vicaires ne dédaignèrent point de se trouver à cette étrange procession, nommée la procession noire.

    Les clercs de choeur, qui regardaient cette commission comme une partie de plaisir, sortaient de la cathédrale deux à deux, en soutane et bonnet carré, précédés des enfants de choeur, des appariteurs ou bedeaux, et des autres serviteurs de l'église, avec chacun une serpe à la main, et allaient couper ces branches qu'ils rapportaient eux-mêmes ou faisaient rapporter par le peuple, empressé à leur rendre ce service et les couvrant tous pendant la marche, d'une épaisse verdure, ce qui, dans le lointain, faisait l'effet d'une forêt ambulante.

    On sonnait toutes les cloches de la cathédrale pour faire connaître à toute la ville que la cérémonie des branches et celle du mai étaient ouvertes. Il arriva, une année, que l'évêque défendît cette sonnerie. Les clercs de choeur ne tinrent point compte de cette défense. Ils firent sortir de l'église les sonneurs qui, pour la garder, y avaient leurs logements, ils s'emparèrent des portes et des clefs pendant les quatre jours de la cérémonie, et sonnèrent à toute outrance.  

    Il paraît certain qu'ils poussèrent l'insolence jusqu'à pendre par les aisselles, aux fenêtres d'un des clochers, deux chanoines qui y étaient montés de la part du chapitre pour s'opposer à ce déréglement. Ces deux chanoines s'appelaient, l'un Jean Mansel, trésorier de la cathédrale, l'autre Gauthier Dentelin. Ces faits se passèrent vers l'an 1200. D'autres abus s'introduisirent dans ces cérémonies. La procession noire était une occasion de toutes sortes d'extravagances : on jetait du son dans les yeux des passants, on faisait sauter les uns par-dessus un balai, on faisait danser les autres. Plus tard on se servit de masques, et cette fête, à Évreux, fit partie de la fête des Fous et de celle des Saoult-Diacres. Les clercs de choeur, revenus dans l'église cathédrale, se rendaient maîtres des hautes chaires et en chassaient, pour ainsi dire, les chanoines qui allaient jouer aux quilles sur les voûtes de l'église, et y faisaient des concerts et des danses.

    Un chanoine diacre nommé Bouteille, qui vivait vers l'an 1270, fit une fondation d'un Obit, le 28 avril, jour auquel commençait la fête que nous venons de décrire. Il attacha à cet Obit une forte rétribution pour les chanoines, hauts vicaires, chapelains, clercs, enfants de choeur, etc., et, chose singulière, il voulut que l'on étendît sur le pavé, au milieu du choeur, pendant l'Obit, un drap mortuaire aux qutre coins duquel on mettrait quatre bouteilles pleines de vin, et une cinquième au milieu, le tout au profit des chantres qui auraient assisté à ce service.

    Cette fondation du chanoine Bouteille avait fait appeler dans la suite le Bois-l'Évêque, où la procession noire allait couper ces branches, « le bois de la Bouteille », et cela parce que, par une transaction faite entre l'évêque et le chapitre, pour éviter le dégât et la destruction de ce bois, l'évêque s'obligea à faire couper, par un de ses gardes, autant de branches qu'il y aurait de personnes à la procession, et de les taire distribuer à l'endroit d'une croix qui était proche du bois. Durant cette distribution, on buvait, et l'on mangeait certaines galettes appelées casse-museau, car celui qui les servait aux autres les leur jetait au visage d'une manière grotesque. Le garde de l'évêque, chargé de la distribution des rameaux, était obligé, avant toutes choses, de faire, près de cet endroit, deux figures de bouteille qu'il creusait sur la terre, remplissant les creux de sable, en mémoire et à l'intention du fondateur Bouteille.

    Tous ces faits étranges sont racontés avec détails dans un article du Mercure de France de 1726, qui paraît avoir été rédigé par un ecclésiastique d'Évreux.