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château ducal

  • Normandie: En Carriole de Caen à Honfleur.

    Caen émerge au centre d'une plaine fertile couverte de céréales, d'une mer de blé. Caen se développe d'abord autour des monuments édifiés par Guillaume II de Normandie dit le Conquérant: le château ducal, les deux abbayes (abbaye aux Hommes et abbaye aux Dames). La campagne s'incruste dans la cité, la prairie y déroule un vaste espace de verdure rejoignant presque le Bassin Saint Pierre, L'étranglement de la ville en son milieu fait ressortir ses vocations complémentaires agricoles et maritime.


    La volonté de Napoléon III a été déterminante pour l'aménagement d'un canal de douze kilomètres et d'écluses reliant Caen au port de Ouistreham proche de la plage de Riva-Bella.

    Le canal répondait à un besoin économique notoire et favorisait l'exportation de la fameuse pierre blonde de Caen.


    Grâce à un décret datant du Moyen-Âge, la prairie a été préserver de l'urbanisation, cet acte accorde aux habitants de Caen et de quelques communes avoisinantes le droit aux secondes herbes en contrepartie d'une modique redevance.


    La fierté des riches bourgeois de Caen se reflète dans le luxe de l'ornementation de l'église Saint-Pierre, chef d'oeuvre de l'architecture.


    Honfleur a joué sur le théâtre maritime un rôle de premier plan, s'illustrant dans les registres de la navigation long-courrier et colonisatrie, la chasse à la baleine, la pêche morutière, les constructions navales à l'origine des chantiers Augustin-Normand du Havre.

    Vers 1680, Colbert transforma le petit port, dont de grands navigateurs avaient déjà fait la célébrité, en un centre militaire et commercial important.


    La mémoire d'Honfleur a engrangé beaucoup de souvenirs, celui de Champlain qui est parti d'ici pour fonder le Québec et d'autres qui s'élancèrent à la conquête du Brésil et des terres inconnues. La vieille cité normande conserve ses airs d'autrefois, ses maisons habillées d'ardoises bleues qui se serrent sur les quais.

    La Lieutenance date du XVI ème siècle, la porte de Caen s'y encastre. Cette construction gentiment seigneuriale mire dans le vieux bassin ses tuiles cuites et ses gracieuses tourelles à poivrières.

    L'église Sainte-Catherine, construire avec amour par les charpentiers de marine à voile, ne laisse d'étonner avec ses deux nefs en carènes renversées et son clocher séparé de l'église et planté sans façon de l'autre côté de la place.


    Les cris des poissonnières dans les casemates du port, les bars à marins de la rue du Lingot ou de l'Homme-de-Bois où les rixes éclatent parfois recréent l'atmosphère d'autrefois. On marche dans les pas d'Eugène Boudin. La poésie souffle avec Lucie Delarue-Mardrus et en compagnie d'Alphonse Allais, l'humour retrouve le sens de formules à l'emporte-pièce.