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chants de tradition

  • Culture de Normandie: Chant "le départ de Fécamp"

    L'hiver, pendant la morte saison,
    On voit se promener sur le quai les patrons.
    Ils nous demandent " veux-tu que je t'engage,
    Pour ton travail, tu auras de bons gages,
    Tu gagneras beaucoup d'pognon
    Si nous avons la chance de pêcher du poisson ".

    Le jour du départ arrivé,
    On voit les matelots arriver sur le quai
    Les adieux, il faut les faire bien vite
    Le capitaine, il fait l'appel de suite
    Vous répondez à votre nom
    Allons dépêchons, embarquons les garçons

    Arrivés au milieu des j'tées
    Le capitaine nous dit : va falloir saluer !
    Il nous envoie le drapeau tricolore
    Et par trois fois les Couleurs on arbore
    C'est la chapelle que nous saluons
    Pour revenir en bonne santé à la maison

    Passant le travers de Grinval
    le Cap'taine dit "j'approche de mon pays natal"
    Sur le rivage, mouchoirs et gens s'agitent
    Ils se dépèchent car on passe bien vite
    on disparait à l'horizon
    et c'est coeur bien gros qu'ils rentrent à la maison

    Quand on part au mois d'février
    On ne peut jamais faire une bonne traversée
    Dans l'océan on attrape de la brise
    Près de Terre-Neuve, on voit les grandes banquises
    On veut traverser les glaçons
    Mais on se trouve cerné dans une sale position

    En arrivant sur les grands bancs
    Le bateau est gelé de l'arrière à l'avant
    Faut' de beau temps, que tout cela dégèle,
    Les matelots, à la pioche, à la pelle,
    Essaient de déblayer le pont
    chacun de son côté sous les yeux du Second

    Celui qui a fait la chanson,
    C'est l'oncle à Ti-Jean, un cap'tain du grand banc
    Et des campagnes, il en a beaucoup faites
    Avec des joies, aussi avec des peines
    Et quand il rentre à la maison
    Il peut enfin revoir sa femme et ses garçons

  • chanter en toute occasion: un héritage de nos aieux

    Aujourd'hui, il est inutile de chanter, il suffit de fredonner et de se trémousser. Pas besoin de mémoire si tout est gravé sur CD, aucun intérêt à comprendre les paroles, bien souvent en anglais, c'est ainsi lorsque tout est commerce et variété.

    Et pourtant, à l'ouverture d'un carnet de chants, on découvre alors la véritable variété : celle des occasions de chanter, celle des émotions, celle des thèmes évoqués. Ainsi, il est des circonstances pour chanter et des chants pour chaque circonstance. Car les chants possèdent leur propre intelligence qu'il faut savoir respecter pour que leur beauté et leur force ne soient pas altérées.

    Qu'elle soit à boire, à danser ou à jouer, de marche ou de veillée, funèbre ou guerrière, la chanson n'est jamais neutre elle a un sens. Le chant est encore discipline du corps et de l'esprit, qui exprime avec pertinence le caractère singulier d'un peuple. Un peuple qui néglige, oublie son patrimoine choral et qui se contente du répertoire de ses voisins perd son âme. Utilisant la langue, les styles, les expressions d'un autre, il n'est plus lui-même, il est mentalement colonisé et culturellement mort. Une des plus belles façons d'affirmer son identité reste d'entonner une chanson, d'entendre les voix se mêler et s'unir dans un même élan.

    A travers le chant de tradition, celui qui se transmet de génération en génération, c'est le peuple qui parle. Les chants lient entre eux ceux qui les chantent et avivent la mémoire des ancêtres. Le chant est un lien communautaire. Alors, qu'il s'agisse de conter les hauts faits des guerriers ou les amourettes de Jeannette, -la terre des nobles aïeux ou la dive bouteille, les comptines enfantines ou l'or de l'aurore répondant à l'or du couchant, il faut sans relâche et avec fierté : CHANTER !

  • les chants de Marins

    Sur tous les bateaux du monde, les chants de marins répondaient au besoin de synchroniser les efforts. On en trouve donc dans tous les pays ayant une tradition maritime et à toutes les époques jusqu'à l'abandon de la voile à la fin du XIXe siècle et le passage de la force musculaire à la force mécanisée. Depuis, les chants de marins ont perdu leur fonction première d'aide au travail. Ils restent cependant vivants dans les régions de tradition maritime, notamment parce qu'ils sont un moyen de reconnaissance identitaire.

    Le chant de marins était entonné par des personnes ayant peu ou pas de formation musicale. Sa structure est donc généralement simple (une suite de couplets simples entrecoupés d'un refrain ou d'une phrase reprise en leitmotiv), la mélodie est facile à mémoriser et les paroles font explicitement référence au milieu professionnel dans lequel vivent les marins. L'instrument essentiel était la voix. Quelques instruments étaient utilisés pour les chants de détente : accordéon, violon.
    Les chants de travail étaient rythmés suivant l'effort à fournir.

    - Chansons à hisser : l'effort pour hisser une voile dépend des balancements du navire. Ces chants sont rythmés par le roulis ; un chanteur entonne seul un ou deux vers, un chœur lui répond par une phrase qui varie peu.

    - Chansons à ramer (ou nager) : rythmées par les mouvements des avirons, elles sont souvent lentes, ce qui s'accommode de paroles plutôt tristes.

    - Chansons à virer : virer l'ancre au cabestan s'effectue sur un rythme de marche rapide, et les chansons correspondantes sont d'un caractère plus joyeux.

    De par sa dispersion sur tous les continents, le répertoire est extrêmement varié. Sa diffusion était assurée par les contacts à l'occasion des escales ou par les marins étrangers embarqués dans un équipage. Dans la marine nationale (militaire), il existait un répertoire de chants qu'il était interdit d'entonner, souvent à cause de leurs paroles anti-militaires ou anti-patriotiques.
    Il est courant d'entendre dire que telle interprétation "n'est pas la version originale du chant". Les chants se sont en fait transmis par succession continue. Les paroles, la mélodie et le rythme ont varié selon la sensibilité des interprètes et l'usage qu'on en faisait. Tel chant lent et syncopé pour le travail pouvait devenir une danse en accélérant son rythme. Les paroles étaient souvent en partie improvisées à bord, et certains quartier-maîtres étaient connus pour leur inventivité. Certaines chansons existaient en plusieurs versions : celle avec des paroles très crues, entonnée uniquement à bord, et celle "pour la compagnie". Les marins réutilisaient les bribes de chansons plus anciennes qu'ils avaient appris pour en composer une nouvelle. Il a fallu attendre les collectages du XIXe siècle pour que soient fixés les chants de marins.


    Brave Marin



    Le 31 du Mois d'août

    Chantons pour passer le temps


  • Fanny de Laninon



    Fanny de Laninon


    A l'aube sur le quai Gueydon
    Devant l'petit pont
    chantait la chanson
    le branle bas de la croisière
    et dans la blanche baleinière
    Jean Bouin notre brigadier
    son bonnet caplé
    un peu sur l'côté
    me rappelle mon bâtiment
    c'était le bon temps
    celui de mes 20 ans

    Le bidel capitaine d'armes
    et son cahier d'punis
    dans la cayenne f'sait du charme
    à je n' sais quelle souris
    mais j'garde au coeur une souffrance
    quand le quartier-Maîtr'clairon
    sonnait en haut d'Recouvrance
    aux filles de Laninon

    La plus belle de Laninon
    Fanny Kersauzon
    m'offrit un pompon
    un pompon de fantaisie
    c'était elle ma bonne amie
    elle fréquentait un bistrot
    Rempli de mat'lots
    en face du dépôt
    quand je pense à mes plaisirs
    J'aime mieux m'étourdir
    que d'me souvenir

    Ah Fanny de Recouvrance
    j'aimais tes yeux malins
    quand ton geste plein d'élégance
    balançait des marsouins
    je n'étais pas d'la maistrance
    mais j'avais l'atout en mains
    et tu v'nais me voir le Dimanche
    sur le Duguay Trouin

    A c't'heure je suis retraité
    Maître Timonier, aux ponts et Chaussées
    Je fais le service des phares
    et j'écoute la fanfare
    de la mer en son tourment
    d'molène à Ouessant
    quand souffle le vent
    Tonnerre de Brest est tombé
    pas du bon côté
    tout s'est écroulé

    A c'qui reste de Recouvrance
    j'logerais pas un saco
    et Fanny ma connaissance
    est morte dans son bistrot
    j'n'ai plus rien en survivance
    et quand je bois un coup d'trop
    je sais que ma dernière chance
    Ce s'ra d'faire un trou dans l'eau