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conches

  • Paysages de Normandie: L'église Sainte-Foy de Conches

    Elle date de la fin du XV ème siècle et du début du XVI ème siècle. Elle s'ouvre à l'occident par une double porte aux vantaux sculptés qui s'inscrit sous un tympan ajouré dont l'arc en accolade est décalé par rapport à l'axe d'un pignon nu. Deux tours carrées flanquent cette façade. Celle du sud est surmontée d'un mince clocher ajouré refait au XIX ème siècle. Celle du nord, demeurée inachevée, est postérieure et son décor classique n'est pas dans l'esprit ornemental du monument où prédominent les éléments gothiques.

     

    Cette église n'a pas de transept. La nef, sans fenêtres hautes et à bas-côtés voûtés, aboutit à un choeur très élevé dont l'élégante silhouette domine toute la construction et se découpe, au-dessus des toits de la petite ville, au bord d'une terrasse surplombant la vallée du Rouloir. Sous les voûtés, aux nervures compliquées décorées de clefs richement sculptées, se développent, dant toute leur lumineuse ampleur, les immenses lancettes qui ajoutent chacun des sept pans de l'abside. Leur architecture semble avoir été conçue pour servir de cadre précieux aux magnifiques verrières, gloire de Conches. Ces verrières daées du XVI ème siècle se répartissent en quatre groupes.

     

    Abside: moitié supérieure: Scène de la Vie du Christ; moitié inférieure: Vie et Martyre de Sainte-Foy.

    Bas-côtés: sud: les représentations de l'Eucharistie. nord: mystères et glorifications de la Vierge.

  • Extrait de Nez de Cuir de La Varende

    La Varende évoque le château de Beaumesnil dans « Nez de Cuir » sous le nom de Mesnilroyal

     

    « Le château anciennement aux ancêtres de Judith, avait ruiné tous ses propriétaires. Sa somptuosité était telle qu'on s'y trouvait gagné par le goût, la nécessité du faste; comme une trop belle femme demande des robes ou des bijoux dignes d'elle, l'invraisemblable édifice tournait les têtes de ses occupants. Depuis, encore! Il continue.

     

    Il était l'orgueil du Pays d'Ouche, la question qu'on posait au nouvel arrivant: « Avez-vous vu Mesnilroyal? ». A chaque déconfiture l'Ouche tout entier s'attristait. En fait il n'y a pas en France de demeure Louis XIII d'une telle beauté. Peut-on même lui comparer une demeure? Tous les autres châteaux ne paraissent plu s que des gîtes quand on les rapproche de son éblouissante fierté, de son lyrisme triomphal.

     

    Les cheminées encadrent les toits comme des colonnes votives dédiées à l'abondance campagnarde tellement elles élèvent haut leurs guirlandes de beaux fruits. À la gloire et au règne du Maître, s'exhibe sur les murailles toute une armée de valéets nus, statues de pierre qui se penchent ou se tordent, s'ingéniant à utiliser au mieux leurs formes pour masquer les pieds-droits, soutenir les linteaux, étayer les chambranles. Le Seigneur Maître est si grand, parut si imposant aux architectes, que les plafonds atteignent leurs émois: les deux étages du château en valent sept.

     

    Une lanterne fulgurante couronne le tout, chargée d'arrêter les rayons solaires, de les asservir à la splendeur de la maison en les fragmentant: auréoles, aigrettes, flammes, grâces à ses verres qui sont des lentilles. Il a fallu garnir l'intérieur de plomb car sous ces culs de bouteille les poutres se calcinaient. N'eût été le pâle soleil d'Ouche, Mesnilroyal aurait flambé avant le premier automne. Étroit comme un reliquaire, une châsse; à peine dix mètres de large; d'une sveltesse si fin qu'en venant de côté on ne le reonnaît pas dans cette grande stèle pointue qui monte, bel obélisque rose et gris. Sa façade au soleil est d'ivoire et de chair, l'autre d'argent et de feuille morte.

     

    Où cette splendeur devient la plus émouvante, c'est dans sa lutte contre le noroît, dans ce vent de tempête qui racle le Pays d'Ouche comme une lame, sans détour ni flexion. Sur le château, balise prodigieuse, les vagues se fendent, et, à cause de sa minceur, se referment derrière, sans rompre leurs élans, avec des remous extraordinairement sonore. L'ébullition atmosphérique pétille aux bouches creuses des géants, leus bouches béantes de voir le Maître! Le vent cuinte sous les aisselles poilues de mousse, claque dans les draperies calcaires qu'il éraille; il grince et râpe les épidermes piguelés.

     

    Puis, quand viennent les torchées de pluie, tout ruisselle et sanglote et lâche ses eaux dans le désespoir que le Maître ne puisse sortir par temps pareil. Une colère humide sait les termes et les gaillants; ils crachent! Ils bafouilles des jets! Et les gargouilles entourent le château de filets bruyants qui semblent naître des douves percutées où tout claque. La pluie redouble; les voix deviennent plus fortes et tonitruent, si bien que les grenouilles se mettent elles aussi à clamer comme si criaient les eaux! Le soleil glisse un rayon... alors, toutes ces colonnes liquides qui entourent la maison semblent soudain les barreaux d'une immense cage de cristal... Le vent tombe, et au loin, on entend cent hectares de parc qui râlent. »

  • Personnages de Normandie: Louis-Marie Turreau de Grambouille et de Linière

    Louis-Marie est né à Evreux en 1756. En 1789 après avoir était capitaine d'infanterie pendant la guerre d'Indépendance américaine contre les Anglais. La Convention en fait son généralissime en Vendée de 1793 à 1794, où il s'illustre en organisant les colonnes infernales qui massacrèrent femmes, enfants et vieillards.

     

    Mis en accusation après la chute de Maximilien de Robespierre (encore un noble de robe vu qu'il était avocat), il sera acquitté après avoir produit les ordres écrits et signés par le Comité de Salut Public.

     

    Turreau reprendra du service comme Général sous le Directoire pendant les campagnes de Suisse et d'Italie.

     

    Napoléon le fit baron d'empire en 1804, puis grand-officier de la Légion d'Honneur. En 1810, Napoléon le nomme ambassadeur de France aux Etats-Unis.

     

    La Restauration, peu regardante sur ses crimes durant la première république contre les Vendéens et les Chouans, lui décerne la croix de chevalier de Saint-Louis.

     

    Il se retire alors dans sa propriété de Conches où il meurt en 1816.

     

  • Paysages de Normandie: Le Pays d'Ouche

    Peut-on parler de l'Ouche sans penser à La Varende dont le premier livre porte le nom du Pays qu'il habita, qu'il connut, qu'il aima, qu'il décrivit et évoqua dans son oeuvre entière.


    Terre médiocre, pays pauvre, le plus pauvre du département et pour cela semé encore de forêts et de bois: forêt de beaumont, forêt de Conches, forêt de Breteuil, véritable maquis qui, de proche en proche, par la forêt d'Evreux, vous mène à couvert jusqu'à la préfecture.


    La végétation des sous_bois est la même dans la forêt d'Evreux que dans les autres forêts de l'Ouche.


    Pays rêvé pour le mystère et les légendes et les bandits, pays de « Nez de Cuir » et du «  Sorcier Vert ».


    Voici comment le vieux Gabriel du Moulin le présente:


    «  Ouche baigné de Risle, est un terroir plat, pierreux pour la plupart, trop sec dans les chaleurs et trop humide dans les pluyes... Le pays est planté par cy par là de grandes forests et de bois où quand les chesnes et les haistres sont fertiles, on engraisse grande quantité de pourceaux, qu'on distribue aux François. Le breuvage plus ordinaire est du poiré. Il est bien vrai qu'on y trouve aussi de fort bons sidres, mais on les vend bien cher à ceux d'Evreux et de la campagne du Neubourg. »


    Gabriel du Moulin dit aussi : «  il y a grandes quantités de mines et de forges à fer »


    Il est vrai que le fer et le bois ont permis une industrie ancienne dont témoignent les tumulus de laitier que l'on rencontre dans les forêts et les noms de lieux : Ferrières-Haut-Clocher, Ferrières-Saint-Hilaire, Ferrières sur Risle.