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charles frémine

  • Culture de Normandie: Le Pays de l'exilé de Charles Frémine

    Il ne veut donc pas que je l'aime

    Par intérêt, ni vanité?

    Mais dans ma pleine liberté,

    Sans nul profit et pour lui-même?

     

    Pour ses lignes, pour ses couleurs

    Pour ses taillis brillants d'ondées,

    Pour se hautes terres bordées

    De vagues d'écume et de fleurs;

     

    Pour ses rochers et pour ses landes

    Où traînent des chemins perdus

    Où de vieux moulins éperdus

    Ouvrent leurs ailes toutes grandes.

     

    Pour ses lins bleus, pour ses blés noirs,

    Pour ses fossés et pour ses haies

    Pour les bouleaux de ses futaies,

    Et les pommiers de ses manoirs

  • Culture de Normandie: La chanson du Pays de Charles Frémine

    Sentiers soufflant à pleine bouche

    La verte odeur des frondaisons,

    Champs d'ajoncs dorés ou farouches,

    Au jeu du temps et des saisons;

     

    O mon pays fier et sauvage!

    Si je te revois jamais,

    Que ce chant reste un gage

    De tout l'amour dont je t'aimais.

  • Culture de Normandie: Le Phare par Charles Frémine

    Pour un poète errant que l'avenir effare,

    Et qui songe à finir ses jours dans un couvent,

    Pour un rêveur, quel rêve! Être gardien d'un phare,

    Vivre sur un écueil, dans l'écume et le vent.

     

    Loin des villes de plâtre où l'ennui me talonne,

    Loger dans une tour de granit et de fer,

    Etre, comme un héros, l'hôte d'une colonne,

    Et la nuit, comme un astre, illuminer la mer.

     

    Au lieu des bois, des champs, des cités, des visages,

    Dont l'âge et les saisons altèrent le tableau,

    Contempler à loisir d'éternels paysages

    A jamais composés de ciel, de pierre et d'eau.

     

    Tourner le dos au monde, et hors de ma poitrine

    Chasser tout ce qui fut ma haine ou mon amour;

    N'avoir d'autre horizon que la houle marine,

    N'avoir d'autre souci que la couleur du jour.

     

    Prisonnier de l'abîme et des rochers qu'il cerne,

    Rêver, dormir, gardé par les flots verts ou noirs,

    Et n'oublier jamais d'allumer ma lanterne...

    Mais voilà bien l'ennui: l'allumer tous les soirs!

  • Culture de Normandie: Noël de Charles Frémine

    Coupez le gui ! Coupez le houx !

    Feuillage vert, feuillage roux,

    Mariez leurs branches ;

     

    Perles rouges et perles blanches,

    Coupez le gui ! Coupez le houx !

    C’est la Noël, fleurissez vous !

     

    Chassez les grives et les merles,

    Chassez les mésanges au dos bleu

    Du gui dont les fleurs sont des perles,

    Du houx dont les fleurs sont du feu !

     

    Courez à la forêt prochaine,

    Courez à l’enclos des fermiers ;

    Coupez le gui sur le grand chêne,

    Coupez le gui sur les pommiers.

     

    Coupez le houx le long des haies

    Qui bordent le chemin des bois ;

    Coupez le houx sous les futaies

    Où sont nos vieux temples gaulois ?

     

    … Et coupez-les par tas, par piles !

    Liez en gerbes leurs rameaux,

    Et qu’on en pavoise les villes,

    Qu’on en pavoise les hameaux !

     

    Coupez le gui ! Coupez le houx !

    Feuillage vert, feuillage roux,

    Mariez leurs branches !

     

    Perles rouges et perles blanches ;

    Coupez le gui ! Coupez le houx !

    C’est la Noël ! Fleurissez-vous !