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demoiselle de gruchy

  • Culture de Normandie: légende « La Demoiselle de Gruchy »

    par Jean Fleury, 1884.  

     

    La demoiselle de Gruchy ne revient pas de l'autre monde pour tourmenter les vivants; elle s'est contentée de les tourmenter pendant sa vie.

     

    Le fief de Gruchy où elle demeurait, est à Gréville, non loin de la route de Cherbourg à Beaumont, enfoui dans un massif de hêtres vieux de plusieurs siècles, qui lui forment une avenue. Les bâtiments d'habitation sont disposés à angle droit autour d'une cour assez vaste. La maison de maître, qui n'a qu'un étage, est garnie d'espaliers; le jardin, qui se trouve derrière, est entouré de clématites et autres plantes grimpantes. La chambre de la demoiselle de Gruchy est intacte. On y monte par un escalier de bois assez raide; la cheminée est très grande, avec un chambranle de granit.

     

    Mademoiselle de Gruchy était magicienne et connaissait le moyen de se changer en toutes sortes d'animaux. On la rencontrait en belette, en levrette, en gros chien, toujours cruelle et impitoyable, quelque forme qu'il lui plût de prendre. Elle attirait des jeunes gens chez elle, puis, quand elle en était lassée, elle les changeait en animaux comme Circée, ou en plantes comme Alcine. Elle était sans pitié surtout contre ceux qui osaient lui résister; elle les faisait éventrer et mettait leurs intestins à sécher sur les haies d'aubépine.

     

    Elle avait une peau magique, d'autres disent une haire dont elle se revêtait et alors on ne pouvait rien contre elle; il lui suffisait même d'être en contact avec ce talisman pour n'avoir rien à craindre de personne.

     

    Mais, un matin, on la surprit au lit, elle s'élança vers sa haire; on l'empêcha de la toucher et alors elle se laissa emmener sans résistance.