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département de la manche

  • Barbey d'Aurevilly, le plaisir aristocratique de déplaire

    source: Le spectacle du Monde

    « Il a traversé son époque en protestant avec hauteur contre tout. » Ainsi parlait Kléber Haedens de Jules-Amédée Barbey d’Aurevilly (1808-1889), écrivain normand noble et solitaire, monarchiste, poète, séducteur, brillant causeur, critique littéraire, journaliste politique et polémiste enflammé.

    Contre, l’auteur des Diaboliques l’était toujours. Contre son temps, contre l’idéologie du progrès, contre l’Académie, les bourgeois, Flaubert, le Parnasse, Zola jeune, Dumas fils, contre les incroyants, mais aussi les catholiques tièdes… Barbey a vécu et vomi tout un siècle à lui tout seul. Avec intransigeance certes. Mais avec quel style, quel panache, quelle distinction !

    Si son nom est souvent cité, son oeuvre et sa vie demeurent méconnus. Qui est donc ce contestataire acharné qui affirmait tant sa différence ? Qui est donc ce combattant des lettres qui regardait la société de son temps d’un oeil moqueur, implacable et acéré ? Qui est donc cet homme qui se proclamait tour à tour « le sagittaire », « lord Anxious », « le Titan de la Normandie », « le prince des ténèbres », « le solitaire de la rue Rousselet », ou encore « le roi des ribauds » ? Les surnoms que lui prêtent ses contemporains brouillent davantage les pistes. « Formidable imbécile », à en croire Victor Hugo, il fut, pour Lamartine, « duc de Guise des lettres françaises » et « scélérat plein de talent ». Aux yeux de Huysmans, il reste « le seul artiste, au sens pur du mot, que produisit le catholicisme de son temps ». Contesté par beaucoup, admiré par certains, Barbey avance masqué, non sans une vive jubilation : « J’ai toujours vécu dans le centre des calomnies et des inexactitudes biographiques de toute sorte, et j’y reste avec le plaisir d’être très déguisé au bal masqué. C’est le bonheur du masque qu’on n’ôte à souper qu’avec les gens qu’on aime. »

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