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cantiques des terre-neuvas

  • Traditions de Normandie: Cantique des terres-Neuvas de Fécamp

    Refrain
    Astre béni du marin
    Conduis-nous vers le rivage,
    Préserve-nous du naufrage
    Blanche étoile du matin.

    On est si loins et si seuls,
    Là-bas sur la mer immense !
    Si petits dans le silence,
    Où le flot tend ses linceuls !

    Ah ! Les nuits, les tristes nuits,
    Quand tout est noir sur nos têtes ;
    Quand sous nos pieds, les tempêtes ;
    Battent nos frêles appuis.

    Que de longs jours sans sommeil,
    Où les yeux las dans la brume,
    Cherchent un feu qui s'allume,
    Implorent le grand soleil.

    Sorti du vent et des eaux,
    Le froid coupe les figures,
    Fend la peau, rend les mains dures,
    Et nous entre dans les os.

    Et ce sont les icebergs,
    Les glaçons venus du pôle,
    Géants à la rude épaule,
    Spectres blancs sur les flots verts.

    Et ce sont les paquebots,
    Semeurs de mort et d'épaves
    Qui du fer de leur étrave,
    Creusent les profonds tombeaux.

    En haut, en bas, loin, tout près
    Tonnante ou silencieuse,
    La mort cette horrible gueuse,
    Resserre ses noirs filets.

    Et lorsqu'à l'ennui vainqueur
    L'âme un moment s'abandonne,
    Sans Marie, on n'a personne
    Pour nous réchauffer le coeur.

    Mais on la voit scintiller,
    Feu qu'aucun brouillard n'altère,
    Feu du ciel et feu de terre,
    Montrant Dieu et le foyer.

    Alors l'âme se reprend :
    On sent moins le froid, la bise ;
    La peur s'en va qu'on méprise ;
    On voit plus loin et plus grand.

    Qu'importe encore le temps gris
    Et la tempête qui fouaille !
    C'est de tout coeur qu'on travaille
    Pour la femme et pour les p'tits.